Ferdinand Évrard

Résumé

Ferdinand Évrard Souvenirs d'un otage de la Commune… (1871)

Ma vie à Mazas fut peu variée. Ma seule distraction était d'épier par le regard du guichet ce qui se passait dans la galerie; mais ce regard, fort habilement fait de façon à laisser voir du dehors tout ce qui se passe dans la cellule, ne permet au détenu que de voir seulement en face; il ne peut distinguer qu'au vol ceux qui passent dans la galerie, si toutefois ils marchent lentement; aussi le vieux Trompette avait-il soin de nous faire courir quand nous allions au promenoir.
Source : Gallica

Ferdinand Évrard Souvenirs d'un otage de la Commune… (1871)

Je traverse au milieu de ce monde, qui ne prend pas garde à moi, et j'arrive dans une cour.
Une porte à droite s'ouvre; j'entre de suite. La boulangère, nommée Mme David, me demande ce que je désire.
— Madame, lui dis-je, je suis un condamné à mort, je viens de m'échapper de la Roquette; je vous prie de croire que je n'ai assassiné personne; j'étais sergentmajor au 106e bataillon, j'ai tout à craindre des communeux, rien de l'armée de Versailles. Si vous pouvez, sans vous compromettre, me donner asile un moment, vous m'aurez sauvé la vie.
Source : Gallica

Ferdinand Évrard Souvenirs d'un otage de la Commune… (1871)

Les cris partaient du couloir qui était au milieu du préau et qui conduisait dans la préfecture. Je n'ai pu rien voir. A minuit et demi un monsieur sonne, un surveillant sort du couloir fatal, va ouvrir; le monsieur demande son paletot; le surveillant va le chercher au fond du préau. Le monsieur sort, la grille se referme, le surveillant reste seul devant la table toute la nuit. Toutes ces émotions me font un mal affreux ; je préférerais en finir de suite. Je ne puis fermer l'oeil de la nuit.
Source : Gallica

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