“ À FLAVIUS. Flavius, si la beauté qui te captive avait quelque chose d’aimable, de gracieux, tu voudrais me le dire, tu ne pourrais le taire à ton cher Catulle. Mais tu aimes je ne sais quelle courtisane aux caresses fiévreuses, et tu n’oses me l’avouer. Tes nuits, je le sais, ne se passent pas dans le veuvage ; ton lit, bien que muet, dépose contre toi ”
Catulle
Définition et enjeux
Le poète latin Catulle, célèbre pour ses élégies et ses poèmes lyriques, a marqué l'histoire de la littérature antique par son style personnel et ses thèmes érotiques et amoureux. Ses textes, comme À Flavius ou Contre les Annales de Volusius, révèlent une sensibilité aiguë et une maîtrise des formes poétiques. Des auteurs comme Eugène Despois ont souligné son rôle ambigu dans la culture politique, tandis que F.
Brunetière le place dans une tradition poétique moins "virile" que celle de Virgile. Armand Silvestre, lui, célèbre sa beauté et son charme, et Gustave Chatenet met en lumière son influence sur l'interprétation des classiques. Cette diversité d'approches révèle la complexité du héritage de Catulle, qui continue d'inspirer les réflexions littéraires et philosophiques.
Citations sur “Catulle”
“ Supporte l’infortune avec constance, endurcis ton âme. Adieu donc, ô Lesbie ! déjà Catulle est moins sensible ; tu ne le verras plus chercher, supplier une beauté rebelle. Toi aussi, perfide, tu gémiras, lorsque tes nuits s’écouleront sans que nul amant implore tes faveurs. Quel sort t’est réservé ? qui te recherchera maintenant ? Pour qui seras-tu belle ? Quel sera ton amant ? De qui seras-tu la conquête ? Pour qui tes baisers ? Sur quelles lèvres imprimeras-tu tes morsures ?... ”
Arsène Houssaye,
Oeuvres de Boufflers. Histoire de Boufflers
(1852)
“ Il pénétre, il brûle, il enflamme, Il trouve le chemin du cœur ; A tout il imprime son âme, Et partout il se rend vainqueur. Tel est ton sort, nouveau Catulle ; Ton ouvrage, en lettres de feu, A la mère du petit Dietf Sera présenté par Tibulle. Pour nous, mortels trop malheureux, Nous n'en pouvons faire l'emplette Bien qu'il soit l'objet de nos vœux, Il est trop cher pour qu'on l'achète. ”
Eugène Despois,
Revue des Deux Mondes
“ Nous avons découvert l’homme-principe qui représente la démocratie ; qui choisirons-nous pour symboliser la pensée conservatrice et républicaine ? Si nous prenions Catulle, faute de mieux ? — Quoi ! Catulle, ce charmant diseur de riens, le poète du moineau de Lesbie et des baisers, le charger d’un rôle politique dans cette lutte terrible, l’adjoindre comme auxiliaire à Brutus et à Caton ? — Oui, Catulle ; M. Legris convient qu’on n’a voulu voir en lui qu’un épicurien insouciant, un jeune voluptueux, ou (comme parle Dorat cité par M. Legris) un aimable fripon, un agréable vaurien. ”
“ Infortuné Catulle, mets un terme à ton délire ; ce qui te fuit, ne cherche plus à le ressaisir. De beaux jours ont brillé pour toi, lorsque tu accourais à ces fréquens rendez-vous où t’appelait une jeune beauté, plus chère à ton cœur que nulle ne le sera jamais ”
F. Brunetière,
Revue des Deux Mondes
“ Catulle n’est pas proprement ce que l’on peut appeler un grand poète, et pour ma part, je suis si loin, comme on l’a fait quelquefois, de le mettre au rang d’un Lucrèce ou d’un Virgile, que, si je conviens qu’il est fort au-dessus d’Ovide, et d’une race d’hommes assurément plus saine, plus robuste, plus virile, mais non pas plus aimable que l’élégant Tibulle, il le cède au moins en plus d’un point à Properce. ”
