Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné,
Lettres choisies de Mme de Sévigné
(1824)
“ La bonne d'Escars part avec moi; et comme le bien bon a vu qu'il pouvait mettre ma santé entre ses mains, il a pris le parti d'épargner la fatigue de ce voyage, et de m'attendre ici, où il a mille affaires; il m'y attendra avec impatience ; car je vous assure que cette séparation, quoique petite, lui coûte beaucoup, et je crains pour sa santé ; les serrements de cœur ne sont pas bons quand on est vieux. Je ferai mon devoir pour le retour, puisque c'est la seule occasion dans ma vie où je puisse lui témoigner mon amitié, en lui sacrifiant jusqu'à la pensée seulement d'aller à Grignan. ”
