“ Celle qui vous est réservée, permettez donc que nous l’appelions politique plutôt que « morale des maîtres ». Mais voyez combien nous sommes d’accord avec vous et comme nous vous servons. Le meurtre est un crime quand il est commis pour un intérêt particulier ou dans un mouvement de passion naïvement spontanée. Dès que vous jugez bon d’armer votre troupeau et de le précipiter contre un autre troupeau, le meurtre devient, dans nos souples prédications, un acte héroïque et nous le célébrons parmi les Te Deum ou les Marseillaise. ”
Meurtre
Définition et enjeux
Le meurtre, défini comme un homicide volontaire et illégal, constitue un acte gravissime dans la plupart des systèmes juridiques. Ses contours varient selon les pays : en France, il exige un dol général et spécial, tandis que le Canada distingue le meurtre au premier degré (avec préméditation) de l’homicide involontaire.
Des auteurs comme Victor Hugo ou John Ruskin en ont analysé les aspects moraux et sociaux, mettant en lumière sa complexité. Les réflexions juridiques et littéraires aboutissent à une question sur la légitimité de l’acte, en fonction des contextes et des motivations.
Citations sur le meurtre
Jules Le Fèvre-Deumier,
Méditation d’un solitaire sur la peine de mort
“ C’est le crime, passé dans les mains de plusieurs, Le meurtre organisé, déclaré légitime, Sur la foi d’un traité signé par la victime, Et qui nous fait verser, à nous et nos enfants, Plus de pleurs en un jour, que le crime en vingt ans. Est-ce un bout de laurier qui le métamorphose ? L’attentat est le même, aussi bien que sa cause. Que m’importe de voir, au front du meurtrier, Le bonnet d’un esclave, ou celui d’un guerrier ! Attifez son orgueil des haïllons de la gloire : Le nom d’assassin perce à travers la victoire. ”
“ Que lorsqu’un peu de temps sur le sang a passé, Après un an ou deux, c’est une découverte, Quoi qu’en disent les morts avec leur bouche verte, Le meurtre n’est plus meurtre et le vol n’est plus vol. ”
Alexandre Dumas,
Vingt ans après
“ Ce meurtre qui m’a tout ravi, ce meurtre qui m’a fait sans nom, ce meurtre qui m’a fait pauvre, ce meurtre qui m’a fait corrompu, méchant, implacable, j’en demanderai compte à vous d’abord, puis à ceux qui furent vos complices, quand je les connaîtrai. ”
“ Voyez-vous comme ils honorent et caressent le Meurtre?—Que le Meurtre est beau, que le Meurtre est bon, qu'il est facile et commode, pourvu qu'il soit bien interprété! Comme le Meurtre peut devenir joli en des bouches bien faites et quelque peu meublées de paroles impudentes et d'arguties philosophiques! ”
John Ruskin,
Sésame et les lys
(1865)
“ Je ne m’étonne pas du meurtre commis par un seul bras sur une seule victime, dans l’obscurité du chemin de fer, ou à l’ombre des roseaux du marais. Je ne m’étonne même pas du meurtre aux myriades de mains, du meurtre des multitudes, accompli comme une action d’éclat, en plein jour, par la frénésie des nations, ni des incalculables et inimaginables forfaits amoncelés de l’enfer au ciel par leurs prêtres et leurs rois. ”
Arthur Conan Doyle,
La Vallée de la peur
(1915)
“ Songez qu’à les entendre le meurtrier, après le crime, n’a eu qu’une minute pour enlever au mort son anneau, qui était sous une autre bague, remettre l’autre bague en place, – ce qu’en réalité il n’aurait jamais eu l’idée de faire, – et déposer près du cadavre l’étrange carte de visite ! Cela est manifestement impossible. Vous avez trop de raison pour prétendre que le vol aura peut-être précédé le meurtre. Le fait que la bougie n’a brûlé que peu de temps montre qu’il n’y a pas eu un long colloque entre l’assassin et la victime. ”
Saint-Marc Girardin,
La Syrie en 1861. Condition des chrétiens en Orient…
(1862)
“ Les uns répondent naïvement, les autres s'indignent; tous font observer en substance que chacun était en ce moment-là trop occupé de lui-même ou des siens pour analyser les détails du meurtre. Ce qu'ils ont vu, bien vu, c'est la victime tombant sous les coups répétés du meurtrier. ”
Simonne Ratel,
La Maison des Bories
