Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné

Résumé

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…

Voilà ce que je voulois vous dire une fois en ma vie, en vous conjurant d’ôter de votre esprit que ce soit moi qui ait tort. Gardez ma lettre, et la relisez, si jamais la fantaisie vous prenoit de le croire, et soyez juste là-dessus, comme si vous jugiez d’une chose qui se fût passée entre deux autres personnes. Que votre intérêt ne vous fasse point voir ce qui n’est pas ; avouez que vous avez cruellement offensé l’amitié qui étoit entre nous, et je suis désarmée. Mais de croire que si vous répondez, je puisse jamais me taire, vous auriez tort ; car ce m’est une chose impossible.
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Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…

À vous qui aimez les détails, Madame, je m’en vais 1646 vous en faire un de notre campagne, c’est proprement à dire un éloge de Monsieur le Duc [2] .
Il fit d’abord le siége de Courtrai ;
Il y signala sa prudence ;
Sans elle (pour dire le vrai)
Nous fussions retournés en France.
Quoique tout cède à son grand cœur,
Que rien n’égale sa valeur,
Peut-être en a-t-on vu jadis d’aussi brillante ;
Mais il est encore inouï
Qu’à l’âge où la bile régente,
On ait été jamais aussi prudent que lui.
Il est certain, ma chère cousine, qu’on n’a jamais vu tant de conduite avec tant de jeunesse.
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Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…

Vous autres dames de prodigieux mérite, vous vous imaginez qu’il n’y a qu’à commander : nous autres malades, nous ne disposons pas ainsi de notre vie. Contentez-vous de faire mourir ceux qui vous voient plus tôt qu’ils ne veulent, sans vouloir faire vivre ceux qui ne vous voient point aussi longtemps que vous le voulez ; et ne vous prenez qu’à vous-même de ce que je ne puis obéir au premier commandement que vous m’avez jamais fait, puisque vous avez hâté ma mort, et qu’il y a grande apparence que pour vous plaire j’aurois de bon cœur vécu cent ans aussi bien qu’un autre.
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