“ Elle aime mieux l’absence d’Oreste que la présence de quoi que ce soit d’autre. Oreste devait la délivrer de son esclavage, des haillons, du travail servile, de la saleté, de la faim, des coups et d’humiliations innombrables. ”
Oreste
Définition et enjeux
Oreste, figure tragique de la mythologie grecque, incarne le conflit entre devoir familial et justice divine, notamment dans l’Orestie d’Eschyle. Ce personnage, marqué par la vengeance contre sa mère Clytemnestre, a inspiré de nombreux auteurs à travers les âges. Simone Weil le présente comme un symbole de délivrance, tandis que Xavier de Maistre souligne son rôle dans les récits épiques anciens.
Voltaire, dans ses œuvres théâtrales, explore sa quête de rédemption, et Crébillon évoque ses tourments avec une intensité poétique. Ces approches variées, allant de l’analyse philosophique à la dramaturgie, révèlent la pérennité du mythe d’Oreste dans la culture occidentale.
Citations sur “Oreste”
Xavier de Maistre,
Voyage autour de ma chambre
(1882)
“ J'aime sur-tout les poëtes qui me transportent dans la plus haute antiquité : la mort de l'ambitieux Agamemnon, les fureurs d'Oreste, et toute l'histoire tragique de la famille des Atrées persécutée par le ciel, m'inspirent une terreur que les événemens modernes ne sauraient faire naître en moi. Voilà l'urne fatale qui contient les cendres d'Oreste. Qui ne frémirait à cet aspect ? Electre ! malheureuse sœur, appaise-toi, c'est Oreste lui-même qui apporte l'urne, et ces cendres sont celles de ses ennemis. ”
Madame de Staël,
De l’Allemagne
(1810)
“ C’est l’admiration, et non le pathétique qui est le ressort d’une telle tragédie ; on croit entendre en l’écoutant un chant d’un poëme épique, et le calme qui règne dans tout l’ensernble gagne presque Oreste lui-même. La reconnoissance d’Iphigénie et d’Oreste n’est pas la plus animée, mais peut-être la plus poétique qu’il y ait. ”
Prosper Jolyot de Crébillon,
Œuvres de M. de Crébillon
“ Qu’ai-je vu ? Mais, hélas ! Qu’ai-je appris ? Oreste ne vit plus ; tout veut que je le croie, Le trouble de mon cœur, les pleurs où je me noie ; Il est mort : cependant, si j’en crois à mes yeux, 1120Oreste vit encore, Oreste est en ces lieux. Ma douleur m’entraînait au tombeau de mon père Pleurer auprès de lui mes malheurs & mon frère : Qu’ai-je vu ? Quel spectacle à mes yeux s’est offert ? Son tombeau de présents & de larmes couvert ; 1125Un fer, signe certain qu’une main se prépare À venger ce grand roi des fureurs d’un barbare. Quelle main s’arme encor contre ses ennemis ? ”
Auguste Bouché-Leclercq,
Histoire de la divination dans l'antiquité…
(1879-1882)
“ Bien des cultes se disputaient l' honneur d' avoir coopéré au salut d' Oreste : aussi la légende le fait -elle voyager dans une foule de directions . On le rencontre à Delphes , à Athènes , à Gytheion , à Trœzen , en Tauride , en Messénie , en Épire et jusqu' en Italie . Mais la tradition immortalisée par l' Orestie d' Eschyle distingue dans le crime d' Oreste la souillure de l' âme , qui est effacée par le dieu de Delphes , et la responsabilité sociale dont le coupable est déchargé par le vote de l' aréopage . ”
Amélie Chevalier, Les voyageuses au XIXe siècle
“ Les infortunes d’Oreste, immortalisées par le poète grec dans un drame grandiose et douloureux, ont attaché à jamais leur souvenir à cette côte sauvage et déserte. Aussitôt que Mme de Hell put distinguer la ligne de rochers qui se dessinait vaguement à l’horizon, elle demanda qu’on lui montrât le cap Partheniké, où la tradition place l’autel de la déesse farouche à laquelle la prêtresse Iphigénie fut sur le point de sacrifier son frère. ”
