“ Ses murs fantastiques que la nature a construit de blocs géants, ferment une immense enceinte à ciel ouvert. De noirs arbustes en ornent en dehors les fentes et les rampes. On dirait des escarpements ordinaires de montagne. Tout différent est l’intérieur où les parois murales servent de penderie aux objets les plus divers : ustensiles de la vie sauvage, habits à frange, riches fourrures, mille souvenirs apportés de la terre des vivants. ”
Murs
Définition et enjeux
Un mur est une structure verticale, solide et délimitante, conçue pour séparer des espaces ou protéger un environnement. Des murs de fortification, tels que la Grande Muraille de Chine, aux parois intérieures ornées de fresques, ce thème a inspiré des auteurs comme Arthur Guindon, qui évoque des barrières naturelles monumentales, ou Victor Hugo, dont les vers célèbrent des constructions imposantes.
Que les murs soient fonctionnels, symboliques ou décoratifs, ils révèlent des enjeux liés à la séparation, à la protection ou à l'expression artistique. Leur étude soulève également des questions sur les matériaux utilisés, tels que le métal, dans la construction ou la décoration.
Citations sur les murs
Charles Cros,
Le Coffret de santal
“ Aux murs nus, écorchés par les clous des peintures, D’où sont déménagés les meubles, les tentures, Où le sol est jonché de paille et de chiffons, Ainsi, dévasté par les destins, noirs bouffons, Mon esprit s’est rempli d’échos, de clartés dures. ”
Victor Hugo,
Les rayons et les ombres
(1840)
“ Poutres où l'araignée a tendu ses longs fils, Blocs ébauchant partout de sinistres profils, Toits de granit, troués comme une frêle toile, Par où l'œil voit briller quelque profonde étoile, Et des chaos de murs, de chambres, de paliers, Où s'écroule au hasard un gouffre d'escaliers ! ”
Théophile Gautier,
Poésies complètes. 1, Premières poésies…
(1884-1885)
“ Les murs, bâtis d'hier, semblent déjà tout vieux, Pas un seul pan d'aplomb, pas une pierre égale, Ils sont tous bourgeonnés, pleins de lèpre et de gale, Pareils à des vieillards de débauche pourris, Ruines sans grandeur et dignes de mépris. ”
A Taponier, Bavière et Tyrol : notes sur l'Allemagne du Sud (1892)
“ Les murs se dressent encore comme d'immenses paravents, et sur les plus hautes pierres aussi bien qu'à l'intérieur, poussent à l'envi des fleurs, des herbes folles, des arbustes, toute une flore énergique et sauvage, la flore des ruines. ”
“ Profitons de notre indiscrétion de romancier pour nous rendre par les longs corridors au parquet feutré, jusqu’aux pièces dans lesquelles doit briller la lumière mystérieuse. Admirons au passage certaines pièces luxueuses que nous traversons, leurs murs lambrissés où brillent d’exquises natures mortes, des sous-bois transparents sous la verdure de leurs nefs, des scènes de chasse. ”
Charles Le Goffic,
Le Crucifié de Keraliès
(1892)
“ Les murs sont nus, sans la plus petite frise de verdure, sans cet aimable quadrillage de chaux vive qui relève ailleurs la sévérité du granit et donne comme un air de candeur aux façades les plus décrépites. ”
Wilhelm Fröhner, Collection J. Gréau. Catalogue des bronzes antiques et des objets d'art du moyen âge et de la Renaissance… (1885)
“ Des centaines de vieilles maisons, avec leurs pignons aigus, leurs toits en tuiles de couleur, leurs étages surplombant les uns les autres, leurs saints en bois peint, leurs têtes de poutre sculptées et sortant curieusement des murs. ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ Le long des murs sont disposées, de distance en distance, de grandes niches qui ressemblent à des fenêtres murées, et que couvrent aussi de très belles peintures. Sur un ciel bleu se détachent des masses de verdure, des fleurs et des arbres, avec des oiseaux qui volent dans l’air ou sont posés sur les branches, pour animer le paysage. ”
Joachim Ambert,
Le pays de l'honneur
(1879)
“ Les parois des murs écoutent, les portes et les fenêtres regardent, et l'on te voit toujours sans que tu le saches. Dans la profondeur des bois comme sur le chemin, les arbres se penchent pour t'épier. ”
Delphine de Girardin,
Lettres parisiennes
“ Voyez ! les murs sont des tableaux, les cheminées sont des sculptures, les pendules sont des joyaux, les plafonds sont si riches, si brillants de dessins et de couleurs, qu’ils ont l’air de réfléchir les tapis. ”
Ernest Bosc, Traité de constructions rurales (1875)
“ Par les gros murs on entend non-seulement les murs de face, mais ceux de refend, les pignons qu'ils soient ou non mitoyens en élévation et en fondation, les jambes en pierre de taille, les cloisons en charpente et en maçonnerie, quand elles portent plancher, enfin les pans de bois. ”
