Résumé

P. Verhaegen Revue des Deux Mondes

Pour le service de l’infirmerie, pour tenir compagnie à ce malheureux qui, dans quelques jours au plus, va mourir loin de son pays, loin des siens, deux Allemands, forçats comme ses compagnons de lit. Et voilà le sort qui attend tous les prisonniers politiques trop malades pour pouvoir rester en cellule !
On comprend qu’ils ne s’y rendent qu’avec terreur. Dans l’esprit de la plupart des humbles, le lazaret c’est la mort. Ils savent qu’ils n’y auront pas les soins nécessaires. Sauf dans des cas exceptionnels, ils continueront à y recevoir l’écœurante nourriture de la prison.
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P. Verhaegen Revue des Deux Mondes

Tout cela, c’est la résistance belge, c’est notre protestation constamment maintenue, sans cesse renouvelée contre le crime de l’Allemagne, violatrice de notre droit. Tout cela, c’est notre faiblesse, mais c’est aussi notre grandeur et notre force. Chaque nouvel attentat de notre ennemie, chaque nouvelle proscription vient accroître le patrimoine de haine voué par notre pays à la barbarie teutonne. Chaque nouvel acte de résistance d’un Belge encourage d’autres Belges à faire preuve de la même résistance.
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P. Verhaegen Revue des Deux Mondes

D’une manière générale, le personnel nous traite avec la sévérité la plus brutale et ne fait aucune distinction entre nous et des malfaiteurs. Dès qu’on nous prend en défaut, ce sont aussitôt des cris, des objurgations, des menaces. À Werden, la prison retentissait du bruit des marteaux, des scies, des enclumes. Ici, ce sont des cris, des cris du matin au soir, cris de l’Oberaufseher, — l’ « Ober, » comme nous le désignions entre nous, — contre les surveillants et les contremaîtres, cris des gardiens contre les détenus, pendant le travail, pendant les mouvements, dans les couloirs.
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