“ IphigénieTu m’as nourrie pour être le salut de la Grèce : je ne refuse pas de mourir pour elle.Le chœurNe crains pas que ton nom soit jamais oublié.IphigénieHélas ! hélas ! flambeau du jour, splendeur de Zeus ! une autre vie, un autre destin m’attend. Adieu, douce lumière !Le chœurAh ! voyez ! voyez celle qui va détruire Ilion et les Phrygiens ! Elle s’avance pour recevoir sur son front les bandelettes et l’eau lustrale, pour répandre une rosée sanglante sur l’autel de la cruelle déesse, et présenter son beau cou au sacrificateur. ”
Iphigénie
Définition et enjeux
Iphigénie est une sainte du premier siècle, vénérée dans les traditions chrétiennes comme une vierge convertie par saint Matthieu en Éthiopie, devenue abbesse d’un couvent et martyre de la foi. Son histoire, relayée par La Légende dorée et d’autres hagiographies, mêle le sacrifice personnel à la résistance face à la tyrannie. Euripide la présente comme une héroïne tragique prête à mourir pour la Grèce, tandis que Jean Moréas souligne son dévouement à la patrie et sa pureté.
Les récits chrétiens, comme ceux de Voragine ou des Bollandistes, insistent sur sa consécration spirituelle et son rôle de modèle monastique. Fêtée le 21 septembre par les catholiques et le 16 novembre par les orthodoxes, Iphigénie incarne une figure à la fois mythique et religieuse, liée à des thèmes comme l’agamemnonisme ou la tragédie grecque, tout en illustrant les débats ecclésiastiques sur les saints noirs.
Citations sur “Iphigénie”
René Doumic,
Revue des Deux Mondes
“ Dans Iphigénie, il y a Iphigénie. Depuis le moment où, ayant fait le sacrifice de sa vie, elle est soulevée par l’exaltation grandissante, auréolée par les feux prochains de la gloire, son rôle est magnifique et fait passer en nous un peu de son enthousiasme. ”
“ CLYTEMNESTRE coulez donc mes pleurs, pleurs superflus ! ... que dois-je faire encor, de retour dans Mycène ?IPHIGÉNIE regarde ton époux sans colère ni haine.CLYTEMNESTRE quoi ! Ce père inhumain, ce perfide odieux ?IPHIGÉNIE il sauve la patrie et se soumet aux dieux ; longtemps à m’épargner il s’obstina sans doute. Mais moi, l’ambition qui me transportait toute languit-elle déjà ? La verra-t-on céder ! Non, avec plus d’ardeur je l’avais poursuivie... que ce vieux serviteur me mène sans tarder a l’autel où m’attend et la mort et la vie.CLYTEMNESTRE ô mon enfant, tu pars ! ”
