Daphné

Définition et enjeux

Mme Antoine de Brémont Revue des Deux Mondes

Apollon l’aborda : — « Demeure, » disait-il ;
« Les fleurs, vers le soleil tournent leur fin pistil...
Tourne vers moi tes yeux, Vierge, suspends ta course !
Je ne suis point ce rustre à l’humble vêtement
Qui mène ses troupeaux paître dans la vallée ;
Je suis un dieu, Daphné ! La mélodie ailée
Sur ma lyre, parfois, vibre divinement.
Je suis un dieu puissant, mais mon étreinte est douce...
Songe qu’à ta pudeur s’avive mon désir
Et que s’ouvrent déjà mes mains pour te saisir...
Demeure ! » — Mais Daphné s’enfuyait sur la mousse.
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Pierre Du Ryer Alcimédon

Enfin, chère Daphné, crois-tu me secourir
Par les mêmes moyens qui me feront mourir ?
DAPHNÉ.
Puisque ton mal est grand, et qu’il se rend extrême,
Il faut pour le guérir un remède de même.
SCAMANDRE.
Adorable sujet de qui vient mon souci,
Le mal que fait l’amour ne guérit pas ainsi,
Ses plus fortes douleurs, à qui mon âme cède,
Ne peuvent s’alléger que par un doux remède.
Hé quoi, belle Daphné, connaissant ma langueur,
Tu détournes tes yeux de même que ton coeur :
Si tu ne veux aider l’esclave qui t’implore,
Regarde pour le moins un amant qui t’adore,
Vois pendre à tes genoux.
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Portrait de Jean de La Fontaine Jean de La Fontaine Daphné

Tout combat nos désirs : trop heureuses encor
Si nous n’avions que cette peine !
Mais il faut, par un double effort,
Ainsi que nostre amour, surmonter nostre haine.
Scène VI
PÉNÉE, DAPHNÉ, THARSIS.
PÉNÉE
Daphné, rendez graces aux dieux :
Cet ours fatal aux bergeries,
Fatal aux autres ours, teint de sang nos prairies ;
Tharsis a vaincu seul ce monstre furieux.
THARSIS
L’Amour m’accompagnoit ; luy seul en a la gloire :
Ce n’est pas à mes mains qu’on doit cette victoire,
Belle Daphné, c’est à vos yeux.
PÉNÉE
Ma fille, venez voir aussi l’énorme beste.
Réjouissez-vous, bergers
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