Résumé

Portrait de Émile Zola Émile Zola La Faute de l’abbé Mouret

Toi, tu guettais l’ombre, impatient d’être seul, sans le soleil qui nous gênait. Et ce n’était pas de la nuit qui venait, c’était une douceur discrète, une tendresse voilée, un coin de mystère, pareil à un de ces sentiers très-sombres, sous les feuilles, dans lesquels on s’engage pour se cacher un moment, avec la certitude de retrouver, à l’autre bout, la joie du plein jour. Ce soir-là, le crépuscule apportait, dans sa pâleur sereine, la promesse d’une splendide matinée... Alors, moi, je feignis de m’endormir, voyant que le jour ne s’en allait pas assez vite à ton gré.
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Portrait de Émile Zola Émile Zola La Faute de l’abbé Mouret

L’orgue ronflait, épanouissait les notes de flûte d’un chant d’allégresse. À l’autel, l’évêque, assisté de deux chanoines, officiait, crosse en main. Le chapitre était là, les prêtres de toutes les paroisses se pressaient, au milieu d’un luxe inouï de costumes, d’un flamboiement d’or allumé par le large rayon de soleil qui tombait d’une fenêtre de la nef. Après l’épître, l’ordination commençait.
À cette heure, l’abbé Mouret se rappelait encore le froid des ciseaux, lorsqu’on l’avait marqué de la tonsure, au commencement de sa première année de théologie. Il avait eu un léger frisson.
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Portrait de Émile Zola Émile Zola La Faute de l’abbé Mouret

Il marcha vers Albine, les mains levées.
-- Tu avais raison, c'est la mort qui est ici, c'est la mort que je veux, la mort qui délivre, qui sauve de toutes les pourritures... Entends-tu! je nie la vie, je la refuse, je crache sur elle. Tes fleurs puent, ton soleil aveugle, ton herbe donne la lèpre à qui s'y couche, ton jardin est un charnier où se décomposent les cadavres des choses. La terre sue l'abomination. Tu mens, quand tu parles d'amour, de lumière, de vie bienheureuse, au fond de ton palais de verdure. Il n'y a chez toi que des ténèbres.
Source : Gutenberg

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