“ La polonaise d’autrefois, tant qu’elle fut la noble compagne de héros vainqueurs, n’était point ce qu’est la polonaise d’aujourd’hui, ange consolateur de héros vaincus. Le polonais actuel n’est pas plus différend de ce qu’était le polonais antique, que la polonaise moderne n’est différente de la polonaise des anciens temps. ”
Polonaise
Définition et enjeux
Citations sur “polonaise”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ La noblesse polonaise aimera mieux sans doute marcher avec les Russes à la tête de la civilisation slave, jeune, vigoureuse et pleine d’avenir, que de se traîner coudoyée, méprisée, haïe, injuriée, à la queue de votre civilisation décrépite, tracassière et présomptueuse. ”
Pierre-Joseph Proudhon,
Les Confessions d’un révolutionnaire
“ La question polonaise n’est pas seulement, comme on voudrait le faire supposer, une question chevaleresque. Dans la question de Pologne, la raison confirme ce que le cœur inspire. Le Peuple, avec un instinct admirable, a été droit au nœud de la question ; il a parfaitement compris que, dans la restauration de la Pologne se rencontrera l’assise la plus ferme de la paix et de la liberté de l’Europe entière. ”
Auguste Meylan, A travers les Russies, par A. Meylan (1880)
“ La noblesse polonaise a mieux pu supporter le malheur national, ses biens l'ont mise à l'abri de toute nécessité de se soumettre, tandis que dans beaucoup de professions, on réclame des Polonais un serment de fidélité au tzar. Malgré les rigueurs, l'esprit de la nation est encore vivace dans l'atmosphère polonaise; les femmes surtout, comme des vestales, entretiennent le feu sacré. ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Derrière les cadavres de ces gentilshommes qu’elle a fait massacrer, et dont les pères avaient jadis, par leurs malheureuses dissensions, causé le démembrement de leur patrie ; derrière le tombeau de la noblesse de Pologne, il y a encore la nation polonaise tout entière. Les rendît-on citoyens, les paysans polonais n’en seraient pas moins des Polonais. Affranchis, ils n’en deviendraient que plus ardens à revendiquer contre l’Autriche une nationalité dont ils sentiraient davantage le prix. ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Tous ces résultats sont dus à la dernière révolution de pologne. Les malheurs qui ont accablé la nation polonaise, loin d’affaiblir sa puissance morale, n’ont fait que la grandir, et aujourd’hui le plus persécuté d’entre les peuples slaves est celui qui exerce parmi eux la plus active influence. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ Dans le cours des différentes révolutions qui ont agité, bouleversé le sol de la Pologne, la noblesse polonaise a seulement sauvé du naufrage de sa patrie l’illustration de son nom, que l’histoire consacre, que nul arrêt de despote ne peut lui ravir. ”
X. Marmier, Revue des Deux Mondes
“ C’est une veuve sans défense, c’est une mère éplorée qui, dans le deuil de sa solitude, penche son front appesanti sur les chroniques du passé, et se berce avec un chant plaintif. Le vrai mouvement littéraire de la Pologne est dans l’émigration polonaise. ”
Th. de Wyzewa, Revue des Deux Mondes
“ Derrière lui, à toutes les pages du livre, c’est la nation polonaise tout entière que nous découvrons, avec des qualités qui, elles, rachètent amplement les défauts qu’elles accompagnent. Jamais, peut-être, la nature véritable de cette nation ne s’est mieux déployée que durant la crise tragique de son histoire, où l’imminence du danger lui a permis de prendre conscience de soi-même et de mettre au jour les élémens les plus cachés de son être intime. ”
Julian Klaczko,
La Poésie polonaise au xixe siècle…
“ « la noblesse polonaise avec le peuple de la Pologne. » Après avoir ainsi rappelé les éternels principes de justice et d’humanité, le poète prend la défense de cette noblesse polonaise si décriée par le radicalisme aveugle. N’est-ce pas elle « dont la poitrine fleurit toujours en cicatrices ? » N’est-ce pas elle qui s’est de tout temps offerte en holocauste sur l’autel de la patrie ? Qui donc a toujours combattu et toujours souffert ? ”
Jules Michelet,
La Pologne martyr
