Th. de Wyzewa

Résumé

Th. de Wyzewa Revue des Deux Mondes

Ce qui le touche le plus, à tous les coins de l’Europe, c’est une belle église ou un beau tableau, un jardin peuplé d’élégantes fontaines, un savant concert d’instrumens et de voix, l’ombre d’un grand poète hantant les lieux où il a vécu, ou bien encore un joli visage de femme, que ce soit, à Amiens, sous la coiffe d’une nonne, ou, à Bâle, sous le chapeau pointu d’une riche bourgeoise. Le tour d’Europe d’un poète, doublé à la fois d’un érudit et d’un chercheur d’aventures, voilà ce qu’est vraiment le récit de Coryat.
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Th. de Wyzewa Revue des Deux Mondes

C’est comme si chacun, tout en préférant peut-être d’abord un art plus naïf, ou plus raffiné, avait clairement l’impression que l’art de Titien est la peinture même, se réalisant tout entière, dans toute sa richesse et sa variété, par un miracle dont l’histoire des arts n’a jamais connu d’autre exemple. Et je ne serais pas surpris que pour chacun, tôt ou tard, l’art de Titien finît par apparaître non seulement le plus fort de tous, mais aussi le plus beau : car il a en lui une vie et un charme éternels, de telle sorte qu’on peut bien se fatiguer des autres, mais non pas de lui.
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Th. de Wyzewa Revue des Deux Mondes

Van Eyck copiait et imitait ; Memling copie de même, imite et transfigure. Celui-là reproduisait, sans aucun souci de l’idéal, les types humains qui lui passaient sous les yeux. Celui-ci rêve en regardant la nature, imagine en la traduisant, y choisit ce qu’il y a de plus aimable, de plus délicat dans les formes humaines, et crée, surtout comme type féminin, un être d’élection inconnu jusque-là, disparu depuis. Ce sont des femmes, mais des femmes vues comme il les aime, et selon les tendres prédilections d’un esprit tourné vers la grâce, la noblesse, et la beauté...
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