Amédée Pommier, Paris : poème humouristique (1867)
“ Maisons dont les seuls avantages Étaient de manquer d'air, de jour, De compter huit et neuf étages Superposés comme une tour, D'avoir des guichets bas et sombres, Des couloirs pavés de décombres, Des corridors qui dans les ombres S'étranglaient en étroits conduits, Des châssis à vitres sordides, D'obscurs carrés aux plombs fétides, Des murs gluants, des cours humides, Aussi profondes que des puits ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ Allégresse des fleurs dans la lumière et dans l’azur!... des rameaux très blancs, balancés par la brise, qui papillonnent sur le ciel!... des boiseries multicolores, des treillages, des petits pavillons aux couleurs vives, des superbes oiseaux dont la somptuosité s’unit si parfaitement à celle du décor, et qui réussissent,—comme ce palais,—à faire de la beauté avec de trop insolentes splendeurs!Savent-ils, ces paons, qu’ils sont bleus, au paroxysme du bleu, du même bleu que les balustrades extrêmement bleues, et que l’incroyable bleu profond du ciel? ”
Jules Dalsème, Premières notions de géométrie… (1874)
“ Les murs de nos maisons ne sont pas unis ; à diverses hauteurs se trouvent des ornements dont les uns encadrent les portes et les croisées, les autres, comme les corniches, régnent sur toute l'étendue de la façade, d'autres forment les frontons qui couronnent l'édifice. ”
Eugène Viollet-le-Duc,
Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle
“ Les murs parlent, et tel homme qui fera une action honteuse dans le logement loué qu’il quittera dans six mois hésitera, entre les murs qui lui appartiennent et où ses enfants grandiront, à se livrer à ses mauvais penchants. ”
Victor Hugo,
Les rayons et les ombres
(1885)
“ Le jardin était grand, profond, mystérieux, Fermé par de hauts murs aux regards curieux, Semé de fleurs s'ouvrant ainsi que des paupières, Et d'insectes vermeils qui couraient sur les pierres ; Plein de bourdonnements et de confuses voix ; Au milieu, presque un champ ; dans le fond, presque un bois. ”
Daniel Ramée, L'architecture et la construction pratiques… (1915)
“ Les murs formant les étages se supportent eux-mêmes; ces murs ont pour objet de garantir les espaces ou pièces intérieures des intempéries des saisons, soit de la chaleur, soit du froid ou de l'humidité, tandis que les murs de refend sont destinés à recevoir une partie des constructions supérieures et à déverser un certain poids sur les murs de pourtour et de fondation. ”
Eugène Souville, Mes souvenirs maritimes : (1837-1863… (1914)
“ Des murs extérieurs en pisé très épais, une seule petite porte à peine de hauteur d'homme, et point d'autres ouvertures que de rares petits trous pour permettre un regard furtif au dehors sans être vu soi-même, voilà pour l'extérieur.. ”
Sébastien Le Prestre Vauban, La science des ingénieurs dans la conduite des travaux de fortification et d'architecture civile… (1729)
“ Les murs de race Se de refend , tant du logement au dessus des vestibules & corps de garde , que de la chambre des orgues, feront construits de brique , crépis proprement par dehors , enduits 8c blanchis par dedans , & garnis de pierre de taille dans leurs angles. ”
Alphonse Laveran,
Traité d'hygiène militaire, par A. Laveran…
(1896)
“ Les murs sont construits, suivant les ressources que présentent les localités, avec des pierres calcaires, du granit, des pierres meulières, ou bien avec des briques qu'on assemble à l'aide de mortier. ”
Émile Zola,
La Faute de l’abbé Mouret
“ Par les fenêtres, le grand soleil de dix heures, que tamisaient les vitres de papier, entrait, étalant sur les murs recrépis de grandes moires très-gaies, où l’ombre des bonnets de femme mettait des vols de gros papillons. Et les bouquets artificiels, posés sur les gradins de l’autel, avaient eux-mêmes une joie humide de fleurs naturelles, fraîchement cueillies. ”
Gustave Flaubert,
L'Éducation sentimentale
“ Les maisons se succédaient avec leurs façades grises, leurs fenêtres closes; et il songeait dédaigneusement à tous ces êtres humains couchés derrière ces murs, qui existaient sans la voir, et dont pas un même ne se doutait qu'elle vécût! ”
Alphonse Delacroix, La Science des arts, traité d'architectonique… (1869)
