“ La Germanie a bien secoue le joug, et c’est un fleuve, et non l’Océan, qui la protège ! Patrie, femmes, parents, voilà leurs motifs de guerre : l’ennemi n’en a d’autres que la débauche et la cupidité. Il fuira, comme a fui jadis ce fameux Jules, pourvu qu’ils imitent les vertus de leurs ancêtres. Et qu’on ne s’effraye point de l’issue d’un ou de deux combats : chez les malheureux l’attaque est plus vive, la constance plus ferme. Déjà les dieux mêmes ont pris pitié des Bretons, en éloignant le général romain, en tenant ses troupes reléguées dans une autre île. ”
Tacite
Résumé
L'œuvre Œuvres complètes de Tacite, rassemblant ses textes historiques et politiques, explore les mécanismes de l'Empire romain à travers des figures emblématiques comme Vitellius, Tibère ou Néron. Elle met en évidence les tensions entre armées, sénat et pouvoir impérial, illustrées par des combats, des intrigues et des récits de conquêtes.
Les thèmes de la haine, de la réputation et des conflits entre soldats et barbares révèlent une analyse percutante de la décadence politique. Ce recueil, organisé autour de récits historiques et de portraits politiques, offre une vision critique de la Rome antique, où la force et la vertu s'affrontent dans un contexte de déclin.
Citations de Œuvres complètes (Tacite)
“ D’infâmes plaisirs, de scandaleux festins, des sociétés de femmes, voilà ce qu’il rêve aujourd’hui ; c’est là qu’il met le bonheur de régner, bonheur dont les joies, les voluptés seraient pour lui seul ; l’opprobre et la honte pour tous. Non, jamais pouvoir acquis par le crime ne fut vertueusement exercé. Galba fut nommé César par la voix du genre humain ; moi, par celle de Galba soutenue de votre assentiment. Si la république, si le sénat, si le peuple, ne sont plus que de vains noms, il vous importe, à vous, braves compagnons d’armes, que les derniers les hommes ne fassent pas un empereur. ”
“ Déjà on avait cédé l’Arménie, et le reste suivrait, si les Parthes n’en prenaient la défense. Se soumettre aux Romains valait mieux que d’être conquis : on y gagnait un esclavage plus doux." Tiridate, détrôné et fugitif, faisait, par le silence ou des plaintes mesurées, une impression plus forte encore : "Non, ce n’était point par la lâcheté que les grands empires se soutenaient ; il fallait des hommes, des armes, des combats. Entre puissances, l’équité, c’est la force. Conserver ce qui est ; à soi, suffit à un particulier ; combattre pour ce qui est à d’autres, c’est la gloire d’un roi." ”
