Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné

Résumé

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres choisies de Mme de Sévigné (1824)

La bonne d'Escars part avec moi; et comme le bien bon a vu qu'il pouvait mettre ma santé entre ses mains, il a pris le parti d'épargner la fatigue de ce voyage, et de m'attendre ici, où il a mille affaires; il m'y attendra avec impatience ; car je vous assure que cette séparation, quoique petite, lui coûte beaucoup, et je crains pour sa santé ; les serrements de cœur ne sont pas bons quand on est vieux. Je ferai mon devoir pour le retour, puisque c'est la seule occasion dans ma vie où je puisse lui témoigner mon amitié, en lui sacrifiant jusqu'à la pensée seulement d'aller à Grignan.
Source : Gallica

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres choisies de Mme de Sévigné (1824)

Je ne veux pas vous en dire davantage présentement; les choses prématurées perdent leur force et donnent du dégoût.
Il n'est plus question d'aucun grand voyage; on ne parle que de Fontainebleau. Vous aurez très assurément M. de Vendôme cette année.
Pour moi, je cours en Bretagne avec un chagrin insurmontable; j'y vais, et pour y aller, et pour y être un peu, et pour y avoir été. Après la perte de la santé, que je mets toujours avec raison au premier rang, rien n'est si fâcheux que le mécompte et le dérangement des affaires : je m'abandonne donc à cette cruelle raison.
Source : Gallica

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres choisies de Mme de Sévigné (1824)

M. de Pompone est allé pour trois jours respirer à Pompone ; il a tout reçu, il a tout rendu : voilà qui est fait. Il me serre toujours le cœur, quand il me demande si je ne sais point de nouvelles ; il est ignorant comme sur les bords de la Marne : il a raison de calmer son ame tant qu'il pourra. La mienne a été fort émue, aussi bien que celle de l'abbé, de ce que vous écrivez de votre main : vous ne l'avez pas senti, ma chère enfant, il est impossible de le lire avec des yeux secs.
Source : Gallica

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