“ CONTRE LES ANNALES DE VOLUSIUS. Annales de Volusius, bonnes à mettre au cabinet, c’est à vous d’accomplir le vœu de ma belle ; car elle a promis à Vénus, à son fils, si son Catulle lui était rendu, si je cessais de lancer contre elle mes ïambes redoutables, de livrer à Vulcain, à ses flammes vengeresses, les chefs-d’oeuvre du plus mauvais poète ; or, ce vœu, fait en riant, l’espiègle a bien pensé qu’il ne pouvait concerner que les rapsodies de Volusius. ”
Auguste de Labouïsse-Rochefort, Les Amours ; à Éléonore, recueil d'élégies… (1817)
“ Les vers légers de l'aimable Catulle, Les vers plaintifs du sensible Tibulle Auraient tous à l'envi célébré tant d'appas. Je le sens, je n'ai pas leur sublime génie. Oui, je prélude encore aux jeux de l'harmonie , Je ne le sais que trop : mais qu'importe à mon cœur Que sur le Parnasse on m'ignore ? Je soupire après le bonheur, Et j'ai tout, si j'obtiens la main d'Éléonore. La gloire vaudrait-elle un instant de plaisir? De chagrins, de regrets, elle est trop tôt suivie ; Mais, quand l'amour est pur, il sait braver l'envie, Et ne craint pas le repentir. ”
Armand Silvestre,
Album Mariani. Second volume : portraits…
(1896)
“ L'étoile lui a versé l'enthousiasme pour la Beauté, ce principe de toute œuvre vraiment grande. MENDÈS qui avait le culte de l'harmonie, l'harmonie des sons et l'harmonie des lignes, CATULLE a eu la joie de naître beau. Beau, élégant, spirituel, que pouvait-il craindre ? Rien : pas même les femmes, car, avec de tels dons, on ne subit pas le despotisme de l'éternel féminin, on le maîtrise par le charme. La vie de CATULLE MENDÈS s'est déroulée comme un poème au bruit des baisers et des chansons. ”
Gustave Chatenet, Études sur les poètes italiens Dante… (1892)
“ C'est ainsi que Catulle, éloigné des muses par la tristesse, cherchait à oublier son malheur en traduisant ce même ouvrage. Et moi aussi je me sentis consolé par la concision de ces vers et ravi de leur merveilleuse beauté. Je ne crois pas que l'antiquité nous ait laissé rien de plus parfait comme poésie lyrique, et je ne vois rien d'égal dans les temps modernes. Je compte envoyer mon travail, sans songer à aucune gloire, à tous les jeunes gens studieux, comme une tentative de méthode pour l'étude des classiques, source de tout écrit immortel 1. ”
F. Brunetière,
Revue des Deux Mondes
“ Examinons donc rapidement ce qu’étaient le » mœurs, la langue, la métrique, au temps de Catulle [3] . On a voulu faire de Catulle, sans argumens bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honeste dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. ”
F. Brunetière,
Revue des Deux Mondes
“ Catulle fut le premier importateur à Rome des mètres lyriques de la poésie grecque, et que de ce seul chef, même quand il ne serait pas Catulle, c’est-à-dire tout ce qu’il est par ailleurs, il tiendrait encore un rang élevé dans l’histoire des lettres romaines. Ainsi, dans l’histoire de la peinture, avons-nous conservé religieusement les noms de tous ceux qui firent faire un grand pas à la technique de leur art, l’inventeur ou les inventeurs de la peinture à l’huile, l’inventeur de la perspective, l’inventeur du clair-obscur. ”
Jean de La Fontaine,
Seize Contes et nouvelles attribués à La Fontaine…
(1853)
