“ Et toi, jeune épouse, garde-toi de te montrer rébelle aux désirs de ton époux, ou crains qu’il n’aille chercher ailleurs les plaisirs que tu lui refuses. Vive, vive à jamais Hyrmen, dieu d’hyménée ! Devant toi s’ouvre l’heureuse et puissante maison de ton époux ; permets-lui de prévenir tous tes vœux. Vive, vive à jamais Hymen, dieu d’hyménée ! Jusqu’à ce que vienne la vieillesse aux cheveux blancs, à la tête tremblante, qui nous enlève à tous tous nos biens. ”
Catulle
Élements biographiques
Catulle, poète latin de la République romaine, incarne la lyrique néo-alexandrine par ses thèmes intimes, ses critiques sociales et son style raffiné. Son œuvre, rassemblée sous le titre Carmina, explore l’amour tumultueux (comme dans les poèmes dédiés à Lesbie et Juventius), la mythologie, ainsi que les tensions entre passion et déception.
Membre des poetae novi, il privilégie les formes variées (élégies, épigrammes) et les métriques complexes, marquant un écart par rapport aux œuvres épiques anciennes. Son héritage réside dans une poésie à la fois personnelle et universelle, où le lyrisme s’entrelace avec l’analyse psychologique.
Citations de Catulle
“ Quel est l’homme, si ce n’est un impudique, un dissipateur et un escroc, qui peut voir, qui peut souffrir qu’un Mamurra engloutisse tous les trésors de la Gaule Transalpine et de la Grande-Bretagne ? Ô le plus débauché des fils de Romulus ! tu le vois, tu le souffres ! tu n’es qu’un impudique, un dissipateur, un escroc. Jusques à quand, superbe et gorgé de richesses, ton favori, pareil au blanc ramier, à l’amant de Vénus, promènera-t-il de lit en lit ses feux adultères ? O le plus débauché des fils de Romulus ! tu le vois, tu le souffres ! tu n’es qu’un impudique, un dissipateur, un escroc. ”
“ Partez, mes tablettes, allez dire à Cécilius, le poète des amours, à Cécilius, mon compagnon de plaisirs, qu’il quitte pour Vérone la Nouvelle Côme, et les rives du Larius ; car je veux déposer dans son sein certaines confidences de notre ami commun. Qu’il parte donc, s’il est sage, qu’il dévore la route ; quand bien même sa maîtresse le rappellerait, mille fois ; quand bien même, jetant ses bras autour du cou de Cécilius, elle le supplierait de différer son départ, cette jeune beauté qui, si l’on m’a fait un récit fidèle, se meurt d’amour pour lui. ”
