Résumé

Portrait de Paul Hazard Paul Hazard Revue des Deux Mondes

L’ambassadeur eut son idée stratégique : il pensa qu’il n’était pas possible que les deux pays fussent ennemis ; il pensa que les faits eux-mêmes avaient tort, et que la réalité n’était pas vraie. Il n’est pas toujours facile de ramener les choses qui sont, à ce qu’elles devraient être : c’est pourtant cette bataille pour l’idéal que M. Barrère voulut tenter. Il comprit l’instinct profond qui, en Italie, travaillait pour la France, parce qu’il portait en lui un instinct profond qui travaillait pour l’Italie. Rome le jugeait trop Français, et Paris trop Italien : fort bien.
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C’est là le meilleur de nos gains, celui qui nous permet d’envisager l’avenir avec sécurité. Nous vivrons, parce que nous voulons vivre, et que nous aurons désormais, avec la clairvoyance, l’énergie nécessaire pour en assurer les moyens. Déjà nous avons commencé à le faire : n’est-ce pas dans la reconstitution de la famille que les jeunes Français de France, comme instinctivement, cherchent le salut de la patrie en même temps que l’équilibre de la société ? L’expansion de la langue française dépend de la vitalité de la France, et c’est pour cela qu’elle est assurée.
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Mais voici qu’elle recommence de ville en ville : une pièce plaît à Naples, et déplaît à Rome ; à Turin, elle est portée aux nues, elle tombe à Milan ; le public de Venise est charmé, celui de Florence fait la moue. Pas de capitale du goût, pas de ville-lumière qui impose à l’obscure province ses arrêts définitifs : sans s’inquiéter du jugement de ses voisines, chaque ville, presque chaque bourgade, conserve la liberté d’applaudir ou de huer : tant restent vivaces, d’un bout à l’autre du pays, depuis Trapani jusqu’à Côme, les caractères originaux.
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