“ Oreste. Questionne-moi, puisque tu le désires ; je répondrai. Iphigénie. Un devin nommé Calchas est-il revenu de Troie ? Oreste. Il est mort, à ce qu’on disait à Mycènes. Iphigénie. Ô vénérable déesse, quelle justice ! Et le fils de Laërte ? Oreste. Il n’est pas encore de retour à Ithaque ; cependant il existe, on le croit. Iphigénie. Puisse-t-il périr, et ne jamais revoir sa patrie ! Oreste. Ne fais point d’imprécation ; son sort est assez triste. Iphigénie. Et le fils de Thétis vit-il encore ? Oreste. Il n’est plus : vainement son hymen fut préparé en Aulide. ”
Euripide
Élements biographiques
Euripide, l’un des trois grands tragédiens de l’Athènes classique, se distingue par une approche originale du théâtre, représentant des héros mythiques comme des individus ordinaires confrontés à des situations extraordinaires. Son œuvre, marquée par une profonde empathie envers les victimes de la société, notamment les femmes, explore des thèmes de souffrance, de justice et de désespoir.
Parmi ses textes majeurs figurent Iphigénie à Aulis et Électre, où les conflits familiaux et les dilemmes éthiques prennent toute leur ampleur. Proche de Socrate, il incarne un esprit intellectuel critiqué par ses contemporains, avant de s’exiler en Macédoine, où il meurt en 406 av. J.-C.
Citations de Euripide
“ « Où est l’enfant Oreste ? Est-il ici, pour défendre par son courage, ta tombe ? » Ainsi l’on outrage l’absent. Mais, étranger, je t’en supplie, dis-lui cela, seul messager, au nom de tous ceux qui t’envoient : mes mains, ma langue et mon âme, la malheureuse ! et ma tête rase, et son père ! Il serait honteux, quand son père a anéanti les Phrygiens, que lui ne pût pas, même seul, tuer un homme seul, lui qui est jeune, et dont le père était si brave ! PREMIÈRE PAYSANNE. Je vois l’homme — c’est de ton époux que je parle — qui, le travail fini, regagne la demeure. ”
“ Renvoyons l’armée, quittons Aulis. Et toi, mon frère, cesse de mouiller tes yeux de larmes, et de faire ainsi couler les miennes. Si les oracles me donnent quelque droit sur ta fille, j’y renonce, je te l’abandonne. On dira que j’avais de cruelles pensées, et que j’en ai de toutes différentes ? Mais n’est-il pas naturel que l’amour d’un frère m’ait fait changer d’avis ? Se rendre toujours aux meilleures raisons n’est pas le fait d’un homme endurci dans le mal.Le chœurGénéreuses paroles, bien dignes de Tantale, fils de Zeus ! tu ne démens pas tes ancêtres.AgamemnonBien, Ménélas ! ”
