Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, II (1736-1738)

De ce petit chapitre de morale je volerai sur vos pas, si Votre Altesse royale le permet, dans l’abîme de la métaphysique. Un esprit aussi juste que le vôtre ne pouvait assurément regarder la question de la liberté comme une chose démontrée. Ce goût, que vous avez pour l’ordre et l’enchaînement des idées, vous a représenté fortement Dieu comme maître unique et infini de tout ; et cette idée, quand elle est regardée seule, sans aucun retour sur nous-mêmes, semble être un principe fondamental d’où découle une fatalité inévitable dans toutes les opérations de la nature.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, II (1736-1738)

Quelle reconnaissance vous devra-t-on des soins que Votre Altesse royale prendra de rendre les hommes plus heureux et meilleurs ? Comment, enfin, regarderez-vous l’attachement qu’on a pour vous, les services qu’on vous rendra, le sang qu’on versera pour vous ? Quoi ! le plus généreux, le plus tendre, le plus sage des hommes, verrait tout ce qu’on ferait pour lui plaire du même œil dont on voit des roues de moulin tourner sur le courant de l’eau, et se briser à force de servir ! Non, monseigneur, votre âme est trop noble pour se priver ainsi de son plus beau partage.
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Portrait de Voltaire Voltaire Correspondance, II (1736-1738)

Si j’étais La Fontaine, et si Mme du Châtelet avait le malheur de n’être que Mme de Montespan, je lui ferais une épître en vers où je dirais ce qu’on dit à tout le monde ; mais le style de sa lettre doit vous faire voir qu’il faut raisonner avec elle, et payer à la supériorité de son esprit un tribut que les vers n’acquittent jamais bien. Ils ne sont ni le langage de la raison, ni de la véritable estime, ni du respect, ni de l’amitié, et ce sont tous ces sentiments que je veux lui peindre.
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