Résumé

Morceaux choisis des auteurs français… (1890)

Quel hagiographe a été plus simple, plus naïf, plus touchant que Michelet; quel poète, tour à tour plus familier et plus sublime, plus habile à nous donner cette illusion qu'il vit et que nous vivons avec ses personnages? Même poésie, même passion, mêmes amours et mêmes haines quand l'auteur peint l'insecte, la mer, l'oiseau, humble ou puissant, oppresseur ou opprimé, vautour, corbeau, alouette, hirondelle, même originalité, même imprévu dans le sentiment, le tour, l'expression; même richesse d'images, même coloris.
Source : Gallica

Morceaux choisis des auteurs français… (1890)

La tragédie, en nous transportant dans un monde idéal, nous élève au-dessus de nous-mêmes; elle émeut ce que notre nature renferme de plus noble et de plus grand, les instincts sympathiques. La comédie nous montre, au contraire, le monde tel qu'il est, dans sa vérité mesquine et triviale, et flatte secrètement le principe mauvais de l'individualité égoïste. En un mot, selon les anciens, la tragédie produit la terreur et la pitié, la comédie excite le rire.
Source : Gallica

Morceaux choisis des auteurs français… (1890)

Il n'en est pas de même du drame : tandis que l'histoire s'arrête devant l'obscurité qui lui dérobe une partie de l'homme, l'imagination, plus puissante, pénètre dans les tombeaux, et triomphe de la mort même. Ressuscitant les grands acteurs des temps passés, elle les replace dans la vie; elle leur redonne des pensées, des passions; elle les crée une seconde fois. Aussi la poésie doit-elle à cet admirable privilège d'avoir toujours passé pour une œuvre divine. Sa seule obligation, c'est de ne pas défigurer l'homme.
Source : Gallica

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