“ «Que fais-je dans le monde? Il n'est pas bon d'y demeurer lorsque les cheveux ne descendent plus assez bas pour essuyer les larmes qui tombent des yeux.»—«Dans l'année 1648, s'ouvrit la Fronde, tranchée dans laquelle sauta la France pour escalader la liberté.» ”
Fronde
Définition et enjeux
La Fronde désigne à la fois un instrument de jet ancien et un épisode important de l'histoire politique française au XVIIe siècle. Les auteurs l'ont abordée sous des angles divers : Jules Lemaître la considère comme un tournant vers la liberté, tandis que Victor Cousin la représente comme une série d'intrigues sans importance.
Han Ryner et Charles de Mazade mettent en évidence son influence sur le journalisme et la vie sociale, et Pierre Larousse en souligne l'origine universelle, liée à la lutte des sociétés primitives. L'analyse de la Fronde, qu'elle soit historique ou symbolique, révèle une opposition entre résistance et légèreté, illustrée par les récits de Sainte-Beuve et les réflexions de Gaston de Flotte sur ses figures humoristiques.
Citations sur “Fronde”
Han Ryner,
Le Massacre des Amazones
“ Quand on annonça la prochaine apparition de la Fronde, j'affirmai à mes amis que les femmes ne parviendraient pas à se montrer inférieures aux hommes dans la basse besogne du journalisme. Je me trompais: la Fronde, plus mal renseignée que l'Éclair ou le Matin, réussit—comment s'y prend-elle donc?—à être encore moins littéraire que le Journal et l'Écho de Paris.Juger les lettres féminines françaises sur la Fronde serait d'ailleurs injuste et appauvrirait singulièrement notre pauvreté. La Fronde n'a jamais eu Gyp, ni Mme Daudet, ni Max Lyan, ni Judith Gautier. ”
Victor Cousin,
Madame de Longueville : nouvelles études sur les femmes illustres et la société du XVIIe siècle
(1853)
“ Son seul tort envers La Rochefoucauld est ce court moment de légèreté et de coquetterie dans le voyage de Guyenne. C'est là sa vraie tache. Tout le reste de sa conduite dans la Fronde s'explique et se défend aisément au point de vue que nous avons marqué. Il ne faut d'ailleurs prendre au sérieux la conduite de personne dans la Fronde, car la Fronde n'est pas une chose sérieuse 1 : c'est une suite d'intrigues où personne n'a d'autre objet que l'intérêt, la vanité, le goût de l'importance, avec la galanterie et le plaisir. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 janvier 1858
“ Les Courriers de la Fronde nous font encore remonter cent ans en arrière pour nous conduire au milieu de cette société élégante et ferrailleuse où l’on était ami le matin et ennemi le soir, sans toujours bien savoir pourquoi et souvent par simple esprit de mode. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Portraits littéraires, Tome II
“ Quand Naudé vit la Fronde, il put être affligé, il n’en fut point surpris. Il avait de longue main, dans ses Rose-Croix, compté sur la badauderie des Français ; dans ses Coups d’État, s’il nous en souvient (chap. iv) , il avait peint la populace en traits énergiques et méprisants, que l’émeute présente semblait faite exprès pour vérifier. Si tout s’était borné à cette première Fronde, il y aurait eu plutôt encore de quoi s’en gaudir entre amis. ”
Gaston de Flotte, Bévues parisiennes, les journaux… (1860-1868)
“ Même ouvrage ( page 25 ) : « La Fronde était un anachronisme ; la guerre civile finit par des chansons ; ses principaux chefs sont des personnages de comédie ; la « Satire Ménippée a fait justice de leurs fanfaronnades . » – La Fronde pour la Ligue , c' est fort . M. Arsène Houssaye cite ainsi des vers de Britannicus : « Pour mérite premier , pour vertu singulière , « Il excelle à traîner un char dans la carrière . » Représentez -vous Néron ou Louis XIV traînant un char dans la carrière ! ”
