Résumé

Stendhal - Rome, Naples et Florence…

La vue du bonheur produit le sourire ; c’est la vue soudaine d’un de nos avantages sur le voisin qui produit le rire. À mon grand étonnement, c’est le sourire qui règne dans le Milanais ; en France, c’est le rire. La vanité donne une tendance générale à la plaisanterie ; le paysan français fait des plaisanteries, même tout seul, et il s’en amuse ; mais l’envie gâte tout.
Cependant, je crois la France le pays le plus heureux de l’Europe : c’est-à-dire on y a tout le matériel du bonheur ; le règne des partis empêche peut-être un peu de le sentir.
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Stendhal - Rome, Naples et Florence…

Je souhaiterais aux Français la bonhomie de la Lombardie.
Le grand trait du bonheur de la France, c’est que l’industrie y est bien et sûrement récompensée. En Italie, un manufacturier élève un bâtiment, achète des ustensiles, met dehors un capital considérable, c’est autant de prise qu’il donne au pacha voisin : il en est plus esclave ; il faut qu’à tout prix il se mette bien avec le pacha. L’Italie, n’ayant presque pas eu de domaines nationaux, n’a pas, comme la France, à s’enorgueillir du bonheur de dix millions de paysans heureux, parce qu’ils sont petits propriétaires.
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Stendhal - Rome, Naples et Florence…

Ce sentiment jacobin vient sans doute d’Alfieri et des Français. Nous sommes adorés d’un bout de l’Italie à l’autre : les peuples n’aiment un peuple que par suite de la haine qu’ils ont conçue contre un autre.
Que dirai-je de deux matinées passées tout entières dans l’atelier du marquis Canova, jusqu’à avoir un mal à la tête fou ? Pour le sentiment du beau, dans les arts et dans la nature, en France, l’on tire le meilleur parti possible d’un petit filet d’eau : ici, c’est un fleuve immense ; il est vrai que les arbres plantés sur ses bords ne sont pas alignés.
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