Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné

Élements biographiques

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres choisies (1870)

Je ne suis plus ni jeune ni jolie, on ne m'envie point ; je suis quasi grand'mère, c'est un état où l'on n'est guère l'objet de la médisance : quand on a été jusque-là sans se décrier, on se peut vanter d'avoir achevé sa carrière.
M. de Corbinelli vous dira comme je suis ; et malgré mes cheveux blancs, il vous redonnera peut-être du goût pour moi. Il m'aime de tout son coeur, et je vous jure aussi que je n'aime personne plus que lui. Son esprit, son coeur et ses sentiments me plaisent au dernier point.
Source : Gallica

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…

Je vous trouve heureux d’avoir devant vous le plaisir de le voir. Pour moi, j’ai derrière celui de l’avoir vu, dont je suis au désespoir ; car, en un mot, son esprit est fait pour plaire au mien. Je n’avois rien trouvé en son absence qui me pût consoler de lui. Il m’aime comme j’aime qu’on m’aime. Ainsi je perds ma joie et la douceur de ma vie en le perdant.
J’admire par quels enchaînements sa destinée le porte à deux cents lieues de moi, et son intérêt m’y fait consentir, contre le mien propre.
Adieu, Comte, écrivons-nous, et prenons courage contre nos ennemis.
Source : Wikisource

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…

Je ne vous ai point assez dit combien je suis contente de votre tendresse ; je ne vous ai point assez recommandée à M. de Grignan ; je ne l’ai point assez remercié de toutes ses politesses et de toute l’amitié qu’il a pour moi ; j’en attendrai les effets sur tous les chapitres : il y en a où il a plus d’intérêt que moi, quoique j’en sois plus touchée que lui. Je suis déjà dévorée de curiosité ; je n’espère de consolation que de vos lettres, qui me feront encore bien soupirer. En un mot, ma fille, je ne vis que pour vous. Dieu me fasse la grâce de l’aimer quelque jour comme je vous aime.
Source : Wikisource

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