Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, IV (1741-1749)

Elle me fait autant de plaisir que d’honneur : c’est un monument que vous érigez à l’amitié ; c’est un exemple que vous donnez aux gens de lettres ; c’est le modèle ou la condamnation de leur conduite ; jamais le cœur n’a parlé avec plus d’éloquence ; c’est le chef-d’œuvre de l’esprit et de la vertu. L’amitié d’un cœur comme le vôtre console de toutes les fureurs de l’envie, et ajoute au bonheur de mes jours.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, IV (1741-1749)

La paix ! la paix ! et faisant la guerre à outrance enfin, tous les fléaux qui fondent sur cette pauvre race humaine au milieu de tout cela, un prince philosophe qui prend toujours bien son temps pour donner des batailles et des opéras ; qui sait faire la guerre, la paix, et des vers, et de la musique ; qui réforme les abus de la justice, et qui est le plus bel esprit de l’Europe. Voilà à quoi je m’amuse, sire, quand je ne meurs point ; mais je me meurs fort souvent, et je souffre beaucoup plus que ceux qui, dans cette funeste guerre, ont attrapé de grands coups de fusil.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, IV (1741-1749)

Je suis sûr de votre gloire, grand roi, mais je ne suis pas sûr de votre vie ; dans quels dangers et dans quels travaux vous la passez, cette vie si belle ! des ligues à prévenir ou à détruire, des alliés à se faire ou à retenir, des sièges, des combats, tous les desseins, toutes les actions, et tous les détails d’un héros. Vous aurez peut-être tout, hors le bonheur. Vous pourrez, ou faire un empereur, ou empêcher qu’on n’en fasse un, ou vous faire empereur vous-même.
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