Eugène de Mirecourt

Eugène de Mirecourt

Un assassin (1873)

Résumé

Portrait de Eugène de Mirecourt Eugène de Mirecourt Un assassin (1873)

Il faudra donc me tuer, quand je veux vivre, quand Georgette que j'aime... Oh ! je croyais être à l'abri du remords, et pourtant une voix intérieure me le dit : ce que j'ai fait là est infâme !... Moi, prêtre, je suis père ; j'ai flétri l'innocence d'une jeune fille à laquelle il m'est impossible de donner mon nom... Cet enfant, le monde ne l'appellera jamais qu'un bâtard!... Et pourtant si j'ai séduit Georgette, c'est par vengeance. Un implacable destin m'a remis en présence d'un homme que je n'ai pu voir sans qu'une haine presque éteinte ne se réveillât plus ardente qu'autrefois.
Source : Gallica

Portrait de Eugène de Mirecourt Eugène de Mirecourt Un assassin (1873)

Il s'agenouilla devant son fils et se frappa la poitrine en poussant des sanglots.
— Léon, pardonne-moi! je suis un misérable, un pécheur endurci... Ciel! est-ce qu'il est mort? Ne verra-t-il pas le repentir que j'éprouve de mon aveugle colère? Mon fils, réponds-moi !... Tout cela est faux : ta mère était une sainte, elle est avec Dieu ! J'étais fou de te dire de semblables choses... Ah! mais il ne me répond pas, il n'y a plus de pardon pour moi... Je suis damné !
Les cris de M. d'Arthenay furent entendus. Son frère, qui venait d'arriver, entra suivi de madame de Verneuil et de Marie.
Source : Gallica

Portrait de Eugène de Mirecourt Eugène de Mirecourt Un assassin (1873)

Léon fut saisi d'un frisson d'horreur. L'indignation qu'il lut sur le visage des montagnards lui fit comprendre que ce qu'affirmait Gros-Pierre n'était que trop vrai. Le pieux et bon fils dont l'âme, il n'y avait qu'un instant, nageait dans une joie si pure, qui se félicitait d'avoir amené M. d'Arthenay à ne plus maudire la mémoire d'une épouse, de sa mère à lui, ne put supporter ce dernier coup qui venait le frapper, aussi terrible, aussi imprévu que le premier. Il posa la main sur son coeur et perdit connaissance.
— Le remords ! le remords ! crièrent les paysans.
Source : Gallica

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