“ La nationalité polonaise, si cruellement attaquée, mutilée dans son territoire, brisée dans l’existence de ses hommes les plus dignes, poursuivie avec fureur par l’arbitraire et par la loi, il dépend toujours de vous de la raffermir et de la refaire plus solide qu’elle ne fut. ”
Maurice Pernot,
Revue des Deux Mondes
“ Nos paysans d’aujourd’hui sont les successeurs immédiats de l’ancienne noblesse polonaise. Ils constituent la classe dominante de l’Etat moderne, comme la noblesse formait celle de l’État d’autrefois. ”
“ Ne cherchant point à rappeler ce que devait être l’antique musique, il transporta dans la musique tout ce qu’était l’antique Pologne. Il accentua le rhythme, se servit de la mélodie comme d’un récit, la colora par la modulation avec une profusion que le sujet ne comportait pas seulement, qu’il appelait impérieusement. Il fit circuler dans la Polonaise la vie, la chaleur, la passion, sans s’écarter de l’allure hautaine, de la dignité cérémonieusement magistrale, de la majesté naturelle et apprêtée à la fois qui lui sont inhérentes. ”
“ En tout cas, quelqu’emploi qu’elles en fassent, la langue polonaise est dans la bouche des femmes bien plus douce et plus caressante que dans celle des hommes. — Quand eux ils se piquent de la parler avec élégance, ils lui impriment une sonorité mâle qui semble pouvoir s’adapter très-énergiquement aux mouvemens de l’éloquence, autrefois si cultivée en Pologne. ”
Charles de Mazade,
La Pologne devant l'Europe
“ De son côté, cette nationalité polonaise dont la conservation était pourtant garantie, cette nationalité, ainsi pressée et assaillie, loin de céder à la force, s’est concentrée en elle-même et a grandi par ce qui devait la tuer. ”
Henri-Dominique Lacordaire,
Notice funèbre sur feu M. le Cte de Montalembert…
(1831)
“ En effet, le rétablissement de la Pologne a été reconnu par tous les partis , par toutes les opinions , comme une des grandes nécessités de l'époque. Eh bien ! Dieu lui-même relève cette barrière ! Dieu relève cette grande et généreuse nation polonaise , comme pour doubler nos forces et protéger l'Europe, et nous l'abandonnons ! ”
Apollo Mlochowski de Belina, Les Polonais et la commune de Paris
“ Cette longue liste explique suffisamment pourquoi les sympathies de la France sont retirées aux Polonais. La nationalité polonaise est bien morte, et elle ne se relèvera jamais après la tache sanglante que ses indignes enfants lui ont faite. ”
James Watson Gerard, Mémoires de l'ambassadeur Gerard… (1918)
“ L'aristocratie polonaise était absolument incapable de gouverner le pays, qui devint une proie facile aux intrigues de Frédéric le Grand, de Marie-Thérèse d'Autriche et de Catherine de Russie. Le dernier partage de la Pologne eut lieu en 1795. Posen, qui fut, à une époque, une des capitales du vieux royaume de Pologne, est le centre intellectuel de cette partie de la Pologne qui a été réunie à la Prusse. Pendant des années, la Prusse s'est mise à cajoler et à opprimer les Polonais, selon les circonstances, et à remplacer les habitants de la Pologne annexée, par des colons allemands. ”
Ernest Denis,
La guerre : causes immédiates et lointaines…
(1915)
“ Nous ignorons que Varsovie, Cracovie, Vilna même et Poznian sont les foyers d'une vie morale et intellectuelle très intense et que la littérature polonaise est une des plus fécondes et des plus brillantes de l'Europe ”
François-Nicolas Dufriche de Foulaines, Du Petit almanach des grands hommes…
“ Le même argument avancé dans la question polonaise , et qui y était fort , parce que gravitaient d'innombrables intérêts divergeants autour de la Pologne,parait ridicule à l'Aristarque ; il nie qu'une nationalité puisse exister par sa situation géographique; par distraction , il, compare notre pays à celui des Polonais , et ajoute : " Si l'on dit de la Pologne qu'elle ne peut exister comme nation, vu le ras de sa surface, il faut en dire autant de notre Patrie. ”
Charles de Mazade,
La Société et le Gouvernement russes depuis l’insurrection polonaise
“ Au fond, la Pologne était l’ennemie, non-seulement par sa prise d’armes, mais encore par son organisation sociale, par sa religion, par ses mœurs, par son esprit, par ses affinités morales avec l’Europe, par sa civilisation tout entière. ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Ne mesurons pas du reste les forces et l’avenir de la Pologne au petit nombre de ses enfans, mais à leur courage et à leur patriotisme. Si l’on compare la position géographique des provinces polonaises avec celle de la Bohême, de la Grèce, des pays illyro-serbes, on ne peut se défendre d’une triste impression à la vue des obstacles matériels, qui pèsent sur cette nationalité, et l’on admire davantage encore le peuple qui n’a pu maintenir son existence que par une lutte incessante contre la nature. ”
