Eugène-Louis Blanchet

Résumé

Eugène-Louis Blanchet En représailles (1918)

Mais, encore une fois, il y a ce qu'on ne montre pas, ce qu'on ne montre jamais, les lieux où l'on applique les conseils de l'état-major, le terrorisme élevé à la hauteur d'un principe de guerre. Là, savamment, cyniquement, on enfonce le prisonnier dans le désespoir, dans une angoisse vide, on l'affame, on le prive de ses colis, de ses lettres, ce pain du coeur, on l'accable de lourds travaux, on le poignarde dans sa dignité, on rit de sa maigreur, guettant le moment où il écrira aux siens : « Nous souffrons trop, faites la paix !... »
Source : Gallica

Eugène-Louis Blanchet En représailles (1918)

On peut parler aux civils sans craindre les coups de crosse, la prison, le poteau !... On peut écrire librement tout ce que l'on a au fond du coeur !... Evanouies aussi les hallucinations de la faim, les tiraillements d'estomac qui nous courbaient en deux, les vertiges... On se réjouit des forces qui reviennent et un soir, oh ! minute d'un bonheur infini ! on se jette dans les bras des êtres aimés. On rit, on pleure surtout. Les bonnes larmes !
Puis la tristesse revient. Et ces mots de mes camarades restés là-bas m'accompagnent, s'élèvent avec force :
— Tu sais ce que nous souffrons.
Source : Gallica

Eugène-Louis Blanchet En représailles (1918)

On comprend désormais que le Dr Muehlon écrive dans son journal :
« Les Allemands répandent la vérité ou le mensonge selon que cela convient ou non à leurs fins » et qu'il dénonce une hypocrisie « qui n'aboutit qu'à sanctifier le mensonge, à adorer la brutalité... Quant à notre presse, jamais elle ne pourra se laver de l'ignominie dont elle s'est souillée dans cette guerre. Celle que nous avons maintenant est une lèpre honteuse. L'Allemagne a besoin non seulement d'un nouveau cerveau et d'un nouveau coeur, elle doit aussi faire peau neuve. »
Source : Gallica

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