Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné

Résumé

Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…

Quand madame de Sévigné vit monter sa fille dans le carrosse de d’Hacqueville, elle était tellement éperdue de douleur, qu’elle était capable, dit-elle, de se jeter par la fenêtre. Dès que ses regards ne purent plus suivre la voiture, qui emportait son cœur et son âme, elle courut, « toujours pleurant et toujours mourant, » à Sainte-Marie, comme dans un cher refuge de son affliction. Elle y resta cinq heures, sans cesser de sangloter. Puis elle alla se jeter dans les bras de madame de la Fayette et lui demander les consolations de son amitié.
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Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…

Sa conversation est aisée, divertissante et naturelle ; elle parle juste, elle parle bien, elle a même quelquefois certaines expressions naïves et spirituelles qui plaisent infiniment ; et, quoiqu’elle ne soit pas de ces belles immobiles qui n’ont point d’action, toutes les petites façons qu’elle a n’ont aucune affectation et ne sont qu’un pur effet de la vivacité de son esprit, de l’enjouement de son humeur et de l’heureuse habitude qu’elle a prise d’avoir toujours bonne grâce. En effet, elle danse si merveilleusement qu’elle ravit les yeux et le cœur de tous ceux qui la voient...
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Portrait de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Lettres de Madame de Sévigné/Édition Monmerqué…

Vous êtes sensible à la gloire et à l’ambition, et vous ne l’êtes pas moins aux plaisirs : vous paroissez née pour eux, et il semble qu’ils soient faits pour vous ; votre présence augmente les divertissemens, et les divertissemens augmentent votre beauté, lorsqu’ils vous environnent. Enfin, la joye est l’état véritable de votre ame, et le chagrin vous est plus contraire qu’à qui que ce soit. Vous êtes naturellement tendre et passionnée ; mais, à la honte de notre sexe, cette tendresse vous a été inutile, et vous l’avez renfermée dans le vôtre, en la donnant à madame de la Fayette.
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