Frédéric Soulié,
Les Mémoires du Diable/Édition 1858
(1838)
“ Léon me regardait. Mon Dieu, quel charme avez-vous donc mis dans les yeux de celui qu’on aime ? quelle lumière si céleste, quel rayon si éthéré en jaillit donc, qu’il pénètre dans l’âme comme un air qui fait vivre et qui parfume la vie ? Léon me regardait, et je sentais mon cœur se fondre en joie sous son regard. J’étais sûre qu’il avait pensé à moi. Le lendemain venu, après que tout le monde fut levé et fut venu m’apporter, ceux-ci des fleurs, ceux-là des bijoux, je descendis dans le jardin. Léon s’y trouvait. J’étais résolue à recevoir ce que son regard m’avait promis. ”
