Léon

Définition et enjeux

Portrait de Frédéric Soulié Frédéric Soulié Les Mémoires du Diable/Édition 1858 (1838)

Léon me regardait. Mon Dieu, quel charme avez-vous donc mis dans les yeux de celui qu’on aime ? quelle lumière si céleste, quel rayon si éthéré en jaillit donc, qu’il pénètre dans l’âme comme un air qui fait vivre et qui parfume la vie ? Léon me regardait, et je sentais mon cœur se fondre en joie sous son regard. J’étais sûre qu’il avait pensé à moi. Le lendemain venu, après que tout le monde fut levé et fut venu m’apporter, ceux-ci des fleurs, ceux-là des bijoux, je descendis dans le jardin. Léon s’y trouvait. J’étais résolue à recevoir ce que son regard m’avait promis.
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Henri Leriche La soutane aux orties (1880)

Ah ! qu'il y avait loin du Léon actuel au Léon de la veille, pieusement agenouillé derrière son amie, à la cathédrale ! Hier, tout était rose et souriant dans son ciel ; tout semblait tourner au sombre aujourd'hui. La société, cette société pour laquelle il éprouvait depuis quelque temps une indulgence marquée, lui apparaissait de nouveau sous les espèces et apparences d'une « affreuse baraque » : image dépourvue de noblesse pour son esprit amoureux de beau langage, mais qui lui revenait spontanément aux lèvres dès que les exigences du monde le froissaient au coeur.
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Portrait de Frédéric Soulié Frédéric Soulié Les Mémoires du Diable/Édition 1858 (1838)

Mais que Léon eût à subir les regards triomphants et les railleries froides du capitaine, c’est ce qui m’irritait, c’est ce qui m’eût cent fois poussée à dire à Léon : Je mens quand je détourne mes yeux de toi, je mens quand j’évite ta rencontre, je mens quand je te parle sans bonheur et t’écoute sans paraître t’entendre ! Oui, je l’eusse averti, si je ne l’avais aimé à ce point que j’éprouvais qu’une fois mon cœur ouvert, toute ma vie s’en serait échappée pour aller à lui.
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