Amédée Thierry,
Revue des Deux Mondes
“ Oreste appartenait à cette classe de gens, fort nombreux alors, qu’une ambition impatiente et le goût fiévreux des aventures poussaient du côté des Barbares, et qui avaient dans le cœur juste assez de loyauté pour trahir fidèlement leur patrie au compte du Barbare qui les payait. ”
Voltaire,
Théâtre choisi de Voltaire
(1823)
“ Glaive affreux, fer sanglant, qu'un outrage nouveau Exposait en triomphe à ce sacré tombeau, Fer teint du sang d'Oreste, exécrable trophée, Qui trompas un moment ma douleur étouffée ! Toi qui n'es qu'un outrage a la cendre des morts,; Sers un projet plus digne , et mes justes efforts. Égisthe, m'a-t-on dit, s'enferme avec la reine ; De quelque nouveau crime il prépare la scène ; Pour fuir la main d'Electre, il prend de nouveaux soins; A l'assassin d'Oreste on peut aller du moins. ”
Voltaire,
Correspondance, VII (1756-1758…
“ Je suis persuadé, et je le serai jusqu’à ce que l’événement me détrompe, qu’Oreste réussirait beaucoup à présent ; chaque chose a son temps, et je crois le temps venu. Je ne vous dirai pas que ce succès me serait agréable, je vous dirai qu’il me serait avantageux ; il ouvrirait des yeux qu’on a toujours voulu fermer sur le peu que je vaux. Si vous pouviez, mon cher ange, faire jouer Oreste quelque temps après Sémiramis, vous me rendriez un plus grand service que vous ne pensez. Vous pourriez faire dire aux acteurs qu’ils n’auront jamais rien de moi avant d’avoir joué cette pièce. ”
Hippolyte Barbedette, Gluck : sa vie, son système et ses oeuvres (1882)
“ Oreste s'accuse d'avoir conduit Pylade à la mort: il demande aux dieux d'entr'ouvrir les abîmes pour l'engloutir et punir ainsi son crime; tout ce que chante Oreste est passionné et dramatique à l'excès. L'air de Pylade désigné : unis dès la plus tendre enfance, est, au contraire, d'un coloris mélancolique et touchant. Quand on veut séparer les deux amis, Oreste s'emporte : Dieux protecteurs de ces affreux rivages, dieux avides de sang, tonnez, dit-il, et sur ce mot : tonnez, un trait précipité des violons va glacer d'épouvante l'âme des auditeurs. ”
Alexandre Dumas,
La Reine Margot
“ Il n’est pas que Votre Altesse, versée dans les auteurs de l’antiquité comme elle l’est, ne connaisse l’histoire touchante d’Oreste et de Pylade, qui étaient deux héros fameux par leurs malheurs et par leur amitié. Mon ami La Mole n’est pas moins malheureux qu’Oreste, et moi je ne suis pas moins tendre que Pylade. ”
Jules Girard, Revue des Deux Mondes
“ L’Orestie, où toutes les horreurs de la destinée des Atrides, les meurtres, l’adultère, l’inceste, le parricide, sont exposées avec une merveilleuse puissance, a pour terme l’acquittement d’Oreste, soustrait à la loi de l’hérédité du crime, et la révolution qui transforme les ministres de cette loi, les Erinnyes, en Euménides, c’est-à-dire en divinités bienveillantes. ”
Ovide,
Oeuvres diverses.... Partie 3
(1871-1872)
“ Si tu sais bien compter, Parmi les descendants de Jupiter lui-même, Oreste, tu verras que tu viens le cinquième. La vaillance non plus ne te fait pas défaut, Et si tu combattis pour une triste cause, Pouvais-tu l'éviter? l'affirmer, nul ne l'ose; Ton père en avait fait autant un peu plus tôt. Cher Oreste, en cela, je plains ta destinée ; Oui, tu méritais mieux : j'aurais voulu pour toi Que ton mâle courage eût un meilleur emploi. Mais du combat la cause, elle te fut donnée, Tu mihi, quod matri pater, es : quas egerat olim Dardanius partes advena, Pyrrhus agit. ”
