Marcel Conversy

Résumé

Marcel Conversy Quinze mois à Buchenwald (1945)

Les nouvelles de la guerre nous déçoivent après les bobards sensationnels qui nous laissent trop espérer. La seule chose dont nous sommes certains, c'est que le Reich souffre terriblement. Il ne se passe guère de nuit que la sirène ne jette son cri affolant pendant que le camp, plongé dans une complète obscurité, entend passer les redoutables vagues d'avions alliés qui sèment sur les villes allemandes la destruction et la mort. Combien de familles sont complètement anéanties ! Combien de femmes et d'enfants innocents sont voués au trépas ou à la mutilation parfois pire !
Source : Gallica

Marcel Conversy Quinze mois à Buchenwald (1945)

Il est plus difficile de s'habituer au froid qui grandit tandis que, bientôt, la neige tombe en tourbillonnant sous les assauts d'un violent vent d'ouest. Durant l'appel, on ouvre toutes grandes les doubles portes à chaque extrémité du block qui devient ainsi une sorte de tunnel, véritable soufflerie pour avion. Le vent gifle les crânes rasés, fouette les poitrines à peine couvertes, griffe les jambes, glace jusqu'aux os nos misérables carcasses.
Recroquevillé sur mon banc, je tire à moi une couverture de box et me défends de mon mieux.
Source : Gallica

Marcel Conversy Quinze mois à Buchenwald (1945)

Je devais apprendre par la suite que tous les petits tziganes ont trouvé la mort à Auschwitz, le fameux camp d'extermination.
A chaque instant, il venait des enfants au camp, même des tout jeunes gosses de quatre ou cinq ans, tristes épaves de tragédies inconnues.
Les Nazis ne respectent pas plus les enfants que les femmes, les vieillards, les infirmes. Ils demeurent insensibles à toute pitié.
Source : Gallica

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