“ Un meurtre ! Introduire la mort dans son jeu, la mort qu’elle repoussait tous les jours, sous toutes ses formes ! Voilà donc ce qu’il méditait, ce fol, ce mangeur de chimères, ce Gribouille qui prétendait jouer les Lohengrin ! ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ Quel pays que celui où tous les rêves criminels ne sont que de plates, vulgaires et habituelles réalités, où le meurtre est un divertissement, un jeu, une action naturelle, sanctionnée par le temps et la tradition ! ”
V. Cousin, Revue des Deux Mondes
“ Il y a d’abord l’idée particulière d’un certain meurtre commis dans telle ou telle circonstance, avec tel ou tel instrument déterminé ; il y a aussi l’idée non pas d’un meurtrier en général, mais de tel ou tel meurtrier, qu’il s’agit de découvrir. Voilà des élémens incontestables, et qui cependant peuvent varier à l’infini, car il y a un grand nombre d’assassinats qui tous se distinguent les uns des autres par mille circonstances diverses. ”
Eugène de Mirecourt,
Un assassin
(1873)
“ Mais lorsque plus de mille personnes, voyant les joies d'une fête changées en deuil, accourent sur la scène du meurtre et s'écrient, en montrant un homme debout près du cadavre : Voilà l'assassin ! croyez-le, messieurs les jurés, ces personnes ne se trompent pas. ”
Victor Hugo,
Oeuvres complètes
“ Un monde étrange à moi se révèle. Mon crime A fait germer ici dans l'ombre, sous ces monts, Un enfer dont je vois remuer les démons, Hideux nid de serpents, né des gouttes fatales Qui de mon poignard nu tombèrent sur ces dalles! Le meurtre est un semeur qui récolte le mal; Je le sais.— Tu m'as pris dans un cercle infernal. ”
Émile Brière, Procès et acquittement du "Journal de Rouen" devant la cour d'assises de la Seine-Inférieure… (1836)
“ Toi qui crois accomplir une haute mission, toi qui as déifié ce que d'autres t'ont présenté comme un sacrilége, désabuse-toi, ouvre tes yeux : regarde, Toi qui te révolterais à l'idéé d'un meurtre, c'est un meurtre que tu vas commettre, c'est dans le sang d'un frère que tu vas baigner tes mains. ”
Oscar Wilde,
Théâtre à lire
(1925)
“ Le meurtre a faim et en réclame d'autres, Et la Mort, sa soeur, n'est pas satisfaite, Mais rôde en la maison, et ne s'en ira pas A moins qu'elle n'ait un camarade! Attends, Mort, Car je vais te donner un laquais des plus fidèles Pour voyager avec toi ! ”
Octave Mirbeau,
Journal d'une femme de chambre
“ C’est curieux, c’est particulier, sans doute, c’est peut-être horrible, — et je ne puis expliquer la cause véritable de ces sensations étranges et fortes, — mais chez moi, tout crime, — le meurtre principalement, — a des correspondances secrètes avec l’amour... ”
Victor Hugo,
Oeuvres complètes
“ je suis le meurtre et je suis la vengeance. Je vais, fantôme aveugle, au but marqué d'avance; Je suis la soif du sang ! Que me demandes-tu ? D'avoir de la pitié, d'avoir de la vertu, De sauver des vivants? J'en ris lorsque j'y pense. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
(1845)
“ Chose étrange ! continua le roi avec un mouvement d’humeur, la police croit avoir tout dit lorsqu’elle a dit : un meurtre a été commis, et tout fait lorsqu’elle a ajouté : on est sur la trace des coupables. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ La nuit, à l’heure où le meurtre fut commis, on entend encore près du torrent des soupirs et comme le râle d’un homme qui se meurt. On se dit aussi que l’âme du meurtrier rôde dans les environs, cherchant un repos qu’elle ne peut trouver. ”
Raoul Labry, Herzen et Proudhon : thèse pour le doctorat ès lettres présentée à la Faculté des lettres de… (1928)
“ Nous sommes hostiles à toute espèce de meurtre en gros et en détail, ceux pour lesquels on pend, ceux pour lesquels on distribue des croix. Tout sang versé soulève notre pitié, car le sang coule plus joyeusement dans les veines que sur l'herbe et le sable. ”
Eugène Sue,
Martin l’enfant trouvé ou les mémoires d’un valet de chambre
“ J’avoue les deux meurtres dont je suis accusé, et, de plus, un troisième... — Un troisième meurtre ! — s’écria le magistrat qui accompagnait la force armée, — un troisième meurtre ! — Oui, un petit jeune homme. Il était ici en rendez-vous avec une femme. Je suis entré dans cette maison pour voler, j’ai surpris les amoureux, ils ont eu peur, ils ont crié au voleur. Pour faire taire le jeune homme, je l’ai assommé à coups de chaise. ”
