Résumé

Victor Hugo devant l'opinion : presse française… (1885)

Victor Hugo est mort. Le grand maître de la langue française, le poète dont la muse a célébré toutes les gloires comme elle a cherché à consoler toutes les misères, celui qui était entré tout vivant dans l'immortalité, celui que l'histoire a déjà placé à côté d'Eschyle, de Corneille, de Schiller et de Shakespeare, celui qui de son génie a illuminé la France pendant plus d'un demi-siècle, n'est plus depuis hier. Paris a pris le deuil aussitôt que la fatale nouvelle s'est répandue et tout le peuple français s'apprête à faire des funérailles royales à ce roi de la plume et de la pensée.
Source : Gallica

Victor Hugo devant l'opinion : presse française… (1885)

L'Humanité voit disparaître son apôtre le plus dévoué, son défenseur le plus ardent.
La République des lettres, dont il était le président inné, voit s'éteindre, avec ce grand génie, cette lumineuse intelligence qui éclairait les deux hémisphères.
Victor Hugo n'a pas été seulement le poète le plus illustre du dix-neuvième siècle, il a été encore le vengeur de la conscience humaine, le justicier des tyrans, l'ami des opprimés de tous pays.
La mort de cette esprit sublime, qui est entré vivant dans l'immortalité, puisqu'il a pu voir sa propre apothéose, est un deuil général.
Source : Gallica

Victor Hugo devant l'opinion : presse française… (1885)

A l'heure où la rue organisera une dernière manifestation en faveur du flatteur de la populace, des prières s'élèveront peut-être vers le ciel pour le poète vraiment grand qui a dû ses inspirations les plus sublimes à la Foi, à la Patrie, à la Famille, à la Charité. Sans doute, celui qui n'est plus aurait pu faire, au déclin de sa vie, un meilleur usage du génie merveilleux, du génie presque divin que le Créateur lui avait accordé ; il aurait pu prêcher la concorde et l'amour, au lieu de
semer la haine dans le cœur des déshérités.
Source : Gallica

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