Résumé

Émile Bayard L'art de soigner les oeuvres d'art… (1928)

Le vert, le bleu, le rouge, le jaune, s'éteignent dans des gris, des marrons, des mauves, des grenats.
Peintures à la colle et à l'huile, moins seyantes cependant, que les toiles peintes (la vulgaire toile d'emballage ayant son prix) , à leur tour détrônées par des tissus riches, unis, au miroitement discret, soit tendus, soit en draperie.
Sans compter que le blanc et le gris clair reçoivent les cadres dorés avec faveur, et que la douceur aux pieds, d'un tapis, accompagne singulièrement la joie de voir, en répondant, sinon en ajoutant, au luxe des œuvres admirées.
Source : Gallica

Émile Bayard L'art de soigner les oeuvres d'art… (1928)

Une gravure de Rembrandt exulte d'effet et d'émotion, de métier savant au service d'un sujet compréhensible, choisi et parfaitement composé. Sa tâche est sonore.
Une photographie, un chromo, s'effacent sur le mur ; ils ne le réveillent pas parce qu'ils ne sont point décoratifs. Le choix d'un tableau s'accordera ainsi, autant avec notre goût et notre sincérité, qu'avec notre intérieur, pour le sujet, le sentiment et la couleur. Au tableau n'appartient point le rôle de trouer le mur, à la façon d'une fenêtre — le vitrail
s'en charge — non plus qu'à la manière d'une sombre excavation.
Source : Gallica

Émile Bayard L'art de soigner les oeuvres d'art… (1928)

En admettant, à la rigueur, qu'une touche habile de pinceau n'abîme point un tableau de maître, connaissez-vous beaucoup de sculpteurs de talent qui consentiraient à rajouter un doigt à un chef-d'œuvre de Phidias ?
La statuaire, effectivement, exprimant le relief à l'égal de la nature, se refuse davantage que la peinture (dont la cuisine à plat est plus conventionnelle) , à l'idée de restauration.
Hélas ! que de sphinx et de Pharaons ! Que de chefs-d'œuvre grecs ou romains! Que de statuettes de Tanagra, ont subi les soins déplorables de ceux
qui nous les ont transmises !
Source : Gallica

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