Jules Vallès,
Jacques Vingtras
(1879)
“ Un polisson, le fils de l'aubergiste du Lion-d'Or, propose de faire sentinelle avec des pierres et une fronde dans la poche; on a l'ordre de lancer la fronde si l'ennemi s'avance en masse et de loin, de cogner avec la pierre dans sa main si l'on est surpris et saisi. ”
Frédéric Dillaye, Les jeux de la jeunesse : leur origine… (1885)
“ Tous les peuples, je crois, ont connu la fronde. Benjamin Morrell nous apprend que les habitants des îles Beigh se servent de frondes faites des fibres de l'écorce d'un arbre et mesurant trois pieds de long lorsqu'elles sont repliées. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ De là naquit la fronde, qui fut probablement inventée à l’origine même des sociétés : car les voyageurs modernes l’ont trouvée chez la plupart des nations sauvages de l’ancien et du nouveau monde. Les livres saints racontent que c’est avec un engin de ce genre que David tua le Philistin Goliath. ”
Adolphe Mazure, Dictionnaire étymologique de la langue française… (1863)
“ FRONDE, lat. funda, corde avec. laquelle on lance des pierres; fronder, blâmer, critiquer, par parti pris, harceler comme avec des pierres, non pas pour tuer mais pour blesser ; frondeur. — On fronde l'autorité , c'est pourquoi cette métaphore, d'attaquer de loin, par la fronde. — Cette acception de fronde, fronder, frondeur, est relativement récente, elle vient de la Fronde, faction politique sous la minorité de Louis XIY.Funda, de fundere. FRONT, lat. frons, la partie haute du visage, ce que les Grecs exprimaient trèsbien par le p.i,wr.c.v, le dessus des yeux. ”
Jules Verne,
Les voyages du Capitaine Cook
(1896)
“ Ils ne connaissent point l'arc pour les aider à décocher un dard, ni la fronde pour lancer une pierre, ce qui est d'autant plus étonnant que l'invention des frondes, des arcs et des flèches est beaucoup plus simple que celle des ouvrages que construisent ces peuples, et qu'on trouve d'ailleurs ces deux armes dans presque tous les pays du monde, chez les nations les plus sauvages. ”
Théodore Muret,
Histoire de Paris depuis son origine jusqu'à nos jours…
(1837)
“ La population frondeuse elle-même se divertissait de leur gaucherie à la manœuvre. Les chansons, les plaisanteries , les caricatures jouaient un grand rôle dans cette guerre. On s'en lançait de part et d'autre de toutes les espèces. On n'épargnait pas son propre parti. Marigny, Blot, les plus célèbres chansonniers de la Fronde, plaisantaient même leurs amis. Les principaux habitans de Paris formèrent un corps de cavalerie , appelé par les Frondeurs eux-mêmes , cavalerie des portes cochères. ”
Ad. van Bever , Les Poètes du terroir
“ Et son amour dedans son cœur. ↑ On cite encore parmi les poètes d’origine bourbonnaise Blot de Chauvigny, le fameux satirique de la Fronde. C’est une figure des plus caractéristiques, mais nous n’étonnerons personne en disant qu’il ne doit rien à sa province. ”
Catherine de La Guette, Mémoires de Madame de La Guette (1681)
“ Histoire de la guerre de Guyenne, page 15. Après la Fronde, craignant d’être sacrifié aux intérêts des chefs du parti, il fit sa paix particulière et fut renvoyé avec le prince de Conty en Catalogne. Il est mort lieutenant général. ”
Clair Tisseur , Le Littré de la Grand'Côte
“ Le Jacquot a beau franchicoter i sera toujou le fils d’un canut. — Fait sur français avec un suffixe péjoratif de fantaisie. FRANDE, s. f. — Corde qui sert à attacher le chargement des voitures. — De funda, fronde. FRANGIN, s. f. — Compagnon, camarade. Ce mot, que les petits journaux ont essayé d’acclimater dans le langage guignol, n’est pas lyonnais ; il est emprunté à l’argot des voleurs. C’est une formation fantaisiste sur frare, frère. FRAPPER (SE) , v. pr. — Se croire atteint d’une maladie qui entraine la mort. Le pauvre père Melasse est pormonique ”