Prudent Marc Xavier Victor Drap Arnaud, Partout l'honneur , essai apologétique sur les moeurs françaises de Paris… (1820)
“ De son frère !. ô terreur! ô délire! ô forfaits! BOURBONS ! l'assassinat a payé vos bienfaits. L'assassinat vous suit. BERRI vient de l'apprendre. Inutiles regrets, ranimez-vous sa cendre ? Le pauvre exprime en pleurs l'effroi qui t'a saisi ; Quel sein pour le frapper le monstre a-t-il choisi ? Ah ! j'ai vu, quand le meurtre eut dévoré sa proie, Sous la fausse tristesse étinceler la joie, Et, dans ce deuil profond, mêlé de tant d'horreur , ta trahison percer jusque dans la douleur. ”
Arthur Conan Doyle,
Les Aventures de Sherlock Holmes
“ Je suppose, dis-je, que le fait qui vous occupe, quelque simple qu’il paraisse, a trait à un meurtre quelconque et que voilà l’indice au moyen duquel vous découvrirez un mystère et vous punirez un crime. ”
William Shakespeare,
Macbeth
(1623)
“ Éveillez-vous ! Éveillez-vous ! — Sonnez la cloche d’alarme... Au meurtre ! trahison ! — Banquo ! Donalbain ! Malcolm ! éveillez-vous ! — Secouez sur le duvet ce sommeil, contrefaçon de la mort, — et regardez la mort elle-même... Debout, debout, et voyez — l’image du jugement dernier... Malcolm ! Banquo ! — levez-vous comme de vos tombeaux et avancez comme des spectres — pour être à l’avenant de cette horreur !... ”
Hippolyte Taine,
Histoire de la Littérature Anglaise…
“ Il va trébuchant sur les cadavres qu'il entasse avec le sourire machinal et désespéré du maniaque assassin. Désormais la mort, la vie, tout lui est égal; l'habitude du meurtre l'a mis hors de l'humanité. ”
Alfred Michiels,
Voyage d'un amateur en Angleterre…
(1872)
“ Ne blâme point alors la justice du monde, en te voyant proscrit et solitaire; car si légalement pour tuer il faut donner la mort, selon la conscience le meurtre est dans la volonté. Puis donc que tu poignardes lâchement les noms et tentes au moins d'assassiner notre honneur, partage le sort du premier assassin : que ton crime ne soit jamais ni expié ni oublié. ”
Pierre Bonaparte et le crime d'Auteuil… (1870)
“ Les souteneurs du meurtrier, d'accord avec le décret de convocation de la Haute Cour, appellent le meurtre un homicide; toute la presse indépendante et la population à peu près tout entière l'appelle un assassinat. ”
Romain Rolland,
L’Âme enchantée
“ Ils avaient cherché à se persuader que le meurtre, simple accident au cours des renaissances de l’homme assassiné, pouvait agir, en certains cas, à la façon d’un choc salutaire et l’aiguiller sur de meilleures voies. ”
Charles-Louis Lesur,
Les Francs, poëme héroïque en dix chants…
(1797)
“ Le Meurtre , le Poison et tous les attentats , Inondent l'univers qui tremble sous leurs pas. Ils chassent les Plaisirs, ils rappellent aux armes, Ils répandent l'effroi, le trouble, les alarmes, Et la confusion et la rage et le deuil : Et la Nature en pleurs, ouvre un large cercueil. ”
Arnaud Berquin, Le Livre de famille, suivi d'un Choix de lectures (1845)
“ Après un silence de seize années, sa voix vous dénonce un homme aussi coupable que ce malheureux qui vient d'être convaincu de son crime. Alors il commença le récit du meurtre qu'il avait commis, en insistant sur la noirceur de son ingratitude envers son maître qui l'avait tiré de la poussière, et qui lui avait toujours témoigné la plus grande confiance. ”
“ Il m’avait parlé mort, le jour même du meurtre, mais cette parole a mis sept ans à m’atteindre. ORESTE. – Il t’est apparu ? ÉLECTRE. – Non. Son cadavre cette nuit m’est apparu, tel qu’il était le jour du meurtre, mais c’était lumineux, il suffisait de lire : il y avait dans son vêtement un pli qui disait : je ne suis pas le pli de la mort, mais le pli de l’assassinat. ”
Edgar Allan Poe,
Histoires extraordinaires
“ Il me semble que le mystère est considéré comme insoluble, par la raison même qui devrait le faire regarder comme facile à résoudre, je veux parler du caractère excessif sous lequel il apparaît. Les gens de police sont confondus par l'absence apparente de motifs légitimant, non le meurtre en lui-même, mais l'atrocité du meurtre. ”
