“ Et quand on demande où est la Pensée Française, où elle s’exprime, à quoi on la reconnaît, je réponds qu’elle est partout, diffuse partout, dans les livres, dans les discours, dans toute action, dans tout travail, dans tout geste autour de nous ; jusque dans les villes, jusque dans les champs ; dans l’air aussi et dans le ciel, car les choses que l’on voit forment aussi les pensées. Chacun de nous, auteur ou lecteur, orateur ou auditeur, architecte ou maçon, chacun de nous a la Pensée Française en garde. ”
Française
Définition et enjeux
La notion de « Française » englobe une identité culturelle et linguistique profondément ancrée dans l’histoire et les pratiques sociales. Alain souligne sa présence constante dans la pensée et les comportements quotidiens, tandis que Gaston Boissier met en évidence la variété des langues selon les couches sociales.
Gustave Lanson explore l’Académie française et la purification de la langue, marquée par un raffinement intellectuel. Charles de Mazade, lui, insiste sur l’unité de la race française, mêlant génie et erreurs. Ces approches, issues de textes variés, révèlent une réflexion permanente sur la langue et l’identité, illustrant leur rôle fondamental dans la construction de l’histoire nationale.
Citations sur la Française
Gustave Lanson,
Histoire de la littérature française
“ L’Académie française et le Dictionnaire. Vaugelas : le bon usage. Appauvrissement et raffinement de la langue : langue intellectuelle, scientifique plutôt qu’artistique.1. LES PRÉCIEUX ET LA LANGUE FRANÇAISE. [1] L’intime identité de l’esprit mondain du xviie siècle et de l’esprit cartésien apparaît sensiblement dans la constitution de la langue. Ce fut avec une incroyable passion que la société polie s’appliqua à débrouiller, à perfectionner la langue : tous nos précieux et nos précieuses, marquis, magistrats, prélats, femmes, disputent sur le sens, le mérite, l’orthographe des mots. ”
Gaston Boissier,
L’Académie française au XVIIe siècle
“ La société française se compose de classes et de professions distinctes, qui ont chacune leur façon de vivre et de s’exprimer. Il y a la langue du palais, celle de l’Eglise, celle de l’université, et bien d’autres encore. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…
“ La race française, en somme, avec son génie, sa science, sa grandeur, ses fautes faisant pitié, ses infortunes qui affligent le monde, son passé splendide et son avenir mystérieux, constitue une unité, une force neuve et vivace comptant dans la vie de l’humanité, et aussi caractérisée qu’aucune des grandes faces de l’antiquité. ”
“ Étudiez non pas les « décadents », comme vous en avez évidemment l’habitude — les décadents sont des aliénés qui stationnent aux portes du sanctuaire et qui déroutent les néophytes, — mais étudiez les maîtres. Notre siècle si décrié, si calomnié, en compte peut-être plus que les autres. Jamais la langue française, malgré toutes les absurdités qui la compromettent journellement, n’est arrivée à une telle perfection dans les détails et à une expression aussi parfaite des plus délicates et des plus difficiles nuances. ”
Édouard Montpetit,
Au service de la Tradition française
“ Nous sommes Français, non seulement par la langue, mais par nos façons de sentir et de nous exprimer, par nos manières, par nos hésitations, par notre réserve, et, si vous voulez, par nos aimables défauts. ”
Victor Hugo devant l'opinion : presse française… (1885)
“ Pour nous, Français, depuis soixante-cinq ans, sa voix se mêle à notre vie morale intérieure et à notre existence nationale, à ce qu'elles ont eu de plus doux ou de plus brillant, de plus poignant et de plus haut, à l'histoire intime et à l'histoire publique de cette longue série de générations qu'il a charmées, consolées, embrasées de pitié ou d'indignation, éclairées et échauffées de sa flamme. ”
Édouard Montpetit,
Au service de la Tradition française
“ Vous nous apportez une fière leçon d’énergie et nous en reconnaissons tout le prix. Le travail persévérant et ordonné de votre vie et les sentiments si nobles qui l’accompagnent sont la marque de votre origine française. À vous regarder nous nous sentons plus confiants ; l’avenir s’offre largement à nos ambitions. ”
Pierre-Marie Le Mesl, Considérations philosophiques sur la langue française… (1834)
“ Si nous voulons augmenter l'effet, perfectionnons le moyen; si nous voulons que notre langue se répande avec plus de célérité, et augmente dans la même proportion notre influence morale et la sympathie des peuples, rendons-la aussi régulière que le comporte sa nature, en attendant le règne incertain d'une institution plus en harmonie avec nos besoins et avec nos facultés. ”