Amélie Fliche, Le pays des Magyars ouvrage : voyage en Hongrie (1893)
“ Nous faisons de grands progrès dans la langue polonaise ; quand nous voulons aller plus vite, nous caressons le couple patriarcal avec une ronce qui nous tient lieu de cravache, en criant d'un ton de commandement : Iedj prentko ! ”
“ Pour elles toutes, le Polonais n'est pas un gentilhomme, tant leurs races sont diverses et leur langage différent. Il est un vaincu, c'est-à-dire moins qu'un esclave; il est en défaveur, c'est-à-dire au-dessous de la bête honorée d'une attention souveraine. Mais pour les vainqueurs, les Polonaises sont des femmes. Et quelles femmes! En est-il dont le cœur n'ait jamais été carbonisé par le regard de l'une d'elles, noir comme la nuit ou bleu comme le ciel d'Italie, pour qui il se serait damné... ”
“ En fût-il ainsi, la Pologne n’aurait point à pleurer ses fils pour toujours. Comme cette illustre italienne du moyen-âge qui défendait elle-même son château-fort et, voyant six de ses fils couchés à ses pieds sur ses crénaux, défiait l’ennemi en lui montrant son sein d’où elle ferait naître six autres guerriers non moins valeureux, les mères polonaises ont de quoi remplacer les générations énervées, les générations qui ont servi d’anneau dans la chaîne généalogique sans laisser d’autres traces de leur triste et terne passage ! ”
Mihajlo Sergìjovič Gruševsʹkij, Abrégé de l'histoire de l'Ukraine… (1920)
“ Les artistes et les artisans étaient des émigrés d'Allemagne, des descendants d'émigrés ou étaient fournis par la. population juive germanisée. Aussi dans sa marche vers l'orient la Pologne se sert-elle de cette organisation germanique. Ce n est qu'aux XVI et XVII siècles que la bourgeoisie commence à se poloniser et que les moeurs polonaises prennent un caractère vraiment national. avaient déjà senti l'ascendant de la législation et de la civilisation polonaise, alors en pleine période de développement et il est probable qu'avec le temps, ils l'auraient éprouvé davantage. ”
Alexandre Dumas,
Les Mille et Un Fantômes
“ Je suis Polonaise, née à Sandomir, c’est-à-dire dans un pays où les légendes deviennent des articles de foi, où nous croyons à nos traditions de famille autant, plus peut-être, qu’à l’Évangile. Pas un de nos châteaux qui n’ait son spectre, pas une de nos chaumières qui n’ait son esprit familier. Chez le riche comme chez le pauvre, dans le château comme dans la chaumière, on reconnaît le principe ami comme le principe ennemi. Parfois, ces deux principes entrent en lutte et combattent. ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle de Malte-Brun…
(1840-1841)
“ C'est le shlatic et schlatic des écrivains allemands du dixième siècle. C'est le mot ge-schlechter, hommes de famille, de Nuremberg. Linde, Dictionn. polonais, in voce. le soin de fixer des dates appartient aux siècles déjà empreints de la civilisation. Mais dans le chaos des révolutions que présente la Pologne ancienne, nous voyons peu de ces monuments du culte national qui marquent le caractère des peuples. Gnesne, Krakovie et Vilna sont nommées comme villes sacrées, mais sans aucun caractère distinctif. Peroun même, le grand dieu slavon, semble peu prééminent dans la mythologie polonaise ”
Lettres sur la guerre de Russie en 1812… (1817)
“ Les dames polonaises sont, en général, belles ou jolies: elles aiment la parure et les plaisirs décens ; elles ont de la grâce et du goût dans le choix de leurs ajustemens. Elles reçoivent une bonne éducation, et parlent deux ou trois langues. ”
René Pinon, Revue des Deux Mondes
