“ Quoi qu’il en soit, ce premier trio, avec ses deux thèmes générateurs, traités soit dans le sens de la fugue, soit dans celui de la variation comme Beethoven l’avait voulu, fut bien vraiment le point de départ de toute l’école synthétique de symphonie qui a surgi en France à la fin du XIXe siècle, et il doit, à ce titre, marquer une date dans l’histoire de la musique. Dans l’œuvre de Franck lui-même, la Sonate, le Quintette, le sublime Quatuor, les Chorals et jusqu’aux Béatitudes, tout n’est qu’une conséquence de l’assimilation de l’héritage beethovénien à une intelligence vraiment créatrice. ”
Vincent d’Indy
Élements biographiques
Vincent d’Indy (1851-1931), compositeur et théoricien français, fut un pionnier de l’enseignement musical moderne en fondant la Schola Cantorum de Paris. Son œuvre, marquée par l’influence de César Franck, Beethoven et Wagner, combine rigueur formelle et inspiration romantique, comme en témoignent ses symphonies et ses écrits, notamment le Cours de composition.
Enseignant reconnu, il a formé des générations de musiciens majeurs, affirmant ainsi son rôle central dans l’évolution de la musique française du XIXe siècle.
Citations de Vincent d’Indy
“ Mais l’œuvre qui, avec la VIe Symphonie, éveille le plus dans l’âme le sentiment de la riante campagne autrichienne, c’est la sonate pour piano et violon en sol majeur, op. 96. Dès le premier mouvement, on se sent caressé par une molle brise et si, par deux fois, des troupes passent dans le lointain, on oublie rapidement l’appareil de guerre devant la douceur du paysage évoqué. L’adagio, de forme lied, est un pur chef-d’œuvre de pénétrante mélodie, rêverie sur une pente boisée qui pourrait faire pendant à celle « au bord du ruisseau ». ”
Vincent d’Indy,
Revue Musicale de Lyon 1904-02-03…
“ L’Humanité, ayant oublié les bienfaits de la rédemption, se livre de nouveau aux penchants pervers, criant vers le Christ sa misère ; les anges se voilent la face de leurs ailes à l’aspect des crimes humains. Alors l’archange vient sur un ton plus grave annoncer une nouvelle rédemption par le repentir, et les hommes apaisés chantent l’union en l’amour et en la charité. Entre les deux parties, un intermède d’orchestre seul synthétise la nouvelle évolution humaine, en proclamant par la magnification du thème prophétique le triomphe final du grand amour. ”
