“ Et que tout l'Univers justifie aujourd'hui, Qu'il ne tient pas à moi, que je ne sois à lui. À Drusus qui vous plut l'Empereur me destine : Sa main vous eût charmée, et sa main m'assassine. Non qu'il ne soit grand homme, et qu'il n'ait des vertus : Quoi que fils de Tibère, on estime Drusus : On l'a vu dans l'armée au sortir de l'enfance Signaler sa valeur, et montrer sa prudence : C'est un héros naissant, un coeur noble, élevé ; Mais l'amant que je perds en est un achevé : Rome n'a jamais vu, quoique l'envie en dise, Homme plus glorieux, ni gloire mieux acquise. ”
Drusus
Définition et enjeux
Drusus, personnage central de la période impériale romaine, incarne à la fois la puissance militaire et les enjeux familiaux de l'Antiquité. Les auteurs, depuis Tite-Live jusqu'à E. Beulé, ont analysé ses compétences en tant que chef militaire, ses relations conflictuelles avec Livie, ou encore son sort tragique.
Tacite met en avant son rôle dans les affrontements armés, tandis que Sénèque le représente comme un réformateur discuté. Les récits de son exil et de sa fin, rapportés par Boursault ou Beulé, dévoilent une dimension humaine souvent masquée par les mythes impériaux. Son héritage, entrelacé à celui de Germanicus et de Tibère, constitue un reflet des tensions entre autorité et fragilité dans la Rome antique.
Citations sur “Drusus”
E. Beulé, Études et portraits du siècle d’Auguste
“ Tout jeune, Drusus était agréable à Auguste, moins à Livie, à qui il rappelait des circonstances pénibles. Il est dur pour une femme altière d’arriver grosse dans la maison d’un nouvel époux et de renvoyer trois mois après comme une honte l’enfant à qui elle donne la vie; Drusus toutefois gagnait l’affection par sa grâce naïve et ses reparties enfantines. Il était le favori du Palatin, tandis que Tibère n’y était que toléré. L’un montrait les qualités les plus aimables, l’autre le caractère le plus sombre et une tristesse pleine de raideur. ”
Sénèque le Jeune,
Œuvres complètes de Sénèque le Philosophe
“ Livius Drusus, homme âpre et violent, qui, par des lois nouvelles, réveilla les séditions des Gracques, entouré d’une immense multitude venue de toute l’Italie, hors d’état de prévoir l’issue d’une lutte qu’il ne pouvait ni terminer ni abandonner, après l’avoir engagée, maudissait, dit-on, cette vie de tous temps agitée, et disait que lui seul, même dans son enfance, n’avait jamais eu de congés. ”
