“ Tibur ! ô séjour naguère si vanté, Qu’as-tu fait de ta renommée ? Coriace chez toi vient chercher la santé, Il y trouve la mort, et des vapeurs thermales Il passe tout à coup aux rives infernales. Hélas ! nous courons vainement, La Mort partout nous suit : en tous lieux elle règne, Et quand arrive son moment, Même au sein de Tibur nous trouvons la Sardaigne. 61. L’autre jour, d’un air triomphant, Mancinus, tu contas qu’un ami, galant homme ”
Tibur
Définition et enjeux
Citations sur “Tibur”
Jean-Pons-Guillaume Viennet,
Le Château Saint-Ange, par J.-P.-G. Viennet…
(1834)
“ Ce qu'elle a fait pour Tibur est encore ce qui attire, ce qui attache les l'egards du voyageur, et quand, pour délasser son imagination de cet imposant spectacle, il reporte ses yeux et sa pensée sur les détails de ce magnifique ensemble, les premiers objets qui le frappent sont des ruines et un tombeau qui lui disent : Le grand peuple a passé par là ! ”
Jules Janin,
Revue des Deux Mondes
“ Il savait trop bien à quel prix s’achète la puissance, pour la désirer jamais. De son premier argent il acheta, à Tibur, une maison de modeste apparence, mais entourée de belles prairies, arrosée par un fleuve limpide, abritée par une douce colline chargée de vignes. ”
Pierre d’Espagnat, Revue des Deux Mondes
“ Et l’opportune sagesse qu’elles respirent, qu’elles conseillent, ces cimes doucement olympiennes : vivre en paix, jouir sans ambitions, aimer sans arrière-pensées ; apprendre du temps qui ne coûte rien, à goûter, non à dévorer l’existence ! L’on sent qu’on tournerait au fakir devant ce panorama éclairé d’une poésie si simple et si profonde. La terre peut finir là ; et Tibur, qui regarde la vallée, le fond bleu des sommets, dresse, sur l’air pâle, ses toits tuiles de bois. ”
Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy,
Encyclopédie méthodique
(1788)
“ Pour concevoir l’ancien Tibur tel qu’il fut aux temps de sa splendeur, il faudroit réunir à l’emplacement qu’il occupe aujourd’hui, les vastes espaces occupés par cette villa de l’empereur Adrien, qui eut plus d’étendue qu’un grand nombre de grandes cités, et toute cette partie de territoire qui commençoit au ponte Lugano. ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ « Alors, dit un historien, voyant que tout était tranquille et qu’il pouvait sans danger se relâcher de ses soins, il laissa l’administration de Rome à son fils adoptif et se retira dans sa villa de Tibur. Là, comme c’est l’usage des riches et des heureux, il ne s’occupa plus que de bâtisses et de festins, de statues et de tableaux, en un mot il n’eut plus d’autre souci que de passer sa vie dans la joie et le plaisir. » Il faut conclure de ce passage qu’en 136, quand Hadrien prit la résolution de s’éloigner des affaires, la villa de Tibur existait déjà. ”
Édouard Richer,
Voyage à Clisson (8e édition, suivie de notices sur Abeilard…
(1859)
“ Les poètes anciens ont chanté les charmes de Tibur ; Clisson mérite les mêmes éloges et peut-être les mêmes reproches, puisque tout ce qu'il a d'enchanteur et de salutaire n'a pu prolonger les jours des frères Cacault. Hélas ! , aucun lieu sur la terre n'offre un asile contre la mort, et la Sardaigne est au milieu de Tibur pour celui dont l'heure fatale approche. ”
Sainte-Beuve,
Revue des Deux Mondes
“ Même lorsqu’il ne nous est pas donné de pénétrer au-delà, et qu’en avançant dans la vie nous n’avons plus que des instans pour nous retourner vers cette patrie première de toute belle pensée, la villa d’Horace, ce Tibur tant célébré, continue de nous apparaître à l’horizon, couronnant les dernières collines, et surtout, comme sur un dernier promontoire de cette mer d’azur aux rivages immortels, s’élève encore et se dessine, aussi distinct qu’au premier jour, le bûcher fumant de Didon. ”
Amaury-Duval,
L'Évêque Gozlin, ou Le siège de Paris par les Normands…
(1832)
“ Le subit rétablissement du père Timothée fit grand bruit dans la communauté. On ne manqua point de répandre, dans toute la ville de Tibur, que le miracle avait été opéré par la vertu des reliques de sainte Symphorose, que l'on venait, tout récemment, de trouver dans la grotte qu'elle avait si long-temps habitée, près de Tibur, avec ses sept fils; et, dès lors, tous les malades de la contrée firent apporter des offrandes dans la chapelle où l'on avait déposé ces reliques, et payèrent pour que l'on y célébrât des messes, et qu'on y chantât des oremus. ”
