Georges Bernanos,
Sous le soleil de Satan
“ Il ne voit derrière lui qu’un paysage aride, et ces foules, qu’il a traversées, en les bénissant. Mais quoi ! Le troupeau trotte encore sur ses talons, le poursuit, le presse, ne lui laisse aucun repos, insatiable, avec cette grande rumeur anxieuse, et ce piétinement de bêtes blessées... Non ! il ne tournera pas la tête, il ne veut pas. Ils l’ont poussé jusque-là, jusqu’au bord, et au delà... ô miracle ! il y a le silence, le vrai silence, l’incomparable silence, son repos. — Mourir, dit-il à voix basse, mourir... Il épèle le mot, pour s’en pénétrer, pour le digérer dans son cœur... ”
