Beethoven

Définition et enjeux

Camille Bellaigue,  Revue des Deux Mondes

“ A la bien-aimée absente, toute musique d’amour de Beethoven est austère et la volupté n’y a point de part. Ce n’est pas tout, et l’idéalisme de Beethoven ne consiste pas seulement dans la chasteté de son génie. Beethoven est idéaliste, et cela signifie que pas une œuvre musicale n’est au même degré qu’une sonate, une symphonie du maître, l’effet ou le produit, l’évolution ou le rayonnement de ce qu’en musique on appelle une idée. Nulle part l’idée musicale n’agit, ne lutte, ne triomphe comme chez Beethoven. ”
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Portrait de Pierre Larousse Pierre Larousse,  Grand dictionnaire universel du XIXe siècle

“ Beethoven leur tendit les bras, et ils l’embrassèrent tous, le père, la mère, la jeune tille et les trois frères. Puis, tout à coup, il se leva, s’assit devant le clavecin, fit signe aux trois jeunes gens de reprendre leurs instruments, et il joua lui-même ce chef-d’œuvre : ils étaient tout âme ; jamais musique ne fut plus belle ni mieux exécutée. Quand ils eurent fini, Beethoven resta au clavecin, et improvisa des chants de bonheur, des chants d’action de grâces au ciel, comme il n’en avait pas composé de sa vie. ”
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Camille Bellaigue,  Revue des Deux Mondes

“ Quel héros fut Beethoven, le confrère que nous citions tout à l’heure vient de le rappeler en quelques pages excellentes, qui sont comme un raccourci de l’âme du maître et de son destin, de toute sa misère et de toute sa vertu [1] . D’un bout à l’autre de sa vie, dans son cœur et dans sa chair, Beethoven fut vraiment l’homme de douleur. Enfant malheureux et non sublime, Dieu lui donna le génie d’une main rude et déjà lourde de colère. « Il fallut user de violence pour que Beethoven apprît la musique [2] . » A dix-sept ans, la mort de sa mère le jeta dans le désespoir. ”
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