Épictète,
Les Entretiens d’Épictète
“ Et, après cela, nous dirons qu’Oreste était poursuivi par des Furies qui l’arrachaient à son sommeil, et nous ne dirons pas que des Furies et des divinités vengeresses, autrement terribles, réveillaient Epicure, quand il dormait, ne lui permettaient pas de reposer, et le forçaient à révéler lui-même ses misères, comme la colère et l’ivresse font pour les Gaulois! Voilà la force invincible de la nature humaine. ”
Émile Montégut, Le Journal d’un Poète, Alfred de Vigny
“ Oreste est le meurtrier de sa mère, et ce ne sont pas les dieux qui lui refusent pardon, c’est la justice des instincts de l’humanité, représentée par les antiques déesses, nées en même temps que l’homme et impitoyables dans leur vengeance, comme il a été impitoyable dans ses haines. ”
Ch. Flor O'Squarr, Les fantômes, étude cruelle
“ Oreste fuyait sous la persécution des Erynnies, courait comme un aliéné en jetant à la nature entière les cris furieux de son épouvante. Mais c'était à une époque où l'homme, incapable encore de raison, avait besoin de contempler des images pour comprendre, de donner une forme, une couleur visible aux réalités invisibles. ”
“ Quant à Oreste, à qui tu veux donner la mort en le surprenant sur les flots, déjà Neptune, en ma faveur, a calmé la surface de la mer ; il a guidé lui-même la marche de son navire. Toi donc, Oreste, écoute mes ordres (car, malgré ton éloignement, tu entends la voix d’une déesse ) : poursuis ta route, accompagné de la statue et de ta sœur Iphigénie. Lorsque tu seras arrivé dans Athènes, bâtie par une main divine, il est sur les confins de l’Attique un lieu sacré, voisin du rivage de Caryste ”
Giuseppe di Ferrer, Mémoires critiques sur l'Orient… (1845)
“ Le silence profond du désert et la vue des pyramides vous impressionnent; il semble qu'elles vous rappelle la vénération dont les anciens peuples étaient pénétrés pour les morts. Aujourd'hui c'est différent, la civilisation qui est si avancée regarde la mort d'un homme comme les poètes anciens regardaient les aventures d'Oreste sur la scène où nous naissons tous pour mourir. ”
Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque (1850)
“ Elle a vu Oreste, les mains dégoûtantes de sang, et, autour de lui, les Furies qui dormaient accablées par la fatigue. Oreste sort, conduit par Apollon, et va chercher un nouvel asile, où les Furies puissent le laisser en repos. L’ombre de Clytemnestre paraît, et tire les Furies de leur sommeil. Rien ne saurait rendre ni le terrible réveil de ces êtres affreux, ni l’accent infernal de leurs chants. Apollon les chasse de son sanctuaire. Alors la scène change, et nous voyons le temple de Minerve et la colline de Mars. Nous sommes à Athènes. Oreste tient embrassée la statue de la déesse. ”
Simone Weil,
La Source grecque
“ Voyez Oreste que voici, qui avait trouvé moyen d’être mort, qui maintenant a trouvé moyen d’être sauvé ! Si on pense qu’Électre est l’âme humaine exilée ici-bas, tombée dans le malheur, et qu’Oreste est le Christ, combien poignantes deviennent des paroles d’Oreste comme : ... ”
“ Oreste. Les dieux, qu’on appelle sages, ne sont pas moins trompeurs que les songes légers. Une grande confusion règne dans les choses divines et dans les choses humaines. Une seule chose subsiste : c’est que, sans être dans le délire, il a cru aux oracles des devins, et il a péri de la mort que renaissent ceux qui en ont le secret. ”
Delphine de Girardin,