“ Si l'on en croit le bon Catulle. Le bon homme à ses yeux à peine ajoute foi ; Mais enfin renfermant le chagrin dans son âme, Il rentre dans sa chambre, et réveille sa femme : « Levez-vous, lui dit-il, et venez avec moi. Je ne m'étonne plus pourquoi Cataut vous témoignoit si grand désir d'entendre Le rossignol; vraiment, ce n'étoit pas en vain : Elle avoit dessein de le prendre, Et l'a si bien guetté qu'elle l'a dans sa main. » La mère se leva, pleurant presque de joie : Un rossignol, vraiment! il faut que je le voie. Est-il grand ? chante-t-il ? fera-t-il des petits ? Hélas ! ”
Han Ryner,
Le Massacre des Amazones
“ Voyez plutôt Catulle Mendès et ses inepties diffuses. Certes, Mme Rachilde est moins femme que Mendès : elle a beaucoup moins de souplesse, un peu moins de verbosité, peut-être aussi un peu plus de solidité et de pensée. Mais elles ont des points communs : perversité réelle et pose de perversité ; imagination amusante parfois, souvent absurde ; romantisme fougueux dans le mot, dans la phrase, dans la composition. Catulle m’apparaît la souillon de Hugo. ”
Adolphe Granier de Cassagnac,
Danaë
(1840)
“ Tu as raison, dit l'empereur ; Catulle est bien plus beau que Virgile. C'est tout simple. Catulle était noble, et Virgile fils d'artisan. L'empereur Adrien, qui avait du goût, quoique le plus grand géomètre qui ait été, préférait Caton à Cicéron, et Ennius à Virgile. La race est beaucoup, Crispiciole. Aussi, ai-je mieux aimé imiter Catulle que Virgile, dans l'épithalame que je fais pour mes neveux. ”
F. Brunetière,
Revue des Deux Mondes
“ Et ailleurs, enfonçant plus profondément encore : « Ô Lesbie ! quand tu reviendrais honnête, je ne pourrais t’estimer, et cependant, même dans la honte, il faut que je continue de t’aimer ! » Oui, sans cet amour, Catulle occuperait dans les lettres latines à peu près le même rang que Ronsard dans les lettres françaises. Mais cet amour l’a élevé au-dessus de lui-même, et il ne pourrait pas se plaindre, en vérité, même d’en être mort, puisqu’il lui doit de vivre encore. Et c’est justice. ”
Joachim du Bellay,
Les amours de Faustine
(1923)
“ Parce que, Fabulla, je ne fais pas des vers (et cependant, Fabulla, je fais tant de vers !) comme ceux qui exposent au public leurs amours en de petits livres extrêmement licencieux, tu es étonnée, tu déclares que je suis un poëte sombre, par trop sévère et par trop Caton, et tu répètes aussitôt ces paroles de Catulle : « Certes, il faut qu’un poète qui se respecte soit chaste de sa personne, mais cette qualité n’est pas indispensable à ses petits vers. » ”
“ Ne semble-t-il pas au lecteur, comme à moi, que la langue de la dernière décadence latine, — suprême soupir d’une personne robuste, déjà transformée et préparée pour la vie spirituelle, — est singulièrement propre à exprimer la passion, telle que l’a comprise et sentie le monde poëtique moderne ? La mysticité est l’autre pôle de cet aimant, dont Catulle et sa bande, poëtes brutaux et purement épidermiques, n’ont connu que le pôle sensualité. ”
François Porché, L’Amour qui n’ose pas dire son nom
“ Et Catulle, nous l’imaginions un peu mièvre, alors qu’il est horriblement cru, au point que, dans une édition critique récemment parue, on renonce encore à le traduire mot à mot [2] . Or, ce même Catulle est célèbre auprès des écoliers, par sa passion pour Lesbie. Tous savent qu’il a versé des pleurs (littérairement parlant) sur la mort d’un moineau cher à sa maîtresse. ”
Emmanuel Des Essarts,
Les voyages de l'esprit...
