Pierre Frondaie

Résumé

Pierre Frondaie Le volontaire (1938)

Quant à lui, elle l'enchantera : c'est une dot que la jeunesse ! »
Aglaïa ajoutait, fort cavalièrement, mais c'était bien de sa manière :
« Cependant, ne tardez pas trop : c'est une affaire à enlever. »
Lorenza se mit à pleurer.
— Ah ! ça, tu es folle ! cria sa tante. Puis elle commença de gémir.
— Allons à Rome, dit la jeune fille, soudain excédée de l'entendre.
Toute la nuit elle réfléchit et pleura de nouveau dans l'ombre ses espérances et sa beauté.
Maintenant, « elle allait à Rome ». Et c'est bien parce qu'elle y allait, afin de
connaître Amilcare, qu'elle rencontra Giacomo.
Source : Gallica

Pierre Frondaie Le volontaire (1938)

Si je suis tué, ma mort vaillante illustrera mon repentir. Tu resteras auprès de mon père : puisqu'il a compris notre amour et nous l'a déjà pardonné, il ne verra en toi que sa fille ; vous serez unis dans mon souvenir. Si mon père est tué et pas moi, sa grandeur sera notre guide. Si toi seule demeure de nous trois, il t'appartiendra, Lorenza, de vivre en un chaste silence, et d'apprendre à prier pour les Mazzuccato.
Il reste une dernière hypothèse, celle où je verrais à Barcelone que le fascisme m'a abusé. Alors, je reviendrais, Lorenza, nous fuirions l'Europe à jamais.
Source : Gallica

Pierre Frondaie Le volontaire (1938)

Ce qu'elle avait entendu de la bouche d'Ortensia, la voix brisée de sa jeune amie, tout lui semblait sonner le tocsin, peut-être le glas de Lorenza. Elle courait à son secours, et avec d'autant plus de passion, qu'elle s'accusait, dans sa bonne foi, d'avoir déclenché le malheur d'une petite fille innocente. C'était à la fois vrai et faux. Les suites de l'erreur d'Aglaïa prouvaient seulement que nos actes, les moindres et les plus chétifs, ne devraient jamais s'écarter de l'essentielle vérité : rien ne se construit sur le mensonge.
Source : Gallica

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