Fugue

Définition et enjeux

Paul Scudo,  Le chevalier Sarti

“ Voilà ce grand arcane qui effraye si fort les musiciens ignorants! La fugue, qui a son principe dans l’imitation, comme toute la musique du reste (car la mélodie elle-même, lorsqu’elle est un produit de l’art, se compose d’une succession de petites phrases qui se répètent avec une certaine symétrie qu’on nomme carrure) , la fugue, c’est la forme suprême de l’argumentation, c’est le syllogisme avec sa majeure, qu’on appelle sujet, sa mineure ou réponse du sujet, et la conclusion, où les motifs précédemment entendus sont rappelés dans une stretta vigoureuse. ”
Source : Gutenberg

Portrait de Alfred Tonnellé Alfred Tonnellé,  Fragments sur l'art et la philosophie… (1860)

“ Une belle fugue est comme une page forte et serrée de Bourdaloue, ou comme une véhémente harangue de Démosthène, aux arguments puissamment enchaînés, au style sévère et pressant. La fugue est le genre oratoire de la musique ; c'est de la prose, mais c'est aussi de l'éloquence.
Bach a porté dans la fugue une verve étonnante, et cette verve rapide est accrue et comme précipitée encore par les rigoureuses entraves dans lesquelles elle est enfermée et contenue ; comme un fleuve impétueux maintenu entre de fortes digues se gonfle et s'élance d'un cours plus irrésistible.
”
Source : Gallica

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