Charles Wagner,
L'Ami: dialogues intérieurs
“ Il y a dans chaque jeune compagnon deux hommes. Un frondeur souvent d’apparence irrespectueuse, trouvant son plaisir à mettre en question ce qui est convenu, à contester l’autorité reconnue. Un disciple plein de déférence qui ne demande pas mieux que de suivre un maître. Le frondeur est gênant pour notre tranquillité. Mais il est nécessaire. Sa fonction consiste à empêcher les jeunes de devenir la chose des vieux. Le frondeur casse parfois les vitres ; mais ses méfaits profitent à la ventilation. Laissons le frondeur accomplir sa fonction ! ”
Ammien Marcellin, Marcellin, Jornandès, Frontin, Végèce…
“ Les frondeurs proprement dits sont ceux qui portent des frondes de lin ou de crin, matières très propres à cet usage : en faisant un certain tour de bras autour de la tête, ils lancent les pierres fort loin. ”
Martin Löpelmann, Choix de poésies politiques et satiriques du temps de la Fronde…
“ En lisant ce pamphlet, on croirait véritablement entendre les théories politiques d'un écrivain du 18e siècle. L'auteur inconnu de la NEUVIÈME satire ,Les charmans Effects des Barricades ou l'Amitié durable de la Compagnie des Frères Bachiques de Pique-nique' (Sign. Xt 7190/687) se présente comme un ennemi de la Fronde, bien que sous l'aspect d'un buveur. ,Surtout l'on bannira la fronde... Faisant comme chascun le sçait Tousjours plus de bruit que d'effet. Le glou-glou de nostre bouteille Resjouyra bien mieux l'oreille ... ”
Nicolas Goulas, Mémoires de Nicolas Goulas, gentilhomme ordinaire de la chambre du duc d'Orléans… (1879-1882)
“ Il n'avoit pourtant pas tort; plusieurs personnes fort qualifiées étoient de cette opinion que la Reyne ne devoit point encore céder à l'extravagance du peuple qui se lasseroit bientost de la Fronde, cabale insolente et détestable, dont il commençoit de connoistre le fond et les malheureux desseins de tes chefs ; et n'eut été la crainte de ”
Carmontelle,
Le frondeur, ou Dialogues sur le sallon…
(1785)
“ Le Frondeur. Je réponds à ces misérables manœuvres , qui font déséspérés de ne partager nuls éloges avec un Vincent, un Peyron, un Vernet, un Renaud , un Vien, un Menageot. A les entendre, le commerce des Tableaux va finir , & l'état fera perdu sans ressource , si l'on se moque tant foit peu d'un horrible Hercule , jouant avec des Anguilles , & d'une Alcmène digne tout au plus de les apprêter, parce que les yeux de cette Alcmène, pareils à deux esquiss échoués sous un rocher, font baisser l'œil le plus intrépide ”
John Grand-Carteret,
Popold II, roi des Belges et des belles devant l'objectif caricatural
(1908)
“ « signer », Le Frondeur observait assez durement : « Que diable, alors, qu'on achète une griffe, un tampon, cela remplacera -avantageusement le roi. Pour cent sous nous aurons quelque chose de très bien ! » — A propos de la manifestation de dimanche dernier, au Palais des Académies. Simple rapprochement prouvant ce que l'on gagne à se faire le domestique des Jésuites. (Le Frondeur, de Liége, 11 octobre 1884.) s Caricature relative, comme les précédentos, aux conséquences de la loi scolaire. A la suite de cette image, Le Frondeur publiait l'article qu'on va lire : Sifflé ! ”
Pierre Frondaie, L'eau du Nil (Édition definitive… (1935)