(1869)
“ Properce devient l'égal de Catulle, le précurseur de tous les tristes, quand il dit : « Heureux qui peut pleurer devant la bien-aimée. » Jamais pareille idée ne fût venue à un poëte grec, sauf peut-être à Ménandre. Nous en sommes redevables au siècle de Properce autant qu'à Properce lui-même. ”
“ Satisfais tes désirs libertins où il te plaira, comme il te plaira, et tant que tu voudras, dans toutes les ruelles où tu trouveras un mignon de bonne volonté : je n’en excepte que le mien seul ; ce n’est pas, je crois, trop exiger. Mais si tes mauvais penchans, ta lubrique fureur allaient, scélérat, jusqu’à menacer la tête de ton ami ; alors, misérable, malheur à toi ! puisses-tu, les pieds liés, être exposé au supplice atroce que le raifort et les mulets font souffrir aux adultères. ”
“ Ce fut à la fin de sa vie qu’il composa ce poëme sur la chevelure de Bérénice, dont Catulle fit dans la suite une traduction latine qui nous est parvenue, tandis que l’original s’est perdu. On a peine d’abord à concilier cette conduite avec le désintéressement dont il faisait parade ; car il se vantait quelquefois de n’avoir jamais vendu sa plume, comme avaient fait souvent bien d’autres poëtes, tels que Simonide. Peut-être était-il plus jaloux d’avoir du crédit que d’acquérir des richesses ; peut-être le commerce des rois fut-il en effet plus utile à sa réputation qu’à sa fortune. ”
George Sand,
Lettres d’un voyageur
(1837)
“ Moi, je suis une pauvre araignée, toute tordue par accident ; mais mio fio prouve bien que nous sommes de bonne lignée. Si l’empereur avait la bonté de nous ordonner une régate, on verrait si le sang des Catulle est dégénéré. — Diable ! lui dis-je. Auriez-vous la complaisance, lustrissimo Catullo, de me mettre à la rive, et de ne pas me voler mon tabac pendant une heure que vous aurez à m’attendre ? — Il n’y a pas de danger, mon maître, répondit-il ; le tabac me fait mal à la gorge. — Est-ce qu’il y a encore des Nicoloti et des Castellani ? ”
“ Ce même homme qui tout-à-1’heure nous semblait si plaisant, si rompu dans toutes les finesses de la saillie, devient le plus insipide, le plus assommant des lourdauds de village, dès qu’il se mêle de poésie : et pourtant il n’est jamais si heureux que lorsqu’il fait des vers. Il faut voir alors comme il rit dans sa barbe, avec quelle complaisance il s’admire ! C’est ainsi que tous, tant que nous sommes, nous nous faisons illusion à nous-mêmes, et qu’il n’est personne de nous qui n’ait quelque trait de ressemblance avec Suffenus. ”
F. Brunetière,
Revue des Deux Mondes
“ Car ils se comptent facilement, dans toutes les littératures, ceux qui ont trouvé de tels accens. Mais surtout ils se comptent ceux qui ont aimé avec cette passion. Un grand amour, en ce monde, n’est guère plus commun qu’une grande ambition. Le génie lui-même est à peine plus rare, et c’est pourquoi sans doute, comme il est advenu pour Catulle, on les confond si souvent avec lui. Essaierons-nous en terminant de préciser le jugement par une de ces comparaisons, dont peut-être on abuse, entre Catulle et quelqu’un de nos poètes modernes, André Chénier, par exemple, ou Alfred de Musset ? ”
P. L. Jacob,
Histoire de la prostitution chez tous les peuples du monde depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours…
