Résumé

Gérard Seguin Oeuvres illustrées de Victor Hugo

Mirabeau, en effet, ce n’était pas seulement le taureau, ou le lion, ou le tigre, ou l’athlète, ou l’archer, ou l’aigle, ou le paon, ou l’aquilon, ou l’océan ; c’était, dans une série indéfinie de surprenantes métamorphoses, tout cela à la fois. C’était Protée.
Pour qui l’a vu, pour qui l’a entendu, ses discours sont aujourd’hui lettre morte. Tout ce qui était saillie, relief, couleur, haleine, mouvement, vie et âme, a disparu. Tout dans ces belles harangues aujourd’hui est gisant à terre, à plat sur le sol.
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Gérard Seguin Oeuvres illustrées de Victor Hugo (1853-1855)

Il y a cette différence entre sa littérature et celle du grand siècle, que Corneille, Molière et Pascal appartiennent davantage à la société, Voltaire à la civilisation. On sent, en le lisant, qu'il est l'écrivain d'un âge énervé et affadi. Il a de l'agrément et point de grâce, du prestige et point de charme, de l'éclat et point de majesté. Il sait flatter et ne sait point consoler. Il fascine et ne persuade pas. Excepté dans la tragédie, qui lui est propre, son talent manque de tendresse et de franchise. On sent que tout cela est le résultat d'une organisation et non l'effet d'une inspiration
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Gérard Seguin Oeuvres illustrées de Victor Hugo (1853-1855)

Or, ôtez Cromwel de la révolution d'Angleterre, otez Mirabeau de la révolution de France, vous ôtez peut-être des deux révolutions deux échafauds. Qui sait si la Jamaïque n'eût pas sauvé Charles Ier, et Batavia Louis XVI!
Mais non, c'est le roi d'Angleterre qui veut garder Cromwell; c'est le roi de France qui veut garder Mirabeau. Quand un roi est condamné à mort, la Providence lui bande les yeux.
Chose étrange, que ce qu'il y a de plus grand dans l'histoire d'une société tienne si souvent a ce qu'il y a de plus petit dans la vie d'un homme!
Source : Gallica

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