Résumé

E. Beulé Études et portraits du siècle d’Auguste

Est-ce un Marius ou un Sylla, est-ce un César ou un Pompée, capables d’exposer leur poitrine à la mort et d’inspirer quelque fanatisme aux milliers d’hommes qui s’égorgent pour eux ? Non, ce sont les deux êtres les plus lâches, les plus dissolus, les plus méprisés de l’empire, l’un rebut de la cour de Néron, l’autre glouton déjà célèbre dans l’univers par sa bestialité ; l’un qui se cache derrière les murs de Brixellum, l’autre qui s’attarde à dévorer les vivres de plusieurs provinces, tandis que leurs légions se heurtent dans les plaines de Bédriac.
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E. Beulé Études et portraits du siècle d’Auguste

« Mieux vaut qu’un seul meure pour tous que tous pour un seul. » Eh quoi ! tous ceux qui voulaient mourir pour un empereur de rencontre n’étaient-ils pas déjà morts ? Qui donc s’offrait encore ? Ce beau dévoûment à l’humanité éclate bien tard, lorsque les cadavres sont entassés jusqu’à hauteur d’homme dans, les plaines de Bédriac et pourrissent pour charmer l’odorat de Vitellius. Un mourant, quand il est prince, réussit trop souvent à duper la postérité par une habile mise en scène ; la postérité n’a pas d’excuse lorsqu’elle est la dupe d’une parole pompeuse ou d’un mensonge.
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E. Beulé Études et portraits du siècle d’Auguste

L’ambition et les qualités mêmes d’Agrippine, aussi bien que la faiblesse et les qualités de Germanicus, me font présenter cette hypothèse comme une certitude.
Les années qui s’écoulèrent sur les bords du Rhin furent, pour ce couple qui avait manqué à la fortune, des années de liberté, de puissance, de bonheur : Agrippine n’en comptera plus de semblables dans sa vie. Loin de Rome, loin de leurs ennemis, adorés des armées, obéis des Gaulois avec zèle, redoutés des Germains, qui ouvraient un vaste champ à leur activité, on peut dire qu’ils se trouvaient posséder un empire dans l’empire.
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