“ Les Polonais occupent en masses compactes, où les majorités nationales atteignent souvent, même d’après les statistiques allemandes, 80 et 90 pour 100, les régions de la Silésie, de la Posnanie, de la Prusse orientale et de la Prusse occidentale qui confinent à l’ancien Grand-Duché de Varsovie. Dans les parties polonaises, la proportion des Allemands n’est importante que dans les villes ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ En cette belle saison d’espérance, la Pologne est tombée dans une misère plus grande que jamais... En un moment où tout un peuple saigne sous l’épée des bourreaux, comment la conscience des puissans leur a-t-elle permis de célébrer la résurrection de celui qui est mort pour la victoire du droit et de la liberté ?... Mais il y a un Dieu qui gouverne l’histoire ; la Pologne aussi ressuscitera. Polonais, que le réveil de la nature et le mystère de la solennité chrétienne vous encouragent et vous fortifient : la Pologne n’est pas perdue. ”
Raoul Labry, Herzen et Proudhon : thèse pour le doctorat ès lettres présentée à la Faculté des lettres de… (1928)
“ Il y a de l'agitation à Varsovie, en Lithuanie et dans le duché de Posen. La Pologne comme l'Italie demande à renaître. Le peut-elle ? A-t-elle une idée qui la fasse vivre ? Représente-t-elle quelque chose ? La Pologne s'est tuée de ses propres mains. Elle est morte, au siècle dernier, par suicide. En vertu de quoi, et sous quel titre, à quelle fin pense-t-elle revenir ? Est-ce aussi une monarchie constitutionnelle à sa façon qu'elle va nous faire ? Franchement la chose n'en vaut pas la peine. Dormez votre sommeil, Polonais, si vous ne savez être que juste milieu ! ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Par son héroïque dévouement, la noblesse de Pologne a proclamé au contraire le principe libérateur de sa patrie, et révélé au monde le germe puissant d’où sortiront désormais toutes les insurrections panslavistes. Nous le répétons, ce mouvement n’est pas seulement polonais, il est slave. Étouffez-le sur un point, il renaîtra sur un autre. C’est le mouvement de toute une race. La petite Russie, la Bohême, la Hongrie, la Turquie danubienne, saluent les insurgés comme des frères, et se préparent à conquérir avec eux une indépendance commune. ”
Various, L'Illustration, No. 3730, 22 Août 1914
“ C'était un mot d'abattement, de désespoir et de sépulcre, un mot qui glaçait le coeur et tranchait la gaieté. Jamais personne n'a pu rire en disant: la Pologne... On devenait grave et réfléchi à son accent, en sa présence, comme devant un moribond qui ne peut pas mourir. Il y avait enfin au-dessus des mille sentiments qu'agitait l'idée de Pologne, et, les dominant tous, une gêne affreuse, une peine secrète, la conscience d'une injustice accablant à la fois ceux qui en étaient les victimes innocentes et ceux qui en étaient les exécuteurs pensifs et apitoyés... ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Il y a donc une vie puissante cachée au fond de cette littérature et de cette nationalité de la Pologne, qui, dans chaque catastrophe nouvelle dont elle est frappée, sait puiser de nouvelles forces. La Pologne nous démontre avec évidence combien il importe à une nation de rester elle-même et de se développer d’après son génie propre, si elle ne veut pas périr. Redoutable encore politiquement au XVIIIe siècle, la Pologne n’avait cependant plus dès-lors qu’une existence nominale. Elle n’était, comme puissance intellectuelle, qu’une annexe de l’Occident ”
Cyprien Robert, Revue des Deux Mondes
“ Aussi est-ce une foudre vivante, une tempête en permanence, comme la vie même des Polonais. L’anonyme a créé une poésie transitoire comme l’état social actuel de la Pologne et du monde. Le jeu de la scène, l’intrigue, la passion même ne deviennent sous sa main que des accessoires. Son drame est trop vaste pour se prêter aux exigences de la scène, et d’ailleurs la masse du public serait encore hors d’état de le comprendre. Ainsi, de drames qui puissent être transportés sur nos scènes actuelles et qui soient l’expression complète de ses nouvelles tendances, la Pologne n’en a pas. ”
A. L***, Revue des Deux Mondes
“ Sous cette douloureuse, mais féconde influence, s’est développée toute une poésie énergique et neuve, empreinte d’un mysticisme étrange, et qui puise ses inspirations dans ce qu’il y a de plus sacré, de plus vivace au cœur de l’homme. Ce peuple, c’est le peuple polonais. Depuis bien des années déjà, il travaille à la réédification de sa nationalité. Son courage est infatigable. S’il s’affaisse un moment sous le nombre, c’est pour se relever bientôt plus ardent à la lutte. ”