Gustave Rouland, Discours et réquisitoires de M. Rouland… (1863)
“ Oui, je vous en conjure, Messieurs, faites que cette horrible famille ne puisse plus spéculer sur le meurtre et sur le vol. Faites que vieillards, femmes, enfants (car on les égorgeait à Douvrend, à Saint-Martin, aux Jonquières) , puissent dormir à l'abri de la hache des assommeurs. Faites que le cauchemar de l'assassinat ne pèse plus sur nos campagnes avec ses terreurs et ses insomnies. Enfin, que votre verdict soit un acte de justice et de courage, et la conscience du jury trouvera des échos dans la conscience du pays! ”
Octave Mirbeau,
Journal d'une femme de chambre
“ Avez-vous réfléchi, un instant, à ce que nous pouvons ressentir de haines mortelles et légitimes, de désirs de meurtre, oui, de meurtre, lorsque pour exprimer quelque chose de bas, d'ignoble, nous entendons nos maîtres s'écrier devant nous, avec un dégoût qui nous rejette si violemment hors l'humanité: «Il a une âme de domestique... C'est un sentiment de domestique...»? Alors que voulez-vous que nous devenions dans ces enfers?... ”
Ferdinand Achet, Le Premier Âge, poésies par Ferdinand Achet (1856)
“ Tout est prêt , m'a-t-il dit, le bourreau va venir ; Mais il ne m'a pas dit : Es-tu prêt à mourir ?... ( Descendant la scène.) Allons, mon coeur, tais-toi ; laisse la plainte vaine ; Crains d'oublier le crime en maudissant la peine... Crains qu'une mère et Dieu , qui t'attendent là-haut, N'aient un instant trouvé ton courage en défaut. Tu saignes , il est vrai ; mais qui donc fit la plaie ? L'image de la mort te désole et t'effraie... Mais devant l'échafaud. doit-on être ébranlé , Lorsque devant le meurtre on n'a pas reculé ?... Oui... le meurtre ! ”
L. Delmas, Le Crime de la guerre , précédé d'une Lettre au roi de Prusse… (1871)
“ Mais ceux qui commettent le crime dont nous parlons ont une autre destinée, ils sont assis sur le trône, ils demeurent dans les chancelleries et les ambassades , ils ont des équipages et des palais. Accompli contre les particuliers, le meurtre est une action infâme, mais consommé sur une grande échelle , il devient un titre de gloire. ”
Joseph Méry,
Peyronnéide. Epitre a M. de Peyronnet…
(1827)
“ La main craint leur contact, l'œil frémit de les voir, Et dans ce cas affreux le meurtre est un devoir ; Ainsi, lorsque sortant de ton sein en souffrance, Tes difformes fœtus épouvantent la France , Ravi de leur laideur, loin de les repousser, Dans tes bras paternels tu veux les enlacer;. ”
Casimir Raffy, Grands faits de l'histoire ancienne et de l'histoire générale du Moyen Âge… (1868)
“ Ses vertus personnelles et son poste élevé, la dignité et la tranquillité d'âme avec laquelle il subit son sort, la sainteté du lieu où le meurtre fut commis, tout contribua à inspirer aux hommes de l'horreur pour ses ennemis et de la vénération pour son caractère. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Tout homme qui, dans un attroupement ou émeute, aura fait entendre un cri de provocation au meurtre, sera puni de trois ans de chaîne, si le meurtre ne s’en est pas suivi, et comme complice du meurtre, s’il a eu lieu. ”
Armand Després,
De la Peine de mort au point de vue physiologique…
(1870)
“ Pour les criminels tels que Lacenaire, Montely, Lapommeraye, Troppmann etmadame Frigard, le meurtre est le détail d'une affaire ou d'une entreprise qui doit les mener à une fortune. Entre les fous et les individus qui méditent plus ou moins savamment le crime, il est des assassins qui vivent du produit quotidien de l'assassinat, comme l'ancien voleur de grand chemin. ”
Émile Gaboriau,
Le Crime d’Orcival
“ À ce transport furieux succède chez le comte un irrésistible anéantissement. Les circonstances diverses que je vous décris, se remarquent d’ailleurs dans presque tous les grands crimes. Toujours, l’assassin, après le meurtre, est saisi d’une haine épouvantable et inexpliquée centre sa victime, et souvent il s’acharne après le cadavre. Puis, vient une période d’affaissement, si grand, de torpeur si invincible, qu’on a vu des misérables s’endormir littéralement dans le sang, qu’on les surprenait endormis, qu’on avait toutes les peines du monde à les réveiller. ”
