Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné

Résumé

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis (1820)

J'attends de vos nouvelles avec impatience; je sens le chagrin que vous avez eu de quitter votre château, et votre liberté, et votre tranquillité ; le cérémonial est un étrange livre pour vous.
Adieu, ma très chère et trop aimable; je suis entièrement à vous, et vous embrasse de tout mon cœur avec une tendresse infinie. Si M. de Grignan a le loisir de s'approcher, je l'embrasserai aussi, et lui demanderai des nouvelles de sa santé. Je suis au désespoir de n'être point en lieu de vous pouvoir rendre service à tous deux: c'est là ma véritable tristesse.
Source : Gallica

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis

À quel prix inestimable ai-je toujours mis les moindres marques de votre amitié ! En ai-je laissé passer aucune sans en être ravie ? Mais aussi combien me suis-je trouvée inconsolable quand j’ai cru voir le contraire ! Vous seule pouvez faire la joie et la douleur de ma vie ; je ne connois que vous, et hors de vous tout est loin de moi. La raison me rapproche plusieurs choses, mais mon cœur n’en connoît qu’une. Dans cette disposition, jugez de ma sensibilité et de ma délicatesse, et de ce que j’ai pu sentir pour ce qui m’a éloignée très-injustement de votre cœur.
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Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis

Que vous êtes excessifs en Provence ! tout est extrême, vos chaleurs, vos sereins, vos bises, vos pluies hors de saison, vos tonnerres en automne : il n’y a rien de doux ni de tempéré. Vos rivières sont débordées, vos champs noyés et abîmés, votre Durance a quasi toujours le diable au corps ; votre île de Brouteron très-souvent submergée. Enfin, ma fille, quand je songe à la délicatesse de la santé que vous opposez à tant de choses si violentes, je tremble ; 1679 et M. de Grignan, qui vous aime, ne tremble-t-il point aussi de tant d’inégalités [3] ?
Source : Wikisource

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