Henri Leriche

Élements biographiques

Henri Leriche,  La soutane aux orties (1880)

“ Écoute-moi, Laure, car je n'aurais pas la force de parler longtemps ainsi. Depuis un mois, je ne suis plus heureux ; mon bonheur est gâté par le remords !. Songe donc, sans moi, j'en suis sûr, tu n'hésiterais pas à remplir un devoir impérieux. Eh bien ! serais-je digne de ton coeur, moi, moi, l'obstacle, si j'hésitais à me supprimer ?.
– Ah ! murmura Laure. le voilà donc le secret de ces détours.
– Ecoute encore, reprit Léon ; tout ce que t'a dit Mme de Bussy est exactement vrai et rigoureusement juste ; puissent ses paroles prendre plus de force en
passant par ma voix !.
”
Source : Gallica

Henri Leriche,  La soutane aux orties (1880)

“ Léon ne répondit pas. L'émotion lui coupait la parole. La pensée de retourner à Nevers dans un bref délai le suffoquait délicieusement.
– Peut-être la proposition ne vous sourit pas, mon jeune ami ? continua M. Gérard, qui ne comprenait rien à ce silence. Maître d'études, ce n'est pas très séduisant, j'en conviens ; mais on n'en meurt pas, et la preuve, c'est que moi, qui vous parle, je n'en suis pas mort. Je vous le répète, c'est une question d'avenir.
– Et de présent surtout ! dit Léon, recouvrant enfin
l'usage de la voix.
”
Source : Gallica

Henri Leriche,  La soutane aux orties (1880)

“ Quoi, tante Gaga ?
– Il ne s'agit pas de plaisanter, entends-tu ?. Réponds-moi comme un homme sérieux d'abord, et ensuite comme un homme instruit, que tu es !.
– Diable ! fit Léon toujours railleur, comment voulez-vous qu'on soit sérieux avec vous, chère tante, quand bien même on serait instruit ?. Mais j'y songe, vous me faites frémir... Miséricorde ! c'est donc bien énorme, ce que vous allez me révéler ?
– Encore une fois, trêve aux plaisanteries, je t'en conjure, et réponds-moi. Voyons : qu'est-ce que tu penses des songes ?. Crois-tu qu'on puisse croire aux songes, toi ?
”
Source : Gallica

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