Mme de Sévigné

Définition et enjeux

Portrait de Jules Lemaître Jules Lemaître Les Contemporains, 6ème Série

Ce n’est point que la furieuse tendresse de Mme de Sévigné ne fût profondément sincère : mais il lui fallait, pour se déployer à l’aise, la mélancolie que laisse l’éloignement et l’illusion qu’il entretient. Elle pratiquait alors l’amour maternel comme un « sport » quasi tragique, où elle s’employait et se tendait toute.
Il y a, dans les pages brûlantes où elle traduit ce culte de dulie, de la gageure et de l’autosuggestion. Mme de Sévigné a passé sa vie à adorer une Ombre — comme sa grand’mère sainte Chantal. Et cela la détourna de mal faire.
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Pierre Clément Revue des Deux Mondes

Le mérite distingué de Mme de Sévigné vous était parfaitement connu. Ce n’est pas seulement une belle-mère que je regrette ; ce nom n’a pas accoutumé d’imposer toujours : c’est une amie aimable et solide, une société délicieuse ; mais ce qui est encore bien plus digne de notre admiration que de nos regrets, c’est une femme forte qui a envisagé la mort, dont elle n’a point douté dès les premiers jours de sa maladie, avec une fermeté et une soumission étonnantes.
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Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Une Visite aux Rochers - Mme de Sévigné en Bretagne

« Les grandes amitiés ne sont jamais tranquilles. » Volontiers on se représente Mme de Sévigné comme l’abbé Arnauld la vit un jour dans son carrosse souriante entre son fils et sa fille, semblable à « Latone au milieu du jeune Apollon et de la petite Diane. » Pendant quarante ans, elle garde cette attitude, elle s’absorbe dans cette passion de mère, d’autant plus vive qu’elle remplace toutes les autres. C’est Mme de Grignan qui éclipse son frère. Elle est la belle Madelon, la plus jolie fille de France, la reine de Provence, l’objet de toutes les pensées.
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