E. Beulé, Études et portraits du siècle d’Auguste
“ C’est pourquoi l’image de Germanicus est restée dans l’histoire pure, charmante, idéale, presque abstraite, tant l’action lui a manqué. Il n’est qu’une personnification : il résume l’espérance inerte d’une nation, ses aspirations impuissantes, ses regrets sans courage, ses vœux sans énergie; c’est la chimère des paralytiques qui ne veulent plus marcher, c’est l’agitation de ceux qui rêvent et demeurent plongés dans le sommeil. Germanicus du moins eût dû essayer de secouer cette léthargie; il ne l’a point fait, et le martyre l’a purifié de toute faiblesse. ”