Lettres parisiennes
“ Jadis Oreste, soutenu par son ami Pylade, poussant des hurlements horribles, écumant de rage, les yeux égarés, les traits renversés, les bras convulsifs, était un personnage intéressant, une victime des enfers, un malheureux poursuivi par les Euménides. Aujourd’hui, grâce aux progrès de la science qui ne le guérit pas, Oreste furieux n’est plus qu’un pauvre diable qui tombe du haut mal et que l’on enferme dans un hospice. ”
La Muse française, 1823-1824..… (1907-1909)
“ Me poursuit, et soudain, par son char effleuré, A travers les débris, le mien roule égaré; Tandis que, les frappant de l'aiguillon sonore, Il sollicite au but ses coursiers qu'il implore. 45 Pourquoi faut-il, hélas, que son regard pieux Ait salué l'autel élevé pour les dieux ? Il ne put voir à temps sa roue étincelante Heurter de cet autel la base chancelante; Affaibli par la course et sa rapidité, 5o Le char, brisé, s'abat. Sous les rênes jeté, Oreste, en s'agitant, se relève, retombe, Et ses coursiers vainqueurs le traînent à la tombe. D'Oreste, tout sanglant, j'aperçois le péril ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ Jaloux des succès de leurs compatriotes, dont les armes victorieuses avaient acquis des établissemens héréditaires en Espagne, en Afrique et dans la Gaule, ils exigèrent qu’on leur partageât sans délai le tiers des terres de l’Italie, Oreste, avec un courage qui, dans un poste plus légitimement acquis, lui eût mérité toute notre estime, aima mieux s’exposer à la rage d’une multitude armée, que de souscrire la ruine d’un peuple innocent. ”
Bernard Jullien, Petit traité de rhétorique et de littérature (1856)
“ Le sort m'offrit alors l'aimable Iphianasse, Et ma haine bientôt à d'autres soins fit place. Ses pleurs, son désespoir, Itys près de périr, Quels objets pour un cœur facile à s'attendrir ! Oreste ne vit plus; mais pour la sœur d'Oreste, Il faut de ses Etats conserver ce qui reste, Me disais-je à moi-même, et loin de l'accabler, Secourir le tyran qu'on devait immoler; Je chasserai plutôt Égisthe de Mycènes Que d'en chasser les rois de Corinthe ou d'Athènes. ”
Alfred Louis Riquier, Histoire grecque. Cours élémentaire d'histoire et de géographie à l'usage de la jeunesse… (1865)
“ Oreste, son fils, ne tarda pas à punir le crime de ses meurtriers ; il tua de sa main gistbe et sa propre mère, et les récits des Grecs nous le montrent poursuivi sans relâche par les Furies, vengeresses du parricide. A défaut de la paix du cœur, que ses remords lui ôtaient, il eut la puissance. Héritier de son père à Mycènes, de son oncle Ménélas à Sparte, il reçut en outre la soumission volontaire du royaume d'Argos et de la plupart des villes d'Arcadie ; au nord, Corinthe et Sicyone étaient ses tributaires. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Atlas universel d'Histoire et de géographie contenant 1° la chronologie… (1872)
“ Les mercenaires barbares au service de l'empire d'Occident, se révoltent, sur le refus du patrice Oreste de leur livrer le tiers des terres de l'Italie. Odoacre, peut-être de la nation des Hérules, se met à leur tête, renverse Oreste, qui est mis à mort, dépose Augustule, prend le titre de roi d'Italie et lixe sa résidence à Ravenne. — Fin de l'empire romain d'Occident. — Odoacre cède la Sicile aux Vandales, renvoie les ornements impériaux à l'empereur Zénon et demande le titre de patrice. ”
François de La Place, Leçons françaises de littérature et de morale… (1820)