En petit comité : récits, contes et nouvelles (1880)
“ Mais, répliquai-je avec vivacité, si la nation française est si perverse qu'elle ait mérité de périr, pourquoi étudions-nous sa langue, pourquoi lisons-nous ses livres, pourquoi la copions-nous en tant de choses ? pourquoi les gens les mieux élevés parmi nous prennent-ils ses manières et ses modes? ”
“ Ils acceptent leurs origines avec fierté. De quoi vivons-nous et quelle est la raison fondamentale de nos attitudes ? Notre histoire française est notre orgueil, la source de notre émotion et de nos volontés. ”
E Saint Bris Musset, La Démocratie française et la distribution des prix aux élèves de la section polytechnique du 1er arrondissement… (1887)
“ Quand nous fera-t-on l'histoire de la société qui travaille, qui étudie, qui invente, qui se dévoue dans le silence, qui crée ces moeurs, ces relations de sympathie, de respect et d'assistance, cette culture, cet idéal ardent, mais discret de patrie et d'humanité, cette aisance enfin, qui forment le caractère général de la France? ”
Théodore Fabas, De la Tendance de notre époque vers la République… (1834)
“ Ce que tout le monde appelle les idées nouvelles, la philosophie moderne, idées et philosophie déjà mêlées à tout, qu'est-ce autre chose qu'une civilisation, dite moderne, ou philosophique, ou française, car le monde connaît ces idées sous le nom de françaises. ”
Jean-Jacques Le Franc de Pompignan, Oeuvres choisies de Le Franc de Pompignan… (1813)
“ Est-il extraordinaire que connoissant, comme il faisoit, et mieux qu'homme de son temps , le vrai génie de la langue française , ses beautés et ses délicatesses , il en ait revêtu sa poésie, et que ses acteurs, de quelque âge, de quelque rang , de quelque sexe , de quelque nation qu'ils soient , parlent toujours le français le plus poli et le plus élégant? ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1873)
“ Ainsi, tracer l'histoire d'une langue, c'est faire l'histoire morale de la nation qui la parle, l'histoire de son génie et de son développement intellectuel ; c'est assister à sa vie morale, en saisir sur le fait toutes les évolutions. ”
Académie française, Dictionnaire de l'Académie française…
“ Enfin, l'état même de la civilisation française, qui semble avoir marché par secousses, faisant effort, puis retombant, essayant une voie nouvelle, puis reculant, tour à tour active et découragée, prospère et malheureuse, l'état de cette civilisation semblerait se reproduire dans les phases diverses et courtes de l'idiome de nos pères. ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1866)
“ Le français moderne est une improvisation des érudits qui, la plume à la main, fabriquent en quelques années de réflexion, de comparaison, d'imitation, sous l'empire des caprices de la mode ou d'après l'inspiration de leur pédantisme, une langue qui parle aux yeux. ”
Johann Peter Eckermann,
Conversations de Goethe
“ Les Français se développent aujourd’hui, dit-il, et ils méritent d’être étudiés. Je mets tous mes soins à me faire une idée nette de l’état de la littérature française contemporaine, et si je réussis, je veux un jour dire ce que j’en pense. ”
“ Il faut que l’indomptable pensée française se réveille et combatte sous toutes les formes. L’esprit français possède cette grande arme, la langue française, c’est-à-dire l’idiome universel. La France a pour auditoire le monde civilisé. Qui a l’oreille prend l’âme. ”
Alfred Nettement,
Histoire de la littérature française sous la restauration 1814-1830
“ Les Considérations sur la France sont un ouvrage de circonstance qui est devenu un ouvrage durable par l’importance des questions sociales qu’il soulève, et par le sens profond avec lequel elles sont touchées. ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1866)
“ Ce sera l'une des gloires les moins contestables de notre époque et de notre pays que le mouvement enthousiaste et unanime de la France sous la Restauration vers la justice, la sagesse et la raison en politique, vers le vrai dans les œuvres d'imagination; généreuse ardeur du savoir, noble culte des grandes causes : après l'élan guerrier, l'élan intellectuel. 7. Le XVIIIe siècle, dans ses attaques contre tout ce qui était, n'avait respecté qu'une chose, la langue et la littérature; il employait avec un singulier scrupule toutes les formes classiques et traditionnelles. ”
Jeanbon Saint-André, Jean-Bon Saint-André, sa vie et ses écrits (1848)
