Louis Clauet

Résumé

Louis Clauet Légendes de l'histoire... (1870)

Le second jour comme elle descendait du temple, une voix rauque jeta subitement derrière elle ces cris sinistres : — Ha ! ha ! ha !.. Voix de l'Orient, voix de l'Occident, voix des quatre vents du ciel !.. voix contre Jérusalem et contre le temple ; contre les nouveaux mariés et les nouvelles épouses ! voix contre tout le peuple ! ha !
ha ! ha !
Marie tourna la tête avec effroi et aperçut un misérable paysan, couvert de haillons, qui sanglotait. Elle se rapprocha en frissonnant de Caleb.
— C'est Jésus, fils d'Ananus, dit Caleb ; un fou qui
répète depuis trois années les mêmes lamentations.
Source : Gallica

Louis Clauet Légendes de l'histoire... (1870)

Mais cette passion est innocente. Il vaut mieux que la toute-puissance soit aux mains d'un histrion que dans celles d'un bourreau. J'aime mieux que Néron emploie ses loisirs à chanter que de le voir courir le soir, un bonnet d'affranchi sur la tête, à travers les rues de Rome, battre et insulter les passants, piller les boutiques et s'exposer aux coups de bâton.
Tel n'est point l'avis d'Agrippine. Elle reprend, elle censure toutes les actions de l'empereur, non par amour de la vertu, mais par haine des favoris qui l'ont supplantée. Aussi son crédit décline; elle importune,
elle se perd.
Source : Gallica

Louis Clauet Légendes de l'histoire... (1870)

Les Gaules sont maintenant civilisées. Le tribun Milon s'applaudissait à Marseille de n'avoir pas été préservé de l'exil par l'éloquence de Cicéron.
D'ailleurs, puisque la vie nous reste, l'espérance ne nous est pas interdite. Nos amis s'approcheront quelque jour de l'oreille de César et l'apaiseront.
— Non, non. Je n'ai plus ni parents ni amis ; la disgrâce me les a tous enlevés. Dès que l'empereur a froncé les sourcils, tous m'ont à l'envi proclamé coupable. Ils craignent de déplaire à Gaïus; ils se détournent de moi, ils me fuient. Les Juifs ont moins d'horreur pour les lépreux.
Source : Gallica

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