Dictionnaire apologétique de la foi catholique
“ Le Sénat, dans un moment de détresse, ayant eu besoin de l’appui d’oracles nouveaux, se sera adressé aux habitants de Tibur, qu’il savait en possession d’un vieux recueil de prophéties. Il faut toujours admettre, d’après ce récit de la translation des oracles d’Albunéa à Rome, que cette Sibylle était vénérée à Tibur avant d’être connue des Romains. Du reste, la Sibylle de Tibur jouira d’une réputation universelle au moyen âge. ”
Marie-Joseph Lagrange,
Le judaïsme avant Jésus-Christ
(1931)
“ On ne détruit bien que ce qu'on remplace. M. Groag a proposé pour l'inscription de Tibur M. Plautius Silvanus, dont la famille était de Tibur, et qui y avait un mausolée. Ce personnage, consul en l'an 2 av. J.-C. fut bien proconsul d'Asie. Velléius (II, 112, 4) dit qu'il amena des troupes d'au delà de la mer contre les Pannoniens révoltés. En l'an 7, il était déjà dans l'Illyricum où il fit une brillante campagne, à la suite de laquelle il reçut les ornamenta triumphalia, et il triompha à la suite de Tibère, en l'an 13 ap. ”
Eugène Secretan, Du Sentiment de la nature dans l'antiquité romaine… (1866)
“ Si Tusculum rappelle Cicéron et les grands noms de la chute de la république, Tibur, le Tivoli d'aujourd'hui, rappelle Horace, Mécène et d'autres amis d'Auguste. Les cascades et les ombrages de l'Anio continuent à attirer les Romains qui fuient la malaria ou qui cherchent des eaux sulfureuses. Pline le Jeune dit que les bords du Tibre étaient couverts de plus de villas que ceux de tous les autres fleuves réunis ”
Marie-Nicolas Bouillet, Atlas universel d'Histoire et de géographie contenant 1° la chronologie… (1872)
“ Dans la Vie d'Horace, attribuée à Suétone, il est parle d'un petit domaine du poète à Tibur; on ne sait sur quel fondement on le place à la petite chapelle S. Antonio, en face des cascatelles, dans un endroit inhospitalier où croissent difficilement l'olivier et même l'aloès. C'est à 12 milles environ de Tibur, qu'était la vraie campagne d'Horace, à Ustica, retrouvée à Rustica par M. Pietro Rosa, près des sources de la Licenza, l'ancienne Digentia, à quelque distance au N., de Rocca Giovine, où était le Fanttm Vacunæ. ”
Martial,
Œuvres complètes de M. V. Martial
“ Si je n’ai pas désiré, Paullus, si je n’ai pas mérité, ce matin, de te trouver chez toi, que ta demeure des Esquilies soit encore plus éloignée de la mienne ! J’habite, tu le sais, près des piliers de Tibur, là où le temple de la rustique Flore fait face à celui de l’antique Jupiter Capitolin. J’ai à franchir la rue escarpée de Suburre et son pavé toujours humide et sale ; là, on échappe difficilement aux longues files de mulets qui, à force de cordes, traînent avec peine des blocs de marbre. ”
Édouard Philipon,
Les peuples primitifs de l'Europe méridionale…
(1925)
“ Caton nous apprend qu'au second siècle avant notre ère, une vieille légende racontaitque Tibur avait eu des Sicanes pour premiers habitants. Lorsque les Liguro-Sicules se furent emparés de cette ville, ils l'appelèrent Sialia; ce nom ne parvint pas à supplanter le vieux nom ibère, mais au temps de Denys d'Halicarnasse, il désignait encore un faubourg de Tibur'. Le Tibre lui-même portait un nom dont l'origine ibère ne peut guère être contestée en présence du nom de 7cver qu'un acte du xn" siècle donne à une rivière d'Aquitaine ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Rien n’est plus heureux que le mobilibus rivis d’Horace ; c’est le ductile flumen aquæ riguæ de Martial, les petits ruisseaux que l’on mene où l’on veut pour arroser les jardins & les vergers : pomaria sont des vergers de pommiers. La campagne de Tibur en étoit couverte comme la Normandie : de-là vient que Columelle dit en parlant : pomosi Tiburis arva. Munatius Plancus, dont nous connoissons d’admirables lettres qu’il écrivoit à Cicéron, & qui joua un grand rôle dans les armées, avoit aussi une fort belle maison à Tibur ”
Alphonse de Lamartine,
Nouvelles méditations poétiques…
(1871)
