Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, V (1749-1753)

J’étais parti pour aller faire ma cour au roi de Prusse, comptant ensuite voir l’Italie, et revenir après avoir fait imprimer le Siècle de Louis XIV en Hollande. J’arrive à Potsdam ; les grands yeux bleus du roi, et son doux sourire, et sa voix de sirène, ses cinq batailles, son goût extrême pour la retraite et pour l’occupation, et pour les vers, et pour la prose, enfin des bontés à tourner la tête, une conversation délicieuse, de la liberté, l’oubli de la royauté dans le commerce, mille attentions qui seraient séduisantes dans un particulier, tout cela me renverse la cervelle.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, V (1749-1753)

Je suis toujours prêt à croire que j’ai tort ; mais ici il me semble que j’ai raison ; rassurez-moi, je vous en prie. Mon cher ange, croyez-moi, je me mourais d’envie de venir vous embrasser cet hiver ; mais, en vérité, il n’y a pas moyen de se mettre en chemin au milieu des glaces, quand on est malade. Je ne suis pas deux heures de la journée sans souffrir. Je serais mort si je ne menais pas la vie la plus douce et la plus retirée, n’ayant que vingt marches à monter, tous les soirs, pour aller entendre à souper le Salomon du Nord, quand il veut bien m’admettre à son festin des sept sages.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, V (1749-1753)

Je crois toujours qu’il faut rendre Aurélie un peu plus complice de Catilina. Ce ne serait pas la peine de l’avoir épousé en secret pour ne pas prendre son parti. Il me semble qu’il y aura quelque nouveauté, et peut-être quelque beauté, à représenter Aurélie comme une femme qui voit le précipice et qui s’y jette. D’ailleurs je ne peux rien changer au fond de son rôle et de ses situations. La tragédie ne s’appelle point Aurélie ; le sujet est Rome, Cicéron, Caton, César. C’est beaucoup qu’une femme, parmi tous ces gens-là, ne soit pas une bégueule impertinente.
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