F. de Champagny

Résumé

F. de Champagny Revue des Deux Mondes

Aussi bien des monumens ne sont-ils guère un signe de civilisation ; les plus gigantesques datent des siècles qui ont eu beaucoup de captifs et d’esclaves. Les beaux et vrais monumens ne sont pas les pyramides de Chéops ou le Colosse de Néron ; c’est le temple hébreu ou la cathédrale chrétienne, ceux qui sont bâtis, non par le pouvoir, mais par la foi.
Tibère seul, chagrin et avare, laissa peu de monumens. César, Auguste, Néron, changèrent la face de Rome ; Caligula même, malgré sa folie, fit des ouvrages grands et utiles : c’était pour eux un moyen de pouvoir.
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F. de Champagny Revue des Deux Mondes

N’est-il pas curieux que l’empire subisse tour à tour un Caligula qui se moque de tout, et un Claude dont tout le monde se moque ? N’est-il pas horrible de penser ce que pouvait être, gaspillé et disputé comme il l’était alors entre femmes, eunuques et valets, ce pouvoir sanguinaire des empereurs ; chacun tirant ce qu’il voulait de cet imbécille, qui une grace, qui un exil, qui de l’argent, qui un supplice ; les homicides vendus sur la place comme tous les autres avantages de l’empire ; tous ces gens en crédit se passant à charge de revanche le glaive du centurion ou le poison de Locuste.
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Il s’élance dans toutes les lices, prend part à tous les combats, toujours vainqueur ; même à Olympie, où, sur un char traîné par dix chevaux, le maître du monde s’est d’abord laissé tomber dans la poussière, puis, remis sur son char, s’est trouvé trop ému de sa chute pour continuer la lutte, il n’en a pas moins, à la fin de la course, proclamé, comme d’ordinaire (car il est lui-même son héraut) : « Néron César vainqueur en ce combat donne sa couronne au peuple romain et au monde qui est à lui ! »
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