“ J'aime à sentir le temps, plus fort que ta mémoire, Effacer pas à pas les traces de ta gloire! L'homme serait-il donc de ses oeuvres jaloux? Nos monuments sont-ils plus immortels que nous? Égaux devant le temps, non, ta ruine immense Nous console du moins de notre décadence. J'aime, j'aime à venir rêver sur ce tombeau, A l'heure où de la nuit le lugubre flambeau, Comme l'oeil du passé, flottant sur des ruines, D'un pâle demi-deuil revêt tes sept collines, Et, d'un ciel toujours jeune éclaircissant l'azur, Fait briller les torrents sur les flancs de Tibur. ”
Eugène Roch, Le bourreau de Rome (1836)
“ Au centre de la grotte, une statue de la déesse était environnée de dépouilles de brebis que les pasteurs apportaient en offrandes; et, sur un lit large et épais de feuilles fraîchement ramassées, étaient étendues d'autres peaux dont la laine avait été soigneusement lavée, et que recouvraient presque partout des débris de roses et toutes sortes de fleurs effeuillées. C'est là que les jeunes pâtres de Tibur conduisaient de Crédules bergères sous prétexte de vœux à Palès, et acquittaient , sous les auspices de cette divinité bienveillante, les vœux faits à l'amour ”
“ « Le sol d’Ithaca n’est point propre aux chevaux, n’étant point riche en vastes plaines et en nombreux herbages. Atride, je te laisse tes dons qui te conviennent mieux qu’à moi. » Il faut peu aux petits. Ce n’est plus la royale Roma qui me plaît, mais le solitaire Tibur, ou le pacifique Tarentum. Philippus, courageux et actif, illustre par ses plaidoiries, revenant du tribunal vers la huitième heure, trouvait que les Carènes étaient bien éloignées du Forum, étant déjà vieux ”
Théophile Gautier,
Nouvelles de Théophile Gautier
“ Tiburce était réellement un jeune homme fort singulier ; sa bizarrerie avait surtout l’avantage de n’être pas affectée, il ne la quittait pas comme son chapeau et ses gants en rentrant chez lui : il était original entre quatre murs, sans spectateurs, pour lui tout seul. N’allez pas croire, je vous prie, que Tiburce fût ridicule, et qu’il eût une de ces manies agressives, insupportables à tout le monde ; il ne mangeait pas d’araignées, ne jouait d’aucun instrument et ne lisait de vers à personne ; ”
Théophile Gautier,
Nouvelles de Théophile Gautier
“ Un jour, ayant fumé son hooka, regardé la triple Léda du Corrège dans son cadre à filets, retourné en tous sens la dernière figurine de Pradier, pris son pied gauche dans sa main droite et son pied droit dans sa main gauche, posé ses talons sur le bord de la cheminée, Tiburce, au bout de ses moyens de distraction, fut obligé de convenir vis-à-vis de lui-même qu’il ne savait que devenir, et que les grises araignées de l’ennui descendaient le long des murailles de sa chambre toute poudreuse de somnolence. ”
Théophile Gautier,
Nouvelles de Théophile Gautier
“ Lorsque les volets de la Descente de croix s’entr’ouvrirent, Tiburce éprouva un éblouissement vertigineux, comme s’il eût regardé dans un gouffre de lumière ; la tête sublime de la Madeleine flamboyait victorieusement dans un océan d’or et semblait illuminer des rayons de ses yeux l’atmosphère grise et blafarde tamisée par les étroites fenêtres gothiques. Tout s’effaça autour de lui ; il se fit un vide complet, les Anglais carrés, l’Anglaise rouge, le bedeau violet, il n’aperçut plus rien. ”
“ Et Tiburce : — « Écoutez-moi quelques instants. Si vous manquez de foi, c’est que vous ne comprenez pas. Laissez que je m’explique. » Voyez-vous, monsieur, ma vocation s’est décidée à l’époque où je faisais ma philosophie, — non pas un jour que je piochais quelqu’un de ces scolastiques dont je devais tant chérir les œuvres, — mais un soir que je lisais le conte de Voltaire appelé Zadig ou la Destinée. ”
F. de Champagny, Revue des Deux Mondes
“ Cependant, au bout de sept ou huit ans, le charme impérial opère : le vieux démon de Caligula et de Tibère se réveille. Prenez garde, ce tigre apprivoisé a léché un peu de sang humain, il sent sa race. Voici les délateurs qui remontent à la surface, les suicides commandés qui se renouvellent, la lancette du chirurgien qui succède au lacet du bourreau et à l’épée du soldat ; c’est un Tibère enfant, un Tibère prodigue, voluptueux, artiste, musicien, pantomime, fou, et par cela même plus cruel. ”
Gaston Boissier,
Études de Mœurs romaines sous l’empire…
