Résumé

Louis-Aimé Martin Plan d’une bibliothèque universelle

J’arrive à Salluste. Lorsqu’il prit la plume, Sylla avait régné ; César voulait le trône, et la dissolution la plus effrontée dégradait Rome. Cette époque est horrible : c’est celle du vice qui déjà a besoin du crime pour s’amuser. En voyant la gloire de César, la bassesse du peuple, la vénalité du sénat, le mépris de toutes les vertus qui ont élevé Rome, l’âme s’attriste, l’avenir hideux se dévoile, on a comme un pressentiment de Tibère et de Néron !
Salluste a peint tout cela avec une grande puissance de pensée et de style : il est nerveux, concis, abrupte.
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Historien de cette guerre impie, Thucydide en reflète toutes les douleurs. On sent qu’il s’est trouvé mêlé à ces désastres, qu’il a vécu dans l’exil, au milieu des tempêtes et que la foudre l’a frappé. Ses pensées sont graves, son génie est austère, méditatif, forgé au feu des passions et de la guerre civile. Il n’y a pas jusqu’à son dialecte qui ne peigne la tristesse et la vigueur de son âme. Il a choisi le plus congru, le plus sévère, celui dont le propre est de contracter les voyelles, d’abréger les mots, et de leur donner ces concisions pittoresques qui font jaillir et voir la pensée.
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Tant que les lois prononceront la peine de mort, en d’autres termes, tant qu’elles ôteront ce qu’elles ne peuvent rendre, nous serons hors du droit et de l’humanité.
Ce dernier fait mérite toute l’attention du législateur.
Que l’homme à demi sauvage tue son semblable, ce crime appartient à l’animal. Mais voyez ce qui arrive à mesure que l’âme se développe ; nous passons de la cruauté à la pitié, de la pitié à l’humanité, et de l’humanité au doute. C’est le moment de la lutte. L’homme s’arrête, s’interroge, se fait juge du meurtre que la loi couvre de son égide.
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