Charles Gounod

Définition et enjeux

Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

« Charles Gounod est arrivé il y a deux jours, et m’est venu voir au débarqué. Nous avons été ensemble faire visite à Liszt, qui va quitter Rome dans un mois pour rester quelque temps à Weimar. Dieu veuille que se dilatant comme musicien dans cette atmosphère allemande, il n’y perde rien comme chrétien. » Quelques jours après : « Je vois souvent mon cher Gounod ; sa santé est meilleure et son âme est toute bonne, partant tout heureuse. »
Ainsi toujours, dans le cœur du prêtre, le souci de l’âme de ses amis remportait sur le soin de leur gloire.
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Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 juin 1874

M. Gounod est un de ces délicats, un de ces curieux qui font le charme des périodes de transition, et son art me représente assez ce que l’art d’un Gérôme ou d’un Cabanel est dans la peinture du moment. Venu au lendemain des grands jours de Rossini et de Meyerbeer, il comprit qu’il fallait laisser reposer la couleur et chercher ses effets dans la demi-teinte ; le siècle avait donné tous ses génies, l’ère des Titans était close, la parole appartenait au talent, à l’esprit, à l’ingéniosité.
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Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

Désormais, c’est Gounod, plus que Liszt, plus que tout autre musicien, Gounod seul, avec qui Charles Gay, prêtre, puis évêque, sera lié jusqu’à sa mort.
A peine arrivé à Rome, le 7 décembre 1839, il écrit : « J’attends avec joie Charles Gounod : ce me sera une très douce et très utile compagnie. » Pour le jeune pensionnaire de la villa Médicis, la société du jeune séminariste allait être non moins douce et plus profitable encore.
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