“ C’était une comédie ; tout le monde le savait bien alors, et l’on se demande par quel prodige de simplicité les admirateurs de Tibère peuvent aujourd’hui la prendre au sérieux : c’est se montrer bien naïfs pour des gens qui se piquent surtout de n’être pas dupes. Tibère, tel que nous venons de le faire voir, n’était pas un de ces princes qu’on entraîne et qu’on dirige ; rien ne s’est fait sous son règne que par sa volonté ; les délateurs et le sénat, quoiqu’il les ait parfois désavoués, n’ont été que ses instrumens dociles. ”
Le P. Du Fougerais, Excursion en Syrie, en Palestine et en Égypte… (1874)
“ Cette fois une bruyante exclamation s'échappa spontanément de nos poitrines ; sur les bords du lac, au pied de la montagne, s'offre un groupe considérable de maisons entourées, comme au moyen âge, d'une muraille crénelée, flanquée de distance en distance de grosses tours rondes. C'est Tibériadé, ville bâtie par Hérode Antipas, qui, par flatterie, lui donna le nom de l'empereur Tibère, dont il avait su se concilier la faveur. Elle portait aussi le nom de Génésareth. Elle est la patrie de saint Pierre. ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ Ils veulent t'emporter, Tibère, mon tigre, mon compagnon, mon ami! Non, ils ne t'auront pas! Je creuserai la terre avec mes ongles, et je t'enterrerai là, de mes mains, comme j'ai enterré mon père! L'Anglais! l'Anglais! — Hors d'ici l'Anglais!. Et, comme mû par un ressort, l'Indien se redressa, debout, maigre, effrayant, étendant ses doigts vers le soldat et la fièvre de mort dans ses prunelles. Il demeura ainsi un moment, terrible, pareil à la statue de la malédiction ou de la menace, puis, brusquement, de toute sa hauteur, il tomba sur le corps déjà roidi du tigre, en disant : — Vision! ”
Savinien de Cyrano de Bergerac, Oeuvres comiques, galantes et littéraires de Cyrano de Bergerac… (1900)
“ SCÈNE III SÉJANUS, AGRIPPINE, TÉRENTIUS SÉJANUS Lorsque contre soi-même avec nous il conspire, Quelle raison vous meut à refuser F Empire ? AGRIPPINE Alors que dans ton sein mon portrait fut tracé, Le portrait de Tibère en fut-il effacé? Ou, désaccoutumé du visage d'un traître, L'as-tu vu sans le voir et sans le reconnaître ? Je t'excuse pourtant ! Non tu ne l'as point vu : Il était trop masqué pour être reconnu ! Un homme franc, ouvert, sans haine, sans colère, Incapable de peur, ce n'est point là Tibère ; Dans tout ce qu'il paraît, Tibère n'est point là ”
Jules Claretie,
La fugitive (2e éd)
(1880)
“ Tibère, debout dans sa cage, collait contre les barreaux son mufle terrible et miaulait en laissant de sa gueule noire échapper sa respiration, comme une bouffée de fumée. Il allait, venait, suivait de son œil oblique les combattants et montrait ses crocs en poussant, à faire tressaillir la ménagerie tout entière, des rauquements enroués. L'animal bondissant, déployant ses reins jaunes aux noires rayures, était terrible ainsi et superbe, les moustaches hérissées, les pattes élargies et montrant ses griffes. ”
Sénèque le Jeune,
Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe
“ Tibère, mon oncle, vit mourir dans ses bras, et couvert de ses baisers, mon père Drusus Germanicus, son frère puîné, qui nous avait ouvert le centre de la Germanie et soumis les races les plus indomptables. Que fit pourtant Tibère ? il mit un frein, non seulement à son désespoir, mais à celui des autres ; l’armée entière, accablée par la foudroyante nouvelle, réclamait les restes de son cher Drusus ; il la contint dans les bornes d’une affliction toute romaine ; il jugea que si la discipline militaire a ses règles, la douleur aussi a les siennes. ”
Denis de Rivoyre,
Les Vrais Arabes et leur pays. Bagdad et les villes ignorées de l'Euphrate…
(1884)
“ Les coudes du fleuve, ses tournants, ses rapides, tout cela n'est qu'un jeu. Peu pressés, il est vrai, chaque soir ils accostent et bivouaquent à terre. Ce n'est qu'à partir de Mossoul que le Tigre s'élargit assez pour permettre, par les clairs de lune, une navigation sans interruption. Tel qu'il est, malgré les lenteurs de l'allure, ce trajet n'est pas sans charmes pour celui dont la hàte d'arriver n'est point excessive, et les plaisirs de la chasse l'accidentent agréablement. Des myriades d'oiseaux aquatiques passent à portée de fusil ”
