Vittorio Alfieri

Définition et enjeux

Portrait de Vittorio Alfieri Vittorio Alfieri De la Tyrannie

La tyrannie est si contraire à notre nature, qu’elle renverse, affaiblit, ou détruit dans l’homme presque toutes les affections naturelles. Nous n’aimons pas la patrie, parce qu’elle n’existe pas ; nous n’aimons pas nos parens, notre épouse et nos enfans, parce que toutes ces choses ne nous appartiennent pas avec sécurité ; nous ne connaissons pas de vrais amis, parce qu’un simple épanchement de cœur sur des choses importantes, peut changer un ami en un délateur récompensé, ou même encore trop souvent, en un délateur honoré.
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Paul Sirven Vittorio Alfieri VI (1947)

Cependant là où Vittorio Alfieri se distingue le plus nettement de son prétendu modèle, c'est dans la peinture qu'il fait du roi Saül. Le Saul d'Alfieri n'a pas la vérité d'une Athalie ou d'un roi Lear, mais il vit, il existe. Celui de l'abbé Nadal est nul, ou, ce qui est pire, il est plat. Le Saul d'Alfieri se sent abandonné de Dieu, mais il garde dans son attitude de réprouvé une grande dignité ; il ne se repent pas d'avoir épargné le roi Agag ; il s'en fait honneur. Le Saül de l'abbé Nadal passe son temps à s'humilier devant les jugements divins.
Source : Gallica

Portrait de Vittorio Alfieri Vittorio Alfieri De la Tyrannie

La crainte naît dans l’homme, de l’incertitude dans laquelle il vit ; et cette crainte continuelle produit deux effets contraires, ou un amour excessif, ou une très grande indifférence pour la chose que nous craignons de perdre. Comme nous avons toujours à craindre, sous la tyrannie, pour nous et pour tout ce qui nous appartient ; et comme la nature veut que nous nous aimions plus que toute chose, il arrive de là que nous craignons beaucoup pour nous-mêmes, et chaque jour beaucoup moins pour les choses qui nous appartiennent, mais qui ne sont pas immédiatement à nous.
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