“ En premier lieu, de permettre que chaque service se dessille au dehors par les formes de façades, d'ouvertures et d'orne- ments qui le caractériseront, En second lieu, de fournir une grande quantité d'angles extérieurs de murs dont la verticalité corrigera dans l'esprit du spectateur le sentiment pénible d'une ligne seule debout sur un sol incliné, et qui, statue, colonne ou tour, bien qu'é- tablie d'aplomb, semblerait toujours inclinée par rapport à la pente et prête à tomber en arrière. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Tant qu’on va et vient dans le pays natal, on s’imagine que ces rues vous sont indifférentes, que ces fenêtres, ces toits et ces portes ne vous sont de rien, que ces murs vous sont étrangers, que ces arbres sont les premiers arbres venus, que ces maisons où l’on n’entre pas vous sont inutiles, que ces pavés où l’on marche sont des pierres. Plus tard, quand on n’y est plus, on s’aperçoit que ces rues vous sont chères, que ces toits, ces fenêtres et ces portes vous manquent, que ces murailles vous sont nécessaires, que ces arbres sont vos bien-aimés, que ces maisons où l’on n’entrait pas on y entrait tous les jours, et qu’on a laissé de ses entrailles, de son sang et de son cœur dans ces pavés. ”
Antoine-Léandre Sardou,
Études et exercices sur les synonymes français…
(1856)
“ Le mur est un ouvrage de maçonnerie; la 7nitraille est une sorte d'édifice. Le mur est susceptible de différentes dimensions,la muraille est une suite de murs, un mur étendu dans ses différentes dimensions. ”
Honoré de Balzac,
La peau de chagrin
(1831)
“ En montant l’escalier intérieur qui conduisait aux salles situées au premier étage, il vit des boucliers votifs, des panoplies, des tabernacles sculptés, des figures en bois pendues aux murs, posées sur chaque marche. Poursuivi par les formes les plus étranges, par des créations merveilleuses assises sur les confins de la mort et de la vie, il marchait dans les enchantements d’un songe ; ”
Charles Dickens,
Un chant de Noël
(1843)
“ il n’y avait pas le moindre doute à cet égard ; mais son salon avait subi une transformation surprenante. Les murs et le plafond étaient si richement décorés de guirlandes de feuillage verdoyant, qu’on eût dit un bosquet véritable dont toutes les branches reluisaient de baies cramoisies. Les feuilles lustrées du houx, du gui et du lierre reflétaient la lumière, comme si on y avait suspendu une infinité de petits miroirs ; ”
Victor Hugo,
Le Dernier Jour d'un Condamné
(1829)
“ Avant de m’ensevelir dans cette tombe à deux roues, j’ai jeté un regard dans la cour, un de ces regards désespérés devant lesquels il semble que les murs devraient crouler. ”
“ Mais, le soir où le ciel croulerait, je serais ici, au milieu de ces vieux murs qui s'émiettent, sous ces vieux plafonds dont les vers mangent les poutres, et c'est debout, dans les décombres, que je finirais, en récitant mon Credo une dernière fois. ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ Les hurlements se mêlent aux sons exaspérés des flûtes et des tambours, aux hennissements des chevaux montés par les chefs, aux clameurs de la foule, aux cris aigus des Marocaines...Cette contagieuse folie gagne les spectateurs, qui s’écrasent sur tous les remparts et toutes les terrasses; des femmes, prises de mouvements convulsifs, tentent d’échapper aux compagnes qui les retiennent, pour se jeter du haut des murs... ”
François-René de Chateaubriand,
Mémoires d’outre-tombe
(1850)
“ La nuit, autour des hauts murs des cimetières et des couvents, sous les remparts déserts de la ville, le long des chaînes et des fossés des marchés, à l’orée des quartiers clos, dans les rues étroites et sans réverbères, où des voleurs et des assassins se tenaient embusqués, où des rencontres avaient lieu tantôt à la lumière des flambeaux, tantôt dans l’épaisseur des ténèbres, c’était au péril de sa tête qu’on cherchait le rendez-vous donné par quelque Héloïse. Pour se livrer au désordre, il fallait aimer véritablement ; pour violer les mœurs générales, il fallait faire de grands sacrifices. ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ Ainsi j’appris comment est fixée la destinée de Lella Oum Keltoum...Les grands murs sans fenêtres, aux portes toujours closes, ne suffisent pas à garder leurs secrets. Et ces bourgeois si prudes, qui ne prononcent point le nom d’une femme, songeaient tous à la jouvencelle dont la fraîcheur et les richesses réjouiront les dernières années de Mouley Hassan, tandis qu’El Fathi, de sa voix suraiguë, détaillait les charmes d’une belle. ”
Pierre Loti,
La Troisième Jeunesse de Madame Prune
“ Sur les versants au midi, les oranges mûrissent ; les énormes cycas de cent ans, qui, au seuil des vieilles pagodes, semblent des bouquets d’arbres antédiluviens, baignent dans la lumière leurs plumes vertes ; contre les murs des jardins, les camélias fleurissent, avec les dernières roses, et on peut s’asseoir dehors comme au printemps, devant les petites maisons-de-thé qui sont perchées au-dessus de la ville, à différentes hauteurs, parmi les temples et les milliers de tombeaux. ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ Des milliers de petites vies se déroulent derrière les murs, paisibles, insouciantes et monotones, affairées à de petites choses, assombries de petits soucis, éclairées de petites joies, sans percevoir le râle formidable des peuples... ”
Pierre Loti,
La Troisième Jeunesse de Madame Prune
“ Et nous pénétrons dans le vieux sanctuaire obscur, empli de symboles agités, de formes contournées, de gestes menaçants qui s’ébauchent dans l’ombre. Un peu de paix seulement vers le fond, où des lotus d’or, dans de grands vases, s’étalent et se penchent avec une grâce de fleurs naturelles, devant une sorte de tabernacle voilé d’ancien brocart. Mais sur les côtés, des dieux de taille humaine, rangés contre les murs, gesticulent avec fureur. ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ Il y a trop d’azur dehors et trop d’allégresse pour rester enfermée, même en un palais. Les arbres du riadh étouffent entre les murs, mes amies musulmanes souffrent d’un malaise qu’elles ne raisonnent point... Elles voient un ciel plus bleu dans l’encadrement des tuiles, au-dessus de leurs patios, elles respirent un air plus vibrant. Le vent leur apporte l’âme forte, amère et{133} saine des fleurs sauvages, et les lourds parfums des orangers et des rosiers. Les petits rapaces roux se disputent et piaillent sur leurs terrasses; les tendres ramiers s’attardent en caresses. ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ La somptuosité du patio, pavé de marbres noirs et blancs, proteste contre l’incurie des habitantes. Une lèpre jaunâtre ronge les ciselures des stucs; les colonnes s’effritent; les mosaïques, arrachées aux murs, y ont laissé de petits trous poussiéreux; les précieuses peintures et les ors des boiseries meurent sous les infiltrations de l’hiver. Dans les salles négligées traînent de vulgaires ustensiles; les esclaves roulent le couscous et allument des canoun sur les tapis... Les sofas n’ont pas même la décence de leur misère ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ Lella Fatima Zohra reprit donc sa liberté, si l’on peut appeler liberté l’obligation de vivre entre les murs, dans la stricte observance des coutumes musulmanes.Malgré le détachement du maître, elle jouit d’un réel prestige dans la maison, car elle est de noble race, riche et considérée, outre l’entendement qu’Allah lui dispensa. Les esclaves semblent la vénérer; les concubines, dont le nombre augmente chaque jour, lui témoignent une humble déférence et sollicitent même ses conseils dans les circonstances graves. ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ Les marchands somnolent en leurs échoppes, au milieu des babouches, des lanternes ou des soies éclatantes, sans aucun souci d’attirer le client. Les menuisiers rabotent les planches de cèdre, qu’ils creusent patiemment de décors géométriques et compliqués. Une bonne odeur résineuse flotte sur leur quartier. La cadence des marteaux domine en celui des forgerons. Nul ne se presse, car le temps appartient à Dieu...Des herbes garnissent les murs branlants et la crête des terrasses; une vie douce, ralentie, semble palpiter à peine en la vieille cité. ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ Aujourd’hui les remparts n’arborent plus de sinistres trophées, et la vie s’écoule en besognes familières dans la cité d’Israël, petite ville bleue, d’un caractère spécial et inaltéré, enclose à côté de la grande Meknès musulmane.Mouchi Soutrit prétend y avoir découvert un ancien tapis de Rabat. Il nous entraîne à travers les ruelles aux murs badigeonnés d’outremer. Quelques Juifs nous suivent, dégingandés et blêmes dans leurs vêtements noirs. Ils ont de longs nez tristes, des barbes frisottantes et d’admirables yeux aux regards sournois. ”
A. R. de Lens,
Derrière les vieux murs en ruines…
(1922)
“ Si Mouley Abdallah voulait me conduire dans son arsa, au bord de l’oued!Ainsi, toutes les prisonnières se sentent tourmentées par l’attrait des choses impossibles.Celles qui vivent en un froid patio, miroitant de mosaïques, envient le bonheur des autres, maîtresses d’un riadh où l’on peut cueillir des oranges et surveiller l’éclosion des feuilles.Mais ces privilégiées ne jouissent point non plus d’un cœur apaisé. Elles rêvent aux vergers dont on ne voit pas les murs, aux tapis étalés dans l’herbe. Là se borne leur ambition; le bled immense les effraye ”