“ Un serviteur en livrée sombre, immense, un géant, se tenait derrière lui, portant une gerbe de roses : — Pami! dit Anne-Marie dans un recul. Mais déjà, le mari baisait sa main. Il expliqua avec un sourire : — J'ai calculé qu'arrivée hier à Marseille vous prendriez ce train-ci. Je suis content, vous me semblez en bonne santé. Pierre, immobile, le contemplait : ainsi, ce personnage funambulesque et tragique, c'était Wirsoq? Le peintre absorba la vision comme un poison. — Voilà l'ennemi! pensa-t-il. Et brusquement : — Voilà celui qui me l'a prise! ”
Pierre Frondaie, La femme de Iakof (1939)
“ « Un ami me téléphone de Rome. Il a besoin de moi pour quelques jours. Veuillez m'attendre, je reviens. » — « Vous nous raconterez ça en déjeunant. » — « Je ne déjeune pas, je suis pressé. » — « Vous êtes tout à fait fou! » avait répondu Mme Salerge, ahurie... C'est là qu'Astrel se félicitait de son parti pris de se taire, sinon que n'eût-il pas avoué, ou expliqué, pour la confondre : « Fou, quand je pars pour éviter... » La bonne dame en eût appris !... « Ouf ! pensa-t-il, le silence a du bon ! » Il le croyait encore ; il ne savait pas que la tante de Frédérique lui eût conseillé de rester. ”
Pierre Frondaie, L’Homme à l’Hispano (1924)
“ Georges aima cette pensée. Nicolaï, trop simple pour comprendre, se dit que lady Oswill était la maîtresse, que ces fanges lui appartenaient... Tout de même, il grommelait un peu : — Si c’était à moi, je nettoierais. Je parierais qu’au fond, il y a des cadavres ? On m’a raconté que l’étang avait englouti un braconnier. Il avait eu le malheur de plonger pour se sauver d’un garde... C’était sous Napoléon III. Stéphane répondit : — Laissons la nature à ses travaux... Si un homme est tombé là, il a depuis longtemps revécu sous l’espèce des plantes... ”
Pierre Frondaie, L’Homme à l’Hispano (1924)
“ Il est de ces minutes où l’homme dépossédé se brise en vain devant la femme qui le rejette. Il sentit la présence obscure de l’inconnu. Avec rage, dans un emportement rapide, il affirma : — Il n’y a pas d’amour ! Quand vous aurez trouvé l’amour, l’amour vrai, sans chiqué... alors, je vous tirerai mon chapeau. Elle lui jeta d’un trait : — Vous pouvez vous découvrir. Il y eut un temps. Ils étaient l’un devant l’autre, affrontés. Il regardait Stéphane et, mieux qu’à l’habitude, il voyait sa splendeur. À cette minute, il l’aurait achetée. Pourtant, il se sentit pauvre et sans armes. ”
Pierre Frondaie, L’Homme à l’Hispano (1924)
“ Il saisit les mains de Stéphane et les baisa avec dévotion, d’un mouvement brusque, dans une espèce de frénésie frémissante. Elle sourit, surprise. Alors, il releva la tête et vit qu’il l’étonnait. Il balbutia, sans bien savoir : — Vous ne pouvez pas comprendre mon émotion... Merci. Et, une seconde fois, il refit le même geste. Alors, elle répondit, un peu oppressée, plus rapide qu’à l’ordinaire : — Pourquoi ne puis-je pas comprendre ?... Votre voix a une sonorité à laquelle personne ne m’a habituée. C’est merveilleux de sentir encore un tel frémissement chez un homme comblé par la vie... ”
Felix Lope de Vega, Théâtre de Lope de Vega
“ Frondoso. J’ai voulu te donner une preuve de mon amour, pour te montrer ce que tu me dois. Du haut de ce coteau, j’ai vu partir le commandeur ; je n’ai plus pensé qu’à toi, et j’ai perdu toute crainte. — Puisse-t-il s’en aller en un lieu d’où jamais il ne revienne ! Laurencia. Point de malédiction ! Ignores-tu que ceux dont on souhaite la mort vivent plus longtemps ? Frondoso. S’il en est ainsi, qu’il vive des siècles ! et tout ira bien si, en faisant des vœux pour lui, il peut lui en arriver du mal. Mais, ma chère Laurencia, dis-moi, mon amour est-il présent à ta pensée ? ”
Pierre Frondaie, L'eau du Nil (Édition definitive… (1935)