“ Que la langue française, désormais devenue la vôtre, celte langue que tant d'auteurs justement célèbres ont embellie et perfectionnée, qui est celle de votre gouvernement et de vos lois, fasse chaque jour par vos soins des progrès rapides. ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1866)
“ A quelque moment qu'on la prenne, on peut dire que l'histoire de la langue d'un peuple révèle sa pensée, ses sentiments, ses émotions, ses croyances, sa valeur intellectuelle et morale, cause première et fin suprême de tout le reste. ”
Gustave Lanson,
Histoire de la littérature française
“ Elle écrit cette langue riche, pittoresque et savoureuse, que parleront tous ceux qui auront formé leur esprit dans la première moitié du siècle, et sans quitter jamais le simple ton de la causerie, elle y mêlera les mots puissants, qui évoquent les grandes idées ou les visions saisissantes. ”
Le Livret du petit français , par Gerbert (1891)
“ Français de naissance ? — Je veux dire que je suis né d'une famille française sur le sol français. — Qu'entendez-vous par ces mots : Français de coeur ? — J'entends par ces mots que j'aime la France de tout mon coeur. — Est-ce un devoir d'aimer sa patrie ? — C'est un devoir rigoureux et sacré. Ceux qui n'aiment pas leur patrie sont des traîtres. DEUXIÈME LEÇON —Quels sont vos devoirs envers la France ? ”
Marie-Joseph Dourlens, Mgr Dupanloup et extraits de ses oeuvres… (1875)
“ Travaillée par les grands hommes du XVII0 siècle, par tous ces génies si laborieux, si patients et si forts, la langue française sut joindre à l'exactitude et à la précision dans le langage, la gravité, l'énergie et même la majesté. ”
Pierre Dion, Cours élémentaire de prédication à l'usage des séminaires (1856)
“ Que les jeunes élèves apprennent à éviter la confusion des idées, l'affectation du langage, les phrases contournées, les inventions forcées; qu'ils prennent pour modèles les auteurs principaux du XVIIe siècle, le grand siècle littéraire qui fixa la langue française et lui donna pour première qualité la clarté. Notre langue est une langue essentiellement claire. ”
Jules Michelet,
Œuvres complètes de J. Michelet
“ L’histoire de France commence avec la langue française. La langue est le signe principal d’une nationalité. ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1873)
“ Par là on connaît un peuple dans ce que sa vie a de plus intime et de plus élevé ; on observe le reflet de son développement intellectuel, on étudie à leur source et à leur origine les principes de ses progrès et de sa grandeur. ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1866)
“ Ajoutez que si le langage subit l'influence de l'esprit, il exerce lui-même sur le développement de l'intelligence et de la moralité d'un peuple une influence telle, qu'étant donné les révolutions de l'esprit français à travers un développement littéraire de neuf cents ans, il est facile de discerner les principes bons et les principes mauvais qui ont agi sur notre civilisation. ”
Pierre-Marie Le Mesl, Considérations philosophiques sur la langue française… (1834)
“ Tous les mots qui seront affectés à la représentation des idées de vertus, auront le signe initial caractéristique du bien; tous ceux qui représenteront les idées de vices, auront le signe initial caractéristique du mal. Toutes les ramifications d'idées purement morales seront empreintes de ces caractères indélébiles, marques d'approbation et de réprobation. Si une langue bien faite n'est pas un remède universel aux aberrations que j'ai signalées, elle - contribuera, au moins, puissamment à rectifier nos idées, à fortifier notre raison, à éclairer notre jugement. ”
Eugène Labiche,
Le Voyage de monsieur Perrichon…
“ De quoi vous mêlez-vous ? (Ils se lèvent.) Le Commandant. — Pardon !... Pour moi, la langue française est une compatriote aimée... une dame de bonne maison, élégante, mais un peu cruelle... ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1873)
“ Le français du moyen-âge a des traits vigoureux pour le portrait du suzerain et du baron,des notes énergiques pour les misères du vassal et du serf, des nuances délicates pour peindre les attraits des dames, parfois même un accent sérieux et noble pour célébrer l'Église qui donne aux preux pardon et repos, aux vilains asile et protection. ”
Alexandre Dumas,
Le capitaine Paul
“ — Quoique quelques-unes de ces langues me soient aussi familières qu'à vous, monsieur, je préfère la langue française: c'est la langue des explications brèves et concises. ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1873)