“ Oreste est fugitif, et moi, je suis esclave ; Et ce lâche oppresseur, Egisthe, qui nous brave, v Qui s'assied sur ton trône et rit de nos soupirs, Livrant aux voluptés ses coupables loisirs, Riche de tes trésors, tranquille sur sa proie, Dévore insolemment les dépouilles de Troie. Mon père , entends ma voix ; fais qu'Electre à jamais Eloigne de son cœur l'exemple des forfaits, Des destins ennemis supporte les injures, Et conserve des mains innocentes et pures. ”
Eduard Jacobi, Dictionnaire mythologique universel… (1863)
“ Mais si l'Électre satisfait peu le lecteur, comparée à la grande composition du poëte d'Éleusis, on y remarque avec intérêt le progrès des idées morales; Oreste n'est plus seulement, comme dans Eschyle, un fils qui recule devant sa mère, au moment de l'égorger, c'est un païen à demi sceptique, qui traite nettement Apollon d'insensé. — Dans l'Oreste, Euripide représente ce héros en proie aux Furies vengeresses. Electre veille sur lui. Les citoyens d'Argos s'assemblent pour les juger tous deux. Ménélas. trahissant leurs intérêts, les laisse condamner à mort. Pylade n'abandonne point son ami ”
Loÿs Delteil,
Catalogue raisonné de l'oeuvre lithographié de Honoré Daumier
(1904)
“ III. — « O ui ! puisque je retrouve un ami si fidèle» « Ma fortune va prendre une face nouvelle » (Andromaque.) Scène à deux personnages : un gros homme court costumé à l'antique — Oreste — lève vers le ciel un regard inspiré et pose les mains sur les épaules d'un autre personnage — Pylade — qui, le poing sur la hanche, paraît attendre, pour parler, qu'Oreste ait terminé sa tirade. A G., h. D., et à D., 1235. L., 240. H.,200. « Le Charivari. 4 février 1848. » RRR. 1er état : Avant la lettre. La légende écrite au crayon lithographique, par Daumier. ”
Voltaire,
Théâtre choisi de Voltaire
(1823)
“ Ceux même dont Égisthe est toujours entouré, A ce grand nom d'Oreste ont déjà murmuré. J'ai vu de vieux soldats, qui servaient sous le père, S'attendrir sur le fils , et frémir de colère : Tant aux cœurs des humains la justice et les lois Même aux plus endurcis font entendre leur voix ! ÉLECTRE. Grands dieux! si j'avais pu dans ces âmes tremblantes Enflammer leurs vertus à peine renaissantes , Jeter dans leurs esprits , trop faiblement touchés , Tous ces emportemens qu 'on m 'a tant reprochés! i Si mon frère , abordé sur cette terre impie, M'eût confié plus tôt le secret de sa vie ! ”
Voltaire,
Correspondance, V (1749-1753)
“ On va jouer incessamment Oreste. J’ai un besoin pressant du Pausanias de M. l’abbé Gédoin, pour ne point faire de fautes contre la géographie des Grecs, et des œuvres de La Grange [2] , pour ne pas me rencontrer avec lui. ”
Adrien-Thomas Perdou de Subligny, La folle querelle ou La critique d'Andromaque (1881)
“ Comment ces peuples barbares pouvoient-ils avoir fait cela, si Oreste n'avoit jamais esté en leur puissance, et si c'estoit luy-mesme qui offroit son sang? ERASTE. Le beau raisonnement! LYSANDRE. Après. Il faut que la chose nous soit chere pour en estre avares; et, si le sang d'Oreste fut indifferent aux Scithes. ”
Prosper Jolyot de Crébillon,
Œuvres de M. de Crébillon
“ Ses craintes, ses transports trahiraient ce mystère ; Vous offrir à ses yeux sous le nom de mon fils, Sous le vôtre, Seigneur, assembler vos amis : Que vous dirai-je enfin ? Contre un amour funeste 1110Reprendre, avec le nom, des soins dignes d’Oreste. O R E S T E. Ne craignez point qu’Oreste, indigne de ce nom, Démente la fierté du sang d’Agamemnon. Venez, si vous doutez qu’il inmtât d’en être, Voir couler tout le mien pour le mieux reconnaître. ”