“ Mais n’est-ce pas plutôt l’espoir du meurtre, l’attente du carnage qui passionnent exclusivement pour la chasse ? ”
Edgar Allan Poe,
Histoires grotesques et sérieuses
(1856)
“ C’est une folie, — dit-il, — de supposer que le meurtre, si un meurtre a été commis sur cette personne, ait pu être consommé assez vite pour permettre aux meurtriers de jeter le corps dans la rivière avant minuit. ”
Adrien Laborde,
Cours de droit criminel, conforme aux programmes universitaires…
(1891)
“ Il aurait fallu, en effet, que l'agent persistât dans la volonté de tuer, et s'abstint de porter secours, pour que l'exécution du meurtre fût complète au point de vue des moyens, employés, pour qu'il y eût, en un mot, meurtre manqué. ”
Octave Mirbeau,
Le Jardin des supplices
“ —D'ailleurs, reprit-il, le meurtre se cultive suffisamment de lui-même... À proprement dire, il n'est pas le résultat de telle ou telle passion, ni la forme pathologique de la dégénérescence. C'est un instinct vital qui est en nous... qui est dans tous les êtres organisés et les domine, comme l'instinct génésique... ”
Donatien Alphonse François de Sade,
La Philosophie dans le boudoir
“ Il est tems de se résumer. Le meurtre doit-il être réprimé par le meurtre ? Non, sans doute ; n’imposons jamais au meurtrier d’autre peine que celle qu’il peut encourir par la vengeance des amis ou de la famille de celui qu’il a tué ; je vous accorde votre grace, disoit Louis XV à Charolois qui venoit de tuer un homme pour se divertir, mais je la donne aussi à celui qui vous tuera. ”
Édouard Fraissinet, Le Japon : histoire et description… (1853)
“ Celui qui tue son précepteur, est conduit à cheval au lieu du supplice et crucifié. 14. Lorsque plusieurs personnes ont commis un meurtre, celle qui a porté le premier coup est punie de mort, et les autres sont déportées. 15. Le batelier par la faute duquel une personne s'est noyée, est déporté , s'il s'est trouvé plusieurs individus dans l'embarcation. 16. Celui qui commet un meurtre de nuit sur la voie publique, est conduit à cheval sur la place des exécutions et décapité. 17. Celui qui, conduisant une voiture, écrase et tue quelqu'un, volontairement ou non , a la tête tranchée. ”
Termes connexes
Auteurs ayant écrit sur le meurtre
Articles associés
La part de la bête, la part de l'homme, violence et animalité dans la conscience historique
Lorsque les civilisations vacillent, l'homme se mue en bête. Mais cette « animalité » que l'on prête à la violence extrême masque un paradoxe troublant — la férocité humaine, nourrie de haine et de domination, dépasse-t-elle la simple régression instinctive pour révéler une cruauté spécifiquement humaine ? Un retour sur les philosophes et écrivains du XIXe siècle éclaire cette frontière poreuse.
La ruse, le sang et les dieux, la morale ambivalente de l'Odyssée
« Ulysse est le héros par excellence d'une époque où la survie exigeait la ruse et la violence. Pourtant, l'Odyssée ne dépeint pas un simple récit d'aventures — elle confronte notre éthique contemporaine à une justice archaïque où les dieux eux-mêmes cautionnent le sang. »
La mort de l'enfant en temps de guerre : entre crime contre nature et nécessaire sacrifice
L'assassinat d'un enfant en temps de conflit pose un défi éthique fondamental : ce crime contre nature doit-il être dénoncé comme l'absurdité suprême de la guerre ou peut-il être transmué par le discours patriotique en sacrifice fondateur pour la nation? L'analyse de grands auteurs explore cette douloureuse dichotomie.
Le pingouin, l’allégorie grotesque de la guerre et de la propriété
De l'erreur sémantique entre pingouin et manchot émerge une critique fondamentale. En utilisant l'allégorie animale, Anatole France et Pierre-Joseph Proudhon démontrent que la nation, le patriotisme et la propriété ne sont que des euphémismes légitimés pour dissimuler les actes originels de meurtre et de vol sur lesquels repose toute civilisation humaine.