“ Au milieu de l'enivrement de son succès, l'esprit français étend son empire sur tout le monde civilisé; la vieille Europe, aussi bien que le nouveau monde, apprend de la France le culte de la justice et de la raison, le respect des droits de l'homme et l'amour de la liberté. ”
Édouard Montpetit,
Au service de la Tradition française
“ Relisez la première page d’un livre de Taine et voyez comment, avant que de voter et pour éclairer sa religion politique, le grand philosophe voulut écrire les Origines de la France contemporaine. Nul ne finit à lui-même ; ne vivons pas seulement notre vie, mais aussi celle de la nation, celle du peuple dont nous sommes une part, quoi que nous fassions. ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1873)
“ Au XVIe siècle, un autre patronage releva la langue française, patronage tout-puissant dans nos mœurs et dans nos traditions, ce fut celui du roi, qui tout à la fois assurait à la langue un crédit singulier et lui faisait une loi de la précision, de l'exactitude et de la rigueur. ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1866)
“ C'est grâce à ces mérites de l'invention et de la vie que, si la langue des hommes de ce temps a passé, la simplicité, le naturel, la vivacité nerveuse du style des écrivains, rien de tout cela n'a passé, rien n'a vieilli, rien ne vieillira pour l'érudit et pour l'historien de nos gloires nationales. ”
Lucien Maury, Babel (2e édition) (1925)
“ Royaliste, bonapartiste ou révolutionnaire, catholique, protestant, ou athée, sentimental ou idéologique, il s'identifie à nos croyances, à nos engouements, à nos passions. Il est la passion française, tour à tour vouée aux exal- tations les plus diverses et capable des plus diverses entreprises. Il survit à toutes les politiques, et les inspire toutes. ”
Barrett Wendell,
La France d'aujourd'hui
(1910)
“ Nous allons nous occuper des manifestations du caractère national, en connexion avec quelques-uns des principaux intérêts de la vie française d'aujourd'hui la littérature, la religion et la politique. Commençons par la littérature. Une remarque peut immédiatement être faite. La vie et le caractère français, comme nous avons eu ici l'occasion de les étudier ne revêtent pas tout à fait l'aspect que les étrangers, et en particulier les AngloSaxons, imaginent le plus souvent. Au moins en Amérique, les Français sont tenus pour frivoles et dénués de principes. ”
Augustin Pellissier, La langue française depuis son origine jusqu'à nos jours… (1873)
“ Comines a toute la gravité d'un politique et d'un penseur, il transporte dans son langage les qualitég sérieuses de son esprit et donne à la prose française la dignité simple de l'histoire et de la philosophie. 16. Ainsi, des cendres de la langue qui s'éteint et semble mourir, le xv siècle fait sortir un idiome nouveau, mieux en rapport avec les besoins du temps et les tendances naturelles de l'esprit français. Déjà l'ordre succède au chaos du xivc siècle; une renaissance indépendante de toute influence étrangère est, l'œuvre propre du XVe siècle, c'est vraiment une Renaissance française. ”
Victor Hugo,
Oeuvres complètes de Victor Hugo…
“ Ceux qui observent avec un curieux plaisir les divers changements que le temps et les temps amènent dans l’esprit d’une nation considérée comme grand individu peuvent remarquer en ce moment un singulier phénomène littéraire, né d’un autre phénomène politique, la révolution française. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Tôt ou tard la splendide question de l’instruction universelle se posera avec l’irrésistible autorité du vrai absolu ; et alors ceux qui gouverneront sous la surveillance de l’idée française auront à faire ce choix : les enfants de la France, ou les gamins de Paris ; des flammes dans la lumière, ou des feux follets dans les ténèbres. ”
“ Plût au ciel que vous pussiez vous guérir aussi bien de la démangeaison d’écrire, qui est chez vous une maladie et non pas un don, croyez-m’en bien. Tout de même, tels que vous êtes, je vous aime suffisamment, en qualité de compatriotes, pour vous donner de salutaires conseils, qui ne seront pas écoutés, bien entendu, mais que je vous dois, afin d’empêcher, si possible, que vous déshonoriez, quelqu’involontairement et inconsciemment que ce soit, notre belle langue française, et que vous compromettiez, par vos scandales littéraires, l’honneur et la dignité de notre race. ”
Adolphe Ancelot, Études morales sur la société française… (1874)
“ A la France aussi, vous avez à refaire, pour qu'elle remonte au niveau d'elle-même, cette âme croyante et héroïque, dont l'humanité entière a suivi dans le passé , et attend aujourd'hui les impulsions. ”