“ Le soir, il y avait un grand dîner — full dress — au Cataract. Mme Wirsoq, en s'ha- billant, eut une brusque hilarité. Le grand bonheur de l'amour sourit plus volontiers qu'il ne rit : Pierre s'étonna de cette gaieté, survie d'une pensée inconnue. Elle redoubla cependant qu'Anne-Marie avait recours à lui pour remplacer la femme de chambre. Sa maîtresse le taquina : — Cherche... cherche ce qui peut me revenir à l'esprit et m'amuser... Il ne trouvait pas. Etait-ce ce noir tombé dans l'eau lorsqu'on revenait de Philæ? — Elle secoua la tête... ”
Pierre Frondaie, La femme de Iakof (1939)
“ Mais il souriait. Soudain, il prit son amie, la souleva comme s'il l'enlevait, et la reposa tendrement sur la base de l'embrasure. Elle riait d'un rire frêle, exténué, tout prêt à se changer en larmes bienheureuses, et certainement plus trouble qu'elle... Renaud le comprit, et, lui-même, frémissant, il se dominait : — Le dodo d'une petite fille sage ! plaisanta-t-il, en montrant, d'un geste léger, trop voulu, le lit étroit de Frédérique. Elle fit la moue et s'y jeta. Elle attendit. Alors Astrel, toujours dans le jardin et appuyé à la fenêtre, lui demanda : — Demain? ”
Pierre Frondaie, L’Homme à l’Hispano (1924)
“ On m’a rapporté qu’il est orphelin, qu’il a rang de conseiller d’ambassade et qu’il partait chasser le lion quand il a rencontré Stéphane. — S’il allait chasser le lion, c’est autre chose, s’exclama M. de Saint-Brémont en dévorant du chester qu’il arrosait d’un bon Sauternes. Ce n’est pas si bête. Le lion est un animal curieux et qui vaut vraiment le voyage. Et ce n’est pas un démocrate. — En tout cas, chère madame Rareteyre, interrompit M. de Sola, je vous conseille, quoi qu’il arrive, de refuser votre main à Oswill. Sa femme sait ce qu’elle fait en le quittant. C’est à peu près un insensé. ”
Felix Lope de Vega, Théâtre de Lope de Vega
“ Frondoso. Se peut-il qu’on donne la question à un enfant et qu’il nie avec cette constance ! Laurencia. C’est un bon peuple. Frondoso. Bon et fort. Le Juge. Qu’on mette cette femme sur le chevalet, et qu’on lui donne un bon tour de corde. Laurencia. La colère lui fait perdre le sens. Le Juge. Soyez sûrs, coquins, que je vous fais tous mourir dans les tourments. — Qui a tué le commandeur ? Pascale. Fontovéjune, seigneur. Le Juge, au bourreau. Serre. Frondoso. Efforts inutiles ! Laurencia. C’est Pascale qui nie. Frondoso. Il n’y a rien là d’étonnant. Des enfants ont eu la même force. ”
Pierre Frondaie, Le volontaire (1938)
“ Quant à lui, elle l'enchantera : c'est une dot que la jeunesse ! » Aglaïa ajoutait, fort cavalièrement, mais c'était bien de sa manière : « Cependant, ne tardez pas trop : c'est une affaire à enlever. » Lorenza se mit à pleurer. — Ah ! ça, tu es folle ! cria sa tante. Puis elle commença de gémir. — Allons à Rome, dit la jeune fille, soudain excédée de l'entendre. Toute la nuit elle réfléchit et pleura de nouveau dans l'ombre ses espérances et sa beauté. Maintenant, « elle allait à Rome ». Et c'est bien parce qu'elle y allait, afin de connaître Amilcare, qu'elle rencontra Giacomo. ”
Pierre Frondaie, L’Homme à l’Hispano (1924)
“ Elles ont de grands chiens qui se fâchent la nuit d’apercevoir la lune entre les peupliers. Georges, grandissant, prit l’habitude de supporter, le dimanche, la présence d’un homme gai dont il avait le nom. Ce mari, dans la semaine, faisait, à Paris, des affaires et la noce. Tandis qu’il les faisait, Georges rencontrait chaque jour, dans la villa, un autre homme. Moins gai, il caressait les cheveux de l’enfant et regardait sa mère avec tendresse, de ses yeux doux et passionnés. Auprès de cet inconnu, Georges riait moins qu’auprès de l’étranger du dimanche. ”