“ Cette vie-là, dans tous les cas, n’avait pas toujours été telle, puisque les poésies de Catulle, si mutilées et si expurgées que les ait faites la censure des premiers siècles du christianisme, respirent encore la licence érotique et la philosophie épicurienne. Le poëte, ami de Cornélius Népos et de Cicéron, a composé ses vers au milieu des libertins et des courtisanes de Rome; il parle même leur langage dans ces vers, [295] ornés de toutes les grâces du style; il ne recule jamais devant le mot obscène, qu’il fait sonner avec effronterie dans une phrase élégante et harmonieuse ”
Nicolas Blondeau, Dictionnaire érotique Latin-Français
“ M. Armand Barthet a écrit, sur la délicieuse pièce de Catulle, une petite comédie dont Rachel interprétait le principal rôle et où l'on voyait un vrai moineau dans une cage de fil de fer, sans allégorie aucune. Le sens dans lequel les Latins entendaient le «passer deliciae meae puellae», n'est pourtant pas douteux, si Martial ne nous déçoit:Issa est passere nequitior Catulli... ”
Guglielmo Ferrero,
Revue des Deux Mondes
“ Il n’exprimait pas dans ses poèmes comme Catulle, une passion véritable et sincère ; il élaborait au contraire toutes ses odes, pensée par pensée, image par image, strophe par strophe, vers par vers, mot par mot ; il choisissait avec soin les motifs, les pensées, les images qu’il pouvait imiter dans Alcée, dans Sapho, dans Bacchylide, dans Simonide, dans Pindare, dans Anacréon ; il employait avec art et très souvent les motifs de la mythologie grecque ”
Émile Faguet,
Revue des Deux Mondes
“ D’autres humanistes ont l’humeur plus éclectique, et par exemple, — et c’est ce que M. Lafaye a très fortement mis en lumière, — Catulle ne limite point son admiration à une seule époque de la littérature grecque. On le prend à l’ordinaire pour un simple admirateur des alexandrins. Il l’est, mais il est autre chose, et il éclate aux yeux, après le livre que nous venons de lire, qu’il a puisé aux sources vraiment antiques autant qu’aux sources prochaines, et chez les classiques grecs autant que chez les parnassiens d’Alexandrie. ”
“ Partez, mes tablettes, allez dire à Cécilius, le poète des amours, à Cécilius, mon compagnon de plaisirs, qu’il quitte pour Vérone la Nouvelle Côme, et les rives du Larius ; car je veux déposer dans son sein certaines confidences de notre ami commun. Qu’il parte donc, s’il est sage, qu’il dévore la route ; quand bien même sa maîtresse le rappellerait, mille fois ; quand bien même, jetant ses bras autour du cou de Cécilius, elle le supplierait de différer son départ, cette jeune beauté qui, si l’on m’a fait un récit fidèle, se meurt d’amour pour lui. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1847)
“ Mais, hélas ! que les hommes célèbres démentent souvent d'une manière fâcheuse l'idée que nous nous en formons ! César, le néophyte, est bossu, et Gambierazzi,le pontife, a les jambes en vis de pressoir. Le plus agréable des trois est encore Catullo, qui ne boite que d'une jambe, et qui ne manque jamais de dire, en parlant de lord Byron : — Je l'ai vu, il était boiteux.— Hélas ! hélas ! le divin poète Catulle était Vénète ; qui sait si l'ivrogne éclopé qui conduit notre gondole ne descend pas de lui en droite ligne? ”
Pierre Louis Ginguené, Histoire littéraire d'Italie (3…
“ Si ce poëte admirable, dit Gravina, avait mieux aimé choisir qu'accumuler, il se serait enrichi d'un or pur et sans mélange. Il voulut promener son heureuse veine sur plusieurs sujets d'érudition et plusieurs sciences, et s'exercer dans toutes les mesures de vers. Dans toutes, il fait voir l'étendue et la souplesse de son génie, aussi naturellement disposé à la grandeur qu'à l'expression des sentiments tendres. On retrouve en lui, dans ce dernier genre, les grâces et tous